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Krys Ocean Race

711,9 milles en 24 heures pour le meilleur MOD 70

Tuesday 10 July 2012Redaction SSS [Source RP]

711,9 milles en 24 heures, soit plus de vingt-neuf nœuds de moyenne ! Les trois leaders de la KRYS OCEAN RACE ne ralentissent pas depuis qu’ils ont laissé Long Island à l’horizon… Toujours leader avec une petite marge supplémentaire acquise la nuit dernière, Spindrift racing ouvre la voie sur une trajectoire parabolique parfaite. Dès jeudi soir, les Scilly seront à vue et l’arrivée à Brest est prévue vendredi en milieu de journée.

Au départ de New-York, les cinq équipages se doutaient que l’océan allait être avalé à toute vitesse, mais de là à exploser les compteurs comme le font les trois leaders qui, depuis le coup de canon du départ, ont aligné 711,9 milles en une journée et encore 700,6 nœuds ces dernières 24 heures ! Soit 29,65 nœuds et 29,20 nœuds de moyenne… Des vitesses hallucinantes dues à la pression qui règne sur le plan d’eau entre les trois premiers qui ne veulent pas se faire décrocher. Car plus les trimarans restent proches du front qui se décale vers l’Irlande, plus ils bénéficieront de ce flux de Sud-Sud Ouest de plus de 25 nœuds longtemps…

Après une douce descente vers l’Est-Sud Est, les navigateurs ont incurvé leur trajectoire pour glisser dans une brise qui a progressivement pris du Sud : cette courbe presque parfaite va s’inverser dans les prochaines 24 heures quand la flotte aura dépassé la longitude des Açores et raccrocher l’orthodromie (route directe) autour du 50° Nord. Il faudra alors bien se positionner pour éviter un double empannage ou, à tout le moins, réduire son impact sur la distance à parcourir. C’est pourquoi tout le monde cherche à glisser le plus possible dans l’axe des vagues pour profiter au mieux de la bascule de vent au secteur Ouest-Sud Ouest attendue mercredi.

Ainsi, Yann Guichard (Spindrift racing) a réussi à encore grappiller des milles la nuit dernière, essentiellement grâce à un cap plus abattu : Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild) est ainsi plus à l’Est d’une vingtaine de milles et Michel Desjoyeaux (FONCIA) d’une quinzaine de milles de plus. C’est ce décalage qui va peser sur la hiérarchie finale car les conditions météorologiques vont rester assez similaires ces prochaines heures. Sous grand-voile haute ou avec un ris et gennaker ou foc solent en fonction des creux et des grains, le barreur doit maintenir une concentration extrême : presque tous les skippers signalaient au moins un « planté », un méchant enfournement des étraves qui peut mal se finir malgré la sustentation des foils…

La vie à bord est donc particulièrement rude car presque tout est trempé à l’intérieur. Et les secousses à chaque passage de vague imposent au prétendant au sommeil de caler ses pieds sur une cloison pour amortir le choc lors que le MOD70 passe de plus de 35 nœuds à moins de 15 nœuds en quelques secondes… Plusieurs équipiers ont été projetés violemment à travers le bateau et il est impératif de s’attacher très court sur le pont submergé par les vagues et les embruns. Le port du casque est obligatoire pour le barreur qui ne peut se repérer dans ce déluge d’eau, que grâce à ses répétiteurs électroniques. Et si de jour, les hommes peuvent encore anticiper lorsqu’ils voient une vague plus vicieuse, c’est de nuit une autre dimension surtout que la lune dans son dernier quart, perce difficilement une masse nuageuse qui ajoute encore des torrents d’eau au déferlement des vagues.

La fatigue se fait donc sentir car les rares moments consacrés aux repas et au repos sont enrobés d’un fracas incessant entre le bruit des trombes de mer, la stridence de la dérive dans son puits, le souffle musclé sifflant dans les haubans et les chocs des étraves dans un soudain mur d’eau qui font trembler toute la structure en carbone. Les skippers sont aussi aux aguets car les trimarans sont restés sur la même amure (tribord) depuis deux jours et cela risque de continuer encore deux autres jours. Les efforts encaissés se multiplient donc sur les mêmes éléments des MOD70. Bref, il faut s’attendre à accueillir à Brest dès vendredi des équipages totalement rincés et épuisés par la tension permanente et le manque de sommeil cumulé sur cinq jours de mer… A noter que Sidney Gavignet et ses hommes (Musandam-Oman Sail) arrivent à contenir leur écart dû à leur rupture de foil avec 185 milles de retard sur le leader, tandis que Stève Ravussin et son équipage (Race For Water) sont nettement plus handicapé par leur dérive endommagée et avec 350 milles de décalage, ne sont déjà plus dans la même situation météorologique que les trois leaders.


View online : Info presse www.krys-oceanrace.com/fr/



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