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Expédition 48° Nord

Jean Gabriel Chelala a rejoint les Antilles

Record de la traversée de l’Atlantique en hydrocyle en 65 jours

mardi 8 juillet 2008Redaction SSS [Source RP]

Lancé le 13 janvier de Notre Dame de Paris pour un tour du monde inédit intégralement à la force humaine, Jean Gabriel Chelala, le « globe-pédaleur » a déjà parcouru près de 2.200 kilomètres à vélo entre Paris et le sud du Portugal et 3.800 miles nautiques (7.045km) sur l’Atlantique. Après de nombreuses péripéties, des rencontres impromptues avec des cachalots et des monstres de fers, l’aventurier a finalement touché terre sur l’île de Saint-Martin.

65 jours en pédalant auront été nécessaire pour couvrir les 3.000 miles nautiques (5.800km) entre les Canaries et l’île de Saint-Martin, pulvérisant le précédent record Record #sailingrecord du monde de près de 23 jours. Seuls deux Français avaient réussi l’aventure Aventure avant lui. Emmanuel Coindre en l’an 2000 qui avait mis 99 jours entre la Grande Canarie et la Barbade et Didier Bovard en 2002 au terme de 88 jours entre les Canaries et la Martinique. « Notre objectif premier était de rejoindre la Floride et de mener à bien la deuxième étape de mon tour du monde. Si nous avions cherché à battre le record Record #sailingrecord , nous aurions choisi une route peut-être un peu plus sud et une saison plus favorable. Mais cette traversée prouve que l’homme et la machine ont su être performants et c’est de bonne augure pour la suite », confie l’aventurier franco-libainais.

Son dernier jour de pédalage restera à jamais gravé dans sa mémoire. 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures d’effort intense pour une arrivée à Oyster Pond. « En me levant le dernier jour, je me remets à pédaler sans penser à la fin de journée. J’essaye de faire comme si ce n’étais qu’un jour comme un autre. Vers 9 heures, je revois pour la première fois la terre. L’île de Saint-Barthélemy émerge de l’eau et je ressens une grande satisfaction. Dans ma tête, je me dis "Bravo". À 11 heures, l’île de Saint-Martin se précise. Cette fois, la ligne d’arrivée est dans ma ligne de mire. Vers 17 heures, je m’accorde une sieste d’une heure, puis me remets à pédaler. N’ayant plus de logiciel de navigation, je naviguais déjà depuis trois jours à vue, en tachant de conserver mon cap. J’avais retenu la latitude et longitude de l’ile, mais à l’approche, il était difficile de distinguer le moindre port. À minuit, je prends contact avec le Cross Antilles Guyane, l’organisme de sauvetage en mer. Je leur donne ma position et leur demande celle du premier port en vue. À 5 miles nautiques (9km) de la côte, ils me donnent une position grossière. Je continue d’avancer, le vent s’est levé et la mer est légèrement agitée. Sur la radio VHF, j’entends deux plaisanciers qui appellent le Cross pour être secouru. Je poursuis ma route, les lumières et les habitations deviennent de plus en plus nettes. A un mile, je ne vois toujours aucun port. Je reprends contact avec le Cross qui me donne une position plus précise. Cette fois, je mets les bouchées doubles pour rejoindre la position donnée ».

Sur l’île, aucun comité d’accueil. « Je suis arrivé à 4 heures du matin, seul dans le noir complet, après avoir contourné des coraux, des rochers et une pointe qui cachait l’entrée du port. En arrivant sur la position donnée par le Cross Antilles Guyane, je suis toujours en mer, mais à quelques dizaines de mètres de la côte et de ses rochers, je ne vois toujours aucun de port. Des rouleaux se forment et je vois les vagues se fracasser sur les rochers. Je regarde tout autour de moi en cherchant des indices, sans succès. J’ai à présent dépassé la position qui m’était donné. Soudain j’aperçois le mât d’un bateau dans l’ombre. Je m’engouffre aussitôt entre la pointe rocheuse et les rochers de la côte opposée, pédalant de toutes mes forces pour ne pas me faire déporter par le courant. J’avance jusqu’au premier ponton, j’attache mon bateau et je descends pour marcher à nouveau sur la terre ferme. J’ai pédalé toute la nuit après une journée complète de pédalage ».

Ses premiers pas se passent bien et l’ingénieur en bâtiment entame une petite randonnée à la découverte des environs. « Contrairement à ce que je pensais, je me tiens bien sur mes deux jambes. Ça ne bouge pas trop et je garde mon équilibre aussi naturellement que si j’étais à terre depuis toujours. Il fait encore nuit, tout est calme et je décide d’aller marcher un peu. N’ayant pas de cartes, je ne sais même pas où j’ai atterri. Je grimpe en haut d’une colline et marche le long de la route sur environ un kilomètre. Pas de village en vue, simplement des résidences, des hôtels et des restaurants. Je fais demi-tour et retourne au bateau en attendant le levé du jour. Je me sens un peu fatigué, mais comme après une nuit blanche, rien de plus ». Après cette nuit d’effort et cette arrivée qui a nécessité toute sa force et sa concentration, le jeune navigateur sent son ventre poussé des cris de douleur. Il ressent une faim comme rarement il en a eu. « Je m’installe à la terrasse d’un restaurant au bord de l’eau. À 6 heures, la serveuse fait son apparition et me renseigne sur les formules du petit-déjeuner. À ma plus grande joie, on propose un buffet à volonté. Tournant en rond, j’attends sept heures. Puis, tout en essayant d’avoir une attitude d’homme civilisé, je me jette sur le buffet et rempli mon assiette, … ».

Après quelques jours de repos, Jean Gabriel Chelala va affiner sa dernière route entre Saint-Martin et la Floride, certainement Miami, une route plus accessible que Jacksonville et devrait reprendre le large le samedi 12 juillet. Suivant les conditions météo, le navigateur devrait mettre entre 3 et 4 semaines pour rejoindre le continent américain, parcourir les 1.090 miles nautiques (2.020km) restant sur l’Atlantique et boucler la deuxième étape de son expédition.

Info Presse Réseau Humacom / www.jeangabrielchelala.com


L’expédition 48°Nord, 30.000km à parcourir à vélo et en cyclomer

- 13 janvier 2008 : départ de Paris
- 7 février 2008 : arrivée à Lagos au sud du Portugal après avoir parcouru près de 2.200kms à vélo
- 7 mars 2008 : départ de Sagres (Portugal) en cyclomer en direction de Jacksonville (Etats-Unis) 4.000 miles nautiques (6.500km) à parcourir
- 21 mars 2008 : escale technique à Safi (Maroc) suite à des problèmes de communications satellites (430 miles nautiques parcourus)
- 12 avril 2008 : nouveau départ de Safi (Maroc) en cyclomer
- 21 avril 2008 : escale technique à Punta Mujeres (Iles Canaries) à cause du safran arraché (300 miles nautiques parcourus)
- 27 avril 2008 : nouveau départ des îles Canaries en cyclomer
- 2 juillet 2008 : escale à Oyster Pond sur l’ïle de Saint-Martin aux Antilles (3.000 miles nautiques parcourus)
- Arrivé en Floride, Jean Gabriel devra remonter sur son vélo jusqu’en Alaska (8.000km), puis en fonction de la saison, ce sera la traversée du Pacifique en direction de la Sibérie (2.200 miles nautiques soit 3.500km) et une dernière étape à vélo (10.000km) le ramènera dans la capitale française.



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