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Louis Vuitton Cup

Stéphane Kandler : "Nous avions des objectifs ambitieux"

"on se rend compte qu’on peut être très proches, mais qu’il faut gagner des matchs…"

jeudi 10 mai 2007Redaction SSS [Source RP]

Kandler ne fera pas mieux que Pajot
Stéphane Kandler, CEO d’Areva Challenge , fait le bilan de cinq années de préparation à l’America’s Cup America's Cup #AmericasCup et annonce que le projet français va entamer l’analyse de cette première campagne en vu de poursuivre le travail réalisé avec cette nouvelle équipe, jeune et ayant désormais l’expérience d’une première campagne.

Kandler ne fera pas mieux que Pajot
Le Baulois avait qualifié French Kiss pour les demi-finales en… 1987 !

Areva Challenge termine donc à la huitième place de la Louis Vuitton Cup, un résultat décevant pour l’Equipe de France qui a tout de même montré son potentiel avec de superbes duels, à l’image du dernier en date face aux Sud-Africains qui, s’ils se sont imposés, ont eu beaucoup de mal à contenir les attaques tricolores. Les Néo-Zélandais sont les grands vainqueurs de cette première partie des sélections du Challenger final en ayant remporté tous leurs matchs du deuxième Round Robin : ils ont choisi le syndicat ibère pour les demi-finales. Les Américains largement battus par les Kiwis mercredi, prennent la seconde place devant les Italiens de Luna Rossa Challenge et les Espagnols de Desafío Español 2007. Ce quatuor majeur va donc s’affronter pour les demi-finales dès le 14 mai prochain, puis les deux meilleures équipes iront en finale de la Louis Vuitton Cup le 1 er juin.

Les Français ne vont pas pour autant quitter la base de Valencia : dès le 14 mai, Areva Challenge sera sur l’eau pour tester de nouvelles configurations et affronter amicalement d’autres teams.

Stéphane Kandler, quel bilan tirez-vous de votre première campagne pour l’America’s Cup America's Cup #AmericasCup depuis son annonce en décembre 2001 ?

D’abord ce furent cinq années très intenses pour convaincre qu’en France, nous pouvions concevoir un défi différent de ce qui a été fait auparavant. Nous avons passé les étapes les unes après les autres en gagnant en crédibilité : il était possible de rassembler une équipe sur des valeurs simples avec une approche différente. Nous avons été soutenus par des partenaires au fur et à mesure. Nous avions des objectifs ambitieux : atteindre les demi-finales. Au vu des résultats de la Louis Vuitton Cup, c’est évidemment décevant ! Pourquoi nous n’y sommes pas arrivés ? Pour plusieurs raisons : d’abord, nous avons manqué de maturité à l’approche de l’évènement et aujourd’hui, on se rend compte qu’on peut être très proches, mais qu’il faut gagner des matchs… Nous n’avons pas toujours su le faire, par manque de préparation mais pas par manque de moyens, bien que le budget n’ait été bouclé que tardivement. Nous avons eu des baisses de régime qui nous ont coûté cher pour maintenir la continuité du projet, pour anticiper et rester sur une stratégie constante tout au long de la campagne. Avec le même budget, si nous l’avions eu à l’avance, nous aurions certainement été plus performants. Avec le recul, je constate que nous avons eu des « trous d’air », notamment pendant l’hiver 2005 alors même que l’équipe venait de remporter de superbes duels contre les Suisses ou les Néo-Zélandais à Trapani !

Mais il y a eu aussi des changements de dernière minute au sein de l’équipage ?

Nous avons changé beaucoup de choses dans l’organisation Organisation #organisation de la cellule arrière et nous avons mis du temps à trouver le bon fonctionnement pendant la Louis Vuitton Cup. Mais le système mis en place m’apparaît très prometteur puisque l’équipe a su réagir après les points perdus lors du Round Robin 1, contre les Suédois et les Sud-Africains. Psychologiquement, c’est toujours difficile de remonter la pente, mais je trouve que le team a su se remobiliser. En analysant tous les matchs, on s’aperçoit que nous perdons beaucoup de duels de très peu ! La preuve que cette équipe a toujours gardé le moral et possède un mental solide pour surmonter les difficultés.

Côté bateau, le fait d’avoir typé FRA 93 pour une brise medium de douze à quinze nœuds n’a-t-il pas rendu plus difficile les duels de ces deux Round Robin marqués par le petit temps ?

