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Skipper

TABARLY Erwan

Jeune premier en solitaire

vendredi 21 décembre 2001Christophe Guigueno

image 300 x 158Photo : Ch.Guigueno
Le 26 septembre prochain, le neveu d’Éric Tabarly va participer à sa première transatlantique en solitaire, la Mini Transat. Dans le sillage des grands.

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Depuis le début de la saison des voiliers de 6,50 mètres, Erwan Tabarly s’est imposé systématiquement sur les podiums. Deuxième de la Transgascogne, troisième des 330 milles en solitaire de Concarneau, troisième de la Mini-Fastnet, le jeune marin de La Trinité sur Mer fait partie de la graine des champions que la Mini Transat fait éclore tous les deux ans depuis 1977. A 25 ans, il va participer à sa première transatlantique. Le 26 septembre prochain, il va larguer les amarres de Concarneau en compagnie de 69 autres solitaires. Destination la Guadeloupe, via Lanzarote, l’île la plus à l’Est de l’archipel des Canaries.

En 1985, Yves Parlier était âgé de 25 ans lors de sa victoire. En 1993, Thierry Dubois en avait 26. Deux ans plus tard, Yvan Bourgnon, le cadet de Laurent, avait 24 ans. L’âge de raison pour s’imposer. Pourtant, Erwan ne s’est pas précipité. Il a su attendre le bon moment pour se lancer dans l’aventure de la course au large en solitaire. "La voile n’est pas un sport où les jeunes sont supérieurs aux autres. L’expérience compte énormément." Cette année, l’Anglais Peter Heppel, 45 ans, Lionel Lemonchois, 38 ans et déjà trois Minis, et Sébastien Magnen, 33 ans et tenant du titre, figurent comme les favoris logiques. Erwan, quant à lui, se place en outsider sérieux. "Je serai au moins dans les dix... j’espère terminer dans les trois premiers."

Avec Armor Lux et Thomson CSF, ses partenaires financiers, Erwan Tabarly a loué un voilier fiable et polyvalent. Son mini a déjà huit ans, mais sa carène dessinée par le Groupe Finot, auteur des monocoques de 18 mètres de Christophe Auguin et Marc Thiercelin, reste une référence. Construite par Thierry Fagnent, elle a déjà remporté la Mini en 1995 avec Yvan Bourgnon. Mais le voilier n’était pas libre, alors Erwan a "insisté pour le louer". "Je voulais impérativement ce bateau car je voulais être compétitif dès les premières courses. Je ne me suis pas trompé car cela marche bien !" Long de 6,50 mètres, le mini d’Erwan est au maximum de la jauge, comme tous ses concurrents. La Mini Transat ne tient pas son nom d’un parcours réduit, mais plutôt de la limitation extraordinaire de la longueur des voiliers. Avec leur étrave droite et leurs deux safrans, ces coques de noix servent de bancs d’essais pour les voiliers du Vendée Globe.

"Armor Lux -Thomson CSF" ne possède pas de quille pendulaire. Avec sa quille fixe et ses ballasts latéraux, le mini d’Erwan est "un bateau fiable et polyvalent. Il n’est jamais le meilleur à toutes les allures." Mais sur un parcours long comme celui de la Mini (4000 milles soit 7500 km), c’est une machine redoutable. Surtout que pour la préparation technique, "c’est papa qui a tout géré". La grande expérience de Patrick Tabarly est entièrement dévolue à son fils. Pendant qu’Erwan suit des stages de météorologie au centre d’entraînement à Port-La-Forêt, Patrick travaille sur le bateau "pour le remettre à la jauge" : "Le voilier n’avait pas navigué depuis trois ans, il a donc fallu rattraper l’évolution technique. Nous avons fait réaliser de nouvelles voiles, changé l’électricité, revu les haubans et surtout optimisé les pompes des ballasts. Ainsi, lors d’un virement de bord, Erwan pourra transférer l’eau en trois minutes au lieu de douze."

Lors de la Mini-Fastnet, au mois de juin, le père et le fils se sont retrouvés ensemble à la barre du mini. "Tout s’est très bien passé" se souvient Erwan. "Nous sommes très complémentaires, mais je prenais les décisions pour mener le voilier et pour choisir la route vers le phare du Fastnet. Il ne voulait pas intervenir, mais je savais qu’il approuvait mes choix." Le tandem père-fils fonctionne parfaitement et les Tabarly terminent troisièmes à l’île de Groix, terme de la course. Reste à confirmer en solitaire. Lors de 330 milles de Concarneau, Erwan passe sa première nuit en mer en solitaire. Pendant trois jours, il apprend à manoeuvrer son voilier tout seul et à gérer son sommeil. "Je n’ai pratiquement pas dormi la première nuit. La deuxième j’ai réussi à me reposer une heure et demi mais pas lors de la dernière. La course était passionnante car nous étions tous au contact."

La régate au contact, Erwan connaît. Avec son père et ses deux frères, il régate en J24 dès l’âge de 17 ans. A cette époque il ne se passe pas un week-end sans qu’il ne navigue sur le plan d’eau de la baie de Quiberon. A sept ans, il possède son premier voilier, un optimist. Il en a douze quand son frère aîné achète un 470, un dériveur en double. Quand il ne navigue pas avec eux, il sort son funboard. La voile, pour lui, c’est plutôt le plaisir de naviguer et la glisse. Pas encore la compétition. Les courses au larges, il les vit à la télévision, dans les livres, et lors des discutions avec son père et son oncle. Erwan a deux ans quand Éric remporte sa deuxième transatlantique en solitaire et entre dans la légende. Il appartient donc plus à la génération de ceux qui veulent prendre le sillage de Laurent Bourgnon ou Isabelle Autissier. A son tour maintenant d’inscrire son nom au palmarès de la course tremplin des navigateurs en solitaire français.

Erwan Tabarly
Né le 31 mai 1974 à Anger
1999 :</td style='max-width: 672px; max-height: 10000px'>
<td headers='id5c80_c1'>second de la Transgascogne, troisième de la Mini-Fastnet
1991 :</td style='max-width: 672px; max-height: 10000px'>
<td headers='id5c80_c1'>son père achète un J24 et il découvre la course en équipage
1981 :</td style='max-width: 672px; max-height: 10000px'>
<td headers='id5c80_c1'>à sept ans il possède son premier dériveur, un optimist

Cet article a été publié en 1999. Depuis, la carrière d’Erwan s’est bien lancée :

Cette année 1999, Erwan Tabarly termine quatrième de la Mini-Transat. Lors de la première étape, il est contraint à s’arrêter en Espagne au moment le plus fort de la tempête qui sévissait alors sur le golfe de Gascogne. Il y perd toute chance de figurer sur le podium. Mais il s’impose dans la deuxième étape.

Depuis son expérience en mini, Erwan est entré au centre d’entraînement de Port-La-Forêt en Finistère. Il navigue en Figaro Bénéteau. Il a participé à deux Solitaires (19e en 2000 et 13e en 2001). Avec Sébastien Josse, il a remporté le Tour de Corse en 2001 et la même année, ils ont terminé quatrièmes de la Saint Nazaire - Dakar.


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