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Transat BPE

Gildas Morvan : "L’autre objectif, c’est la Solitaire"

"mon vécu avec Pajot sur la Coupe et aux JO m’a beaucoup aidé"

mardi 28 avril 2009Redaction SSS [Source RP]

Trois jours après avoir remporté la Transat BPE – record de l’épreuve à la clé et final à haut suspense avec Erwan Tabarly – le skipper de Cercle Vert revient sur les différents facteurs qui, selon lui, ont contribué à sa première grande victoire transatlantique en solitaire. Instructif.

Gildas, à froid quel bilan tires-tu de ta course et de ta victoire ?
- "On dit souvent qu’une course se gagne avant le départ, dans la préparation… et bien c’est vrai ! Je pense qu’on a vraiment bien travaillé cet hiver. J’avais fait le choix de laisser carte blanche sur le bateau à mon assistant, Mathieu Couture. Il gérait le technique comme il voulait et ne m’appelait qu’en cas de doute. Pour résumer, lui s’occupait exclusivement de préparer le bateau et moi exclusivement de préparer le bonhomme. Grâce à ça, j’ai pu travailler dans d’excellentes conditions au Pôle France de Port-la-Forêt. Le bateau, lui, était nickel sans que je m’en occupe, je pense que ça a joué."

Une préparation tous azimuts côté skipper ?
- "Oui. J’ai bossé le physique, avec de la piscine trois fois par semaine, le mental avec le coach Gilles Monnier, la météo avec Jean-Yves Bernot et Jean-Luc Nélias. J’ai aussi beaucoup travaillé sur les logiciels, dont le nouveau ‘Tactique’ et ‘Maxsea’ pour me familiariser encore plus avec ces deux outils que j’avais à bord. J’étais à 100% dedans. Au final, j’étais parfaitement serein au départ… et pendant la course. Il faut ajouter à cela l’avantage d’avoir un partenaire aussi fidèle que Cercle Vert, qui me donne les moyens de bien faire les choses, c’est très important."

C’est un tout donc ?
- "Absolument. La conjugaison de ces trois paramètres – le technique, la préparation du bonhomme et le soutien de mon partenaire – m’ont permis d’entrer dans une spirale vertueuse. Et le travail accompli tout l’hiver au Pôle France de Port-la-Forêt me convient très bien aussi : il y a beaucoup de compétences réunies là-bas et elles me servent énormément."

Finish à suspense mis à part, à quel moment la course s’est-elle jouée ?
- "Dans la courbure de l’anticyclone des Açores. Il y avait une belle ‘aile de mouette’ à faire et j’ai réussi à l’exploiter au mieux, c’est à dire à être en phase avec les phénomènes météo sans toutefois m’enfermer trop au nord ou trop au sud. A tout moment ou presque je pouvais revenir. Je crois que j’ai trouvé le meilleur compromis entre le bon angle au vent qu’avait Nicolas Troussel au nord et la pression de vent supplémentaire qu’avait Erwan Tabarly au sud. Ce n’était pas évident, j’ai eu le soupçon de réussite qu’il faut, mais j’ai réussi à toujours rester « placé-gagnant », sans m’emporter, sans aller dans les extrêmes. Je pouvais jouer à la fois l’attaque et la défense, à la différence de mes principaux adversaires qui ne pouvaient plus revenir de leurs options respectives, beaucoup plus marquées. J’ai fait une belle trajectoire, je crois."

Sur le final au contact contre Erwan Tabarly, on imagine que ton expérience du match-race a servi ?
- "Oui. Mine de rien, mon vécu avec Marc Pajot sur la Coupe de l’America et aux Jeux Olympiques en Soling m’a beaucoup aidé. Je savais que si ça se terminait bord à bord, j’avais ce plus par rapport aux autres… et effectivement, cela m’a bien servi dans le duel final avec Erwan. Je savais ce qu’il fallait faire pour contrôler au maximum, je n’étais pas perdu… ça m’a beaucoup aidé, c’est clair."

Tu dégages une impression de grande sérénité…
- "A un moment tu es dans la bonne spirale, tu as l’impression que tout s’enchaîne bien, que rien n’accroche. Je ne me prends pas la tête. J’ai été particulièrement serein à bord pendant la course – encore une fois grâce à ma préparation hivernale. Juste avant le départ, à une manche d’entraînement au Pôle France, j’avais déjà terminé 1er juste devant Erwan et au Prologue c’était un peu la même chose, avec Thierry Chabagny intercalé : cela donne confiance aussi."

Avec cette victoire tu te retrouves en tête du Championnat de France…
- "Oui mais le Championnat n’est pas vraiment l’objectif de la saison. L’autre grand objectif après la Transat, c’est la Solitaire du Figaro. J’ai déjà reçu quelques messages de ‘clients’ (d’autres skippers, ndr) qui disent m’attendre au tournant… mais la pression ne me dérange pas, je suis prêt pour la guerre (rires) ! Sur cette Transat aussi j’étais attendu à cause de mon titre de champion de France, mais ce n’est pas un problème. C’est du bon stress, je sais que je peux le transformer en pression positive, en faire de belles choses."

- Info presse Mer&Media / Cercle Vert


Voir en ligne : Photo A. Courcoux / Stichelbaut.com



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