Les conditions météorologiques de ce mois d’avril n’ont pas été celles attendues, mais ce fut une erreur de notre part ! Nous avons un Class America plutôt polyvalent mais pour des raisons de manque d’anticipation, nous n’avons pu préparer deux configurations : petit temps et medium. Nous avons passé dans cette Louis Vuitton Cup, beaucoup de temps pour trouver les bons réglages. Malheureusement, nous n’avions pas les moyens des grosses écuries qui ont pu réagir pour adapter le bateau en changeant de quille, de voiles ou autre. En plus tout l’hiver, nous avons essentiellement navigué dans la brise et nous nous sommes rendus compte très tard que FRA 93 peinait un peu dans le petit temps. Nous avons nettement amélioré le bateau ces derniers jours qui est devenu plus à l’aise en dessous de dix nœuds. Mais restons réalistes : ce n’est pas ça qui nous fait perdre des régates ! Cela rend seulement l’exercice plus difficile… Notre Class America me semble tout à fait compétitif étant au minimum dans la veine de Victory Challenge ou de Mascalzone Latino.

Comment se présente l’avenir de l’Equipe de France AREVA Challenge ?

Je pense que nos partenaires sont satisfaits même si le résultat final n’est pas celui attendu. J’espère que nous avons contribué à rehausser l’image de l’America’s Cup America's Cup #AmericasCup en France en montrant que nous avions une équipe compétitive. Maintenant ce qui est important, c’est de capitaliser sur ce que nous venons de faire ! Tout le monde réalise qu’il faut travailler dans la durée. Et quand on voit la hiérarchie de la Louis Vuitton Cup 2007, on se rend compte que les trois leaders ont formé des teams tôt, qu’ils avaient des moyens élevés, qu’ils avaient une ou deux campagnes d’expérience. D’autres écuries comme celle des Espagnols, ont acheté très vite des Class America de référence avec les anciens OneWorld, et des compétences humaines à l’image de Paul Cayard en fin de campagne. D’autres encore, comme les Suédois ou Mascalzone Latino , étaient présents lors de la dernière America’s Cup et ont bénéficié d’une bonne expérience, facteur facilitant pour monter un team. Nous avons prouvé des choses pendant cinq ans, on s’est battu comme des diables et maintenant, il faut avoir les moyens de ses ambitions… Il faut conserver les éléments clés de ce groupe pour ne pas diluer cette expérience. Il faut aussi un budget double de celui de cette campagne et surtout bouclé dès ces prochains mois. A ce moment-là, oui, nous pourrons jouer dans le top 4 et pourquoi pas aller jusqu’à l’America’s Cup. Aujourd’hui, dans le milieu de la voile, la course la plus difficile à remporter, c’est l’America’s Cup ! Est-ce que pour la France, c’est important de remporter ce trophée ? Pour le sport français et pour la voile ? Je pense que oui ! L’Espagne qui arrive en demi-finales en partant d’une feuille blanche, doit nous encourager dans cette persévérance.

Cela implique un nouveau projet avec deux bateaux ?

Bien sûr ! C’est pourquoi il faut au minimum doubler le budget… Deux bateaux, c’est aussi deux équipages. Et ce n’est plus du tout la même organisation Organisation #organisation  : il faudra se renforcer avec des éléments extérieurs. Il y a des compétences dans tous les autres teams à Valencia et récupérer cette expérience et ces talents s’avère essentiel. Il y a déjà des équipes qui ont mis en vente d’excellents Class America et racheter un autre bateau permettrait rapidement de s’entraîner et de progresser encore. Convaincre les Français qui ont participé à la Louis Vuitton Cup au sein d’autres syndicats est aussi une démarche qui nous intéresse : Bertrand Pacé ( BMW Oracle Racing), Philippe Presti (Luna Rossa Challenge), Bernard Labro (Alinghi )… Ils sont nombreux ! Et faire une équipe française avec des personnes qui ont participé activement à cette édition est une démarche plaisante… Nous avons mis en place une plateforme qui a démontré des qualités et qui est largement perfectible : elle a besoin d’expériences complémentaires et d’apports extérieurs. Mais si on veut faire tout cela, il faut avoir les moyens et présenter un projet ambitieux : c’est le bon moment pour le mettre en place.

Cette Louis Vuitton Cup vous paraît-elle réussie ?

