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Sailing World Cup • Hyères

Franck Cammas : "Nous sommes là pour apprendre à naviguer ensemble, à découvrir le Nacra 17"

lundi 22 avril 2013Information FF Voile

Après quatre années d’absence, le multicoque fait son grand retour sur les plans d’eaux olympiques. Le Nacra 17, petite fusée de 5,25 mètres montée sur deux dérives affutées comme des rasoirs, est l’objet de toutes les attentions sur le plan d’eau hyérois. La France entretient un lien particulier avec le multi qui lui a offert deux titres olympiques en 1988 et 1992, alors quand Franck Cammas, l’un des plus beau palmarès de la voile mondiale, annonce qu’il va tenter sa chance pour Rio 2016 tout le monde retient son souffle.

Pourtant, même s’il est associé à l’une des meilleures spécialistes du dériveur en la personne de Sophie de Turckheim, Cammas est loin de rouler les mécaniques. Il faut dire que le duo n’est pas celui qui a le plus navigué et que Sophie, blessée au dos depuis une dizaine de jours serre les dents à la moindre manœuvre. Même s’il réalise une belle performance aujourd’hui (8 et 4), Franck Cammas est un peu l’arbre qui cache la forêt du catamaran tricolore et son statut de star ne l’empêche pas de jouer collectif avec les trois autres binômes du groupe d’entraînement.

« C’est un modèle et ce n’est pas froisser les autres que de dire ça » souligne Franck Citeau, le coach qui salue le sens de partage du champion français. Car Cammas, comme les autres, bénéficie de la force d’un collectif qui n’a pas perdu une minute pour apprivoiser le catamaran olympique. Après une première période de sélection, à l’été 2012, huit dossiers ont été retenus pour embarquer dès septembre à bord de quatre catas commandés par la fédération. De septembre à mars, les binômes ont navigué le plus possible et chacun a apporté son expérience. Quand un Cammas livrait son analyse technique, un Billy Besson, vice-champion du monde de cata en 2012, faisait part de ses sensations. « Ces huit mois de préparation étaient essentiels. C’était assez scolaire au début, il s’agissait de faire ses gammes, peser le moindre bout, la moindre poulie, tout ça en collaboration avec l’ENVSN » explique Citeau, lui-même ancien coureur olympique et qui n’est pas mécontent des premiers résultats obtenus à Palma. L’association de jeunes recrues qui découvrent le support, à l’image de Manon Audinet, Audrey Ogereau ou d’une ancienne du match racing, Marie Riou, à des spécialistes du cata comme Billy Besson, Mathieu Vandame ou Moana Vairaux porte ses fruits.

Sur la première étape de la Coupe du Monde, deux bateaux français figuraient parmi les quatre premiers, et à Hyères, le duo Backes / Petitjean fait son arrivée dans le grand bain international. Avant le championnat du monde 2013, objectif capital de la saison, les équipages français ne relâcheront pas leurs efforts. Il est même prévu qu’ils participent à des raids pour passer le maximum de temps sur l’eau. A Hyères, on attend pour cette semaine aussi bien du petit temps que de la baston, une variété de conditions précieuse pour s’étalonner par rapport aux meilleurs étrangers.

Franck Cammas : « Nous sommes là pour apprendre à naviguer ensemble, à découvrir le Nacra 17. On va aussi découvrir nos concurrents. J’en connais certains comme Iker Martinez qui a récemment participé au Trophée Princess Sophia en Espagne. Quand je vois son résultat (18e) alors qu’il connaît super bien l’olympisme pour avoir déjà été médaillé d’or en 49er, ça donne une idée du niveau général » ( source : Team Groupama)

Franck Citeau, entraîneur des catamarans : « Je suis très très content de ce groupe. Nous faisons partie des grosses nations avec les Anglais, Néerlandais, Autrichiens et Espagnols. Ce sont globalement les mêmes nations qu’à l’époque du Tornado même si la hiérarchie bouge encore beaucoup et qu’elle ne commencera à se stabiliser qu’après le mondial. Ici, on passe pas mal de temps à observer les autres bateaux. La première année, on observe des comportements et des vitesses très différentes. Pour nous, c’est un round d’observation, on n’a aucune pression de résultats. En septembre, on a fait passer une quarantaine de jeunes à Quiberon pour sélectionner ce groupe. On a réussi à mettre ces binômes en place et ça ne bougera plus. Ces huit mois de préparation étaient essentiels. C’était assez scolaire, il s’agissait de faire ses gammes, peser le moindre bout, la moindre poulie, tout ça en collaboration avec l’ENVSN. Sans cela, on n’en serait pas là aujourd’hui. Au sein de ce groupe, Franck Cammas représente un modèle et ce n’est pas froisser les autres que de dire ça. Il est professionnellement fantastique et il me facilite la tâche. Il y a un véritable échange. »



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