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Transat BPE

Marie-Galante sourit à Gildas Morvan

Erwan Tabarly battu de 4 minutes et 40 secondes

samedi 25 avril 2009Redaction SSS [Source RP]

Gildas Morvan a remporté la Transat BPE tôt ce matin à Marie-Galante, au terme d’un duel final époustouflant avec son ami Erwan Tabarly, devancé de … 4 minutes et 40 secondes. Tout s’est donc joué dans les derniers milles de cette aventure commencée 19 jours plus tôt à Belle-Ile-en-mer où, déjà, le skipper de Cercle Vert s’était élancé en tête.

Il était 5h24 à Paris - six heures de moins à Marie-Galante - quand Gildas Morvan a pu enfin serrer le poing sur la ligne d’arrivée. A 40 ans, le Champion de France de Course au Large remporte ainsi sa première grande victoire transatlantique en solitaire, au terme d’une trajectoire irréprochable tout au long des 3 436 milles du parcours, bouclé en 19 jours 14 heures 24 minutes et 12 secondes, soit une moyenne de 7,29 noeuds. Surtout, « le géant vert » du pays des Abers remporte – pour moins de 5 minutes- un duel final d’anthologie au suspense insoutenable contre son complice Erwan Tabarly.

Au dernier pointage connu avant l’arrivée, celui de vendredi soir, c’était même Erwan Tabarly qui menait la danse pour un demi-mille d’avance sur Gildas, personne ne pouvant alors deviner qui sortirait vainqueur de cette bagarre rapprochée. Au final, grâce à la meilleure négociation d’un grain et un angle au vent un peu plus favorable, Cercle Vert s’impose devant Athema pour… 4 minutes et 40 secondes. Quelques heures après cette grande joie, Gildas nous livre ses premières réactions.

Gildas, ce final à grand suspense était incroyable, non ?
- Oh la la… Tout s’est joué dans les derniers milles. Dans la nuit, je voyais le feu du bateau d’Erwan, tout près de moi, à moins d’un mille. Là c’est devenu du match race pur et dur, sauf que c’était la victoire finale d’une transat qui se jouait, pas une simple manche de l’après-midi ! J’ai d’abord réussi à prendre un grain un peu mieux qu’Erwan. Je me suis placé entre lui et la marque, la ligne d’arrivée, et là c’était contrôle, contrôle et encore contrôle ! Dès qu’il empannait, j’empannais à mon tour et ainsi de suite… ça n’arrêtait pas. Il ne fallait rien lâcher, ne se rater sur aucune prise de bascule du vent. Exactement comme en match-race… C’était chaud !

As-tu eu peur quand Erwan est passé devant toi au pointage vendredi matin ?
- Oui j’ai eu peur, oui… Je me suis retrouvé complètement collé derrière un grain, dans 2 nœuds de vent. Je n’avançais plus. Arrêté pendant une demi-heure. Là, forcément tu gamberges, tu te dis que tout peut s’écrouler. Franchement, c’était un peu la panique à bord. Tu te demandes comment tu vas t’en sortir. Je me suis dit qu’il fallait tout donner, être combatif, que c’était trop bête de mourir à la porte comme ça… et puis j’ai réussi à m’en sortir.

Tu as déjà couru avec Erwan Tabarly, on sait que vous êtes bons amis et cette fois vous étiez adversaires, c’est particulier de gagner devant lui ?
- Il ne faut pas exclure François Gabart de cette bagarre-là (arrivé 3e, ndr),. Erwan et François ont fait une super course. Je trouve qu’on a formé un trio de tête régulier, bien en phase sur toute la transat et qu’on a plutôt bien navigué tous les trois. Mais après sur l’eau, c’est évidemment une compétition sportive et donc chacun pour soi.

On a beaucoup dit que le rythme de cette Transat était si intense qu’il ressemblait à celui d’une étape de la Solitaire du Figaro…
- C’est vrai ! On s’est beaucoup donné, il y a eu du vent tout le temps (record de l’épreuve battu, ndr)et de la stratégie et de la tactique à faire en permanence. Je n’ai pas eu le temps d’ouvrir un seul des bouquins que j’avais acheté, c’était 100% pour le bateau pendant 19 jours ! Et les dernières 48 heures ont été terribles puisqu’il n’était pas question de dormir dans ces conditions. Forcément on tire sur le bonhomme et j’avoue : je suis lessivé, rincé.

Comment qualifierais-tu ta course ?
- Je pense que j’ai bien joué tous les phénomènes météo, mais toujours avec mesure, sans jamais prendre une option trop extrême qui aurait pu me mettre hors-jeu, que ce soit dans le premier front, puis en suivant la courbure de l’anticyclone et enfin dans les alizés. J’ai fait je crois une belle trajectoire, qui me permettait d’aller vite tout en restant en permanence dans le match pour la gagne. Au final c’est ce qui a payé. J’étais en tête au départ de Belle-Ile, je gagne à Marie-Galante, c’est pas mal !

On imagine que cette victoire fait forcément plaisir, d’autant que tu étais classé parmi les grands favoris du départ…
- Il ne me manquait que cette première place sur cette course (1), alors oui, évidemment elle fait du bien ! J’ai dit en début de saison que j’avais deux objectifs cette année : la Transat et la Solitaire. Le premier contrat est bien rempli, maintenant on va penser au second…

(1) Sur la Transat BPE (ex Trophée BPE), le palmarès de Gildas Morvan – toujours à bord de Cercle Vert - est de deux victoires plus deux podiums en cinq participations !
- 2009 : Vainqueur en solitaire sur le parcours Belle-Ile/Marie-Galante
- 2007 : 12e en solitaire sur ce même parcours Belle-Ile/Marie-Galante
- 2005 : 3e en solitaire sur le parcours St Nazaire/Cienfuegos de Cuba
- 2003 : 2e en double avec Bertrand Pacé sur le parcours St Nazaire/Dakar
- 2001 : Vainqueur en double avec Charles Caudrelier sur St Nazaire/Dakar

- Info presse Mer&Media / Cercle Vert


Voir en ligne : Photo A. Courcoux / Stichelbaut.com


Ordre d’arrivée Transat BPE 2009

- 1er. Gildas Morvan (Cercle Vert), arrivé à 5 h 24 min 12 sec (heure en métropole) après 19 jours 14 h 24 min et 12 sec de traversée

- 2. Erwan Tabarly (Athema), arrivé à 5 h 28 min et 52 secondes – distance au premier : 4 minutes et 40 secondes.

- 3. François Gabart (Espoir Région Bretagne), arrivé à 6 h 26 min 27 sec – distance au premier : 1 heure 02 min et 15 sec

- 4. Nicolas Troussel (Financo) arrivé à 7 h 03 min et 24 secondes – distance au premier : 1 heure 39 minutes 12 secondes

- 5. Gérald Véniard (Macif) arrivé le 25/04/2009 à 08:54:11, en 19 jours, 17 heures, 54 minutes et 11 secondes à la vitesse moyenne de 7.24 noeuds



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