Incontestablement ! Il y a eu plus d’un million de spectateurs à Valencia en un mois… Les medias européens n’ont jamais autant couvert l’America’s Cup. L’évènement a pris une nouvelle dimension et le niveau des Challengers a nettement monté. L’arrivée de nouveaux sponsors est aussi une bonne nouvelle : beaucoup de sociétés d’origine très différentes sont présentes, des fabricants de boisson énergétique, des banques, des producteurs d’énergie, des industriels, des compagnies de téléphone, des assureurs, tous les secteurs d’activité sont représentés… La voile est un sport « dans le vent » et les retours sur investissement sont importants. Il faut créer une dynamique autour d’un projet français qui fera appel aux meilleures compétences. Mais cela se joue dans les mois qui viennent, pas dans six mois ou un an ! La plupart des équipes sont déjà en train de recruter, de récupérer du matériel alors que l’America’s Cup n’est pas encore terminée !

Mais il faut tout de même attendre justement de savoir qui va détenir le trophée ?

Non, parce qu’on sait déjà approximativement ce qui va se passer : qui peut gagner ? Potentiellement, les Espagnols mais je n’y crois pas trop. Les Etats-Unis : un marché important pour tout le monde. L’Italie qui est en Europe et éventuellement la Nouvelle-Zélande. Et du côté Suisse, Alinghi ne va pas changer sa volonté marketing en allant dans un coin exotique où la télévision ne pourrait pas montrer des images. Les Louis Vuitton Acts ont été un succès pour les relations des partenaires, mais aussi pour le public et les medias, sans parler de l’apport pour les équipages. Deux régates vont se dérouler en août prochain à Kiel puis en septembre à San Francisco. Il y a donc déjà un avenir et un programme pour ces Class America.

Et AREVA Challenge sera présent lors de ces deux compétitions ?

Cela ne dépend pas seulement de moi… J’ai fait le maximum de ce que je pouvais faire, j’ai pris d’énormes risques financiers, maintenant il faut un soutien fort. Et pour passer à la vitesse Vitesse #speedsailing supérieure, il faut des partenaires dès les semaines prochaines. Il faut avoir les moyens au bon moment et ne pas perdre le capital de cette équipe.

Quel est le programme des jours prochains ?

Il va y avoir une pause de quatre jours pour que tout le monde reprenne des forces. Puis dès le 14 mai, AREVA Challenge va re-naviguer pour finir de tester les évolutions qui étaient programmées. Nous avons prévu aussi plusieurs séances de débriefing pour analyser finement chaque match. En juin, nous allons faire l’inventaire et vérifier tout le matériel. Pour éventuellement aller en Allemagne en août. Les navigants vont aussi repartir sur le circuit mondial de match-racing match-racing #MatchRacing  : Sébastien Col a déjà plusieurs rendez-vous cet été !

Info presse Stéphanie Nadin / www.areva-challenge.com


Round Robin 2 flights 1+2+3+4+5+6+7+8+9+10 (RR1+points bonus) :

- 1-Emirates Team New Zealand : 2+2+2+2+2+2+2+2+2+2 (14+4 bonus) = 38 points
- 2-BMW Oracle Racing : 2+0+2+2+2+2+2+2+2+0 (18+3 bonus) = 37 points
- 3-Luna Rossa Challenge : 2+2+2+2+0+2+2+0+2+2 (16+3 bonus) = 35 points
- 4-Desafío Español 2007 : 2+2+0+2+2+2+2+0+0+0 (14+3 bonus) = 29 points
- 5-Victory Challenge : 2+0+2+0+2+2+2+2+0+0 (12+2 bonus) = 26 points
- 6-Mascalzone Latino-Capitalia Team : 0+0+2+2+2+0+0+0+0+2 (12+2 bonus) = 22 points
- 7-Team Shosholoza : 0+2+0+0+2+0+0+2+0+2 (10+2 bonus) = 20 points
- 8-AREVA Challenge : 2+2+0+0+0+0+0+2+2+0 (8+1 bonus) = 17 points
- 9-+39 Challenge : 0+0+0+0+0+0+0+2+2+2 (4+2 bonus) = 12 points
- 10-United Internet Team Germany : 0+0+0+2+0+0+0+0+0+0 (2+1 bonus) = 5 points
- 11-China Team : 0+2+0+0+0+0+0+0+0+0 (0+1 bonus) = 3 points



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