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Rames Guyane

Une première édition dominée par Romain Vergé

Un grand rameur suivi de Patrick Favre, Jean-François Tardiveau, Sophie Macé et Christophe Henry

samedi 20 janvier 2007Redaction SSS [Source RP]

Les quinze pionniers de cette première édition de Rames Guyane ont défriché une route plus tactique que prévue. Romain Vergé, le vainqueur en a signé la première page, suivi des quatre autres concurrents classés. Patrick Favre, Jean-François Tardiveau, Sophie Macé et Christophe Henry.

Les deux pièges de la course, le contre-courant équatorial et le passage du plateau continental auront été la cause de nombreux abandons. Un terme bien cruel pour ces rameurs non classés, qui pour la plupart, ont rejoint les eaux guyananaises sans pouvoir franchir la ligne.

Ils étaient quinze pionniers, le 19 novembre 2006, sur la ligne de départ à Saint Louis du Sénégal. Quatorze hommes et une femme, néophytes ou loups de mer, à l’étroit dans leur embarcation de 8 mètres pour un assaut de l’Atlantique nord par son versant sud à destination de la Guyane. Hélas, un départ musclé laisse plusieurs concurrents hors jeu Jeu #jeu .

En effet, passés le fleuve Sénégal, les rameurs se font cueillir par une barre de vagues imprévue et casse-bateaux. La sanction est immédiate et cruelle : quatre concurrents chavirent et trois d’entre eux ne pourront pas traverser. Philippe Malapert jette l’éponge le jour du départ. Jean Jacques Gauthier, un des favoris, blessé au dos et Patrick Deixonne au genou tentent de reprendre la mer mais doivent rapidement s’avouer vaincus. Seul Jo Le Guen rentré au stand, repart avec un retard de trois jours.

Aux avant-postes, les rameurs émérites s’échappent. Emmanuel Coindre le recordman de l’Atlantique et du Pacifique à la rame et Romain Vergé, champion d’aviron imposent des cadences soutenues, tandis qu’à quelques milles derrière, les rameurs novices découvrent l’océan à ras de mer et s’amarinent doucement.

Très rapidement, la flotte se divise en quatre. Les deux avions de tête, une bande de nordistes composée de Patrick Favre, Jean François Tardiveau et Philippe Soetaert au coude à coude depuis le départ puis de Sophie Macé et Jean Pierre Lacroix, une autre bande de sudistes constituée de Jo Le Guen, Jacques Djeddi, Jean Pierre Lasalarié et Christophe Henry puis enfin, à l’arrière, Didier Lemoine qui ferme la marche. En effet, Didier qui avait rencontré des difficultés pour se dégager des côtes africaines a cassé son safran. Un coup dur pour le parisien qui ne démérite pas pour autant et décide de poursuivre la route.

Une course tactique

Durant la première moitié de course, les Alizés jouent le jeu Jeu #jeu , la mer est clémente et les concurrents prennent un rythme de croisière. Ce n’est qu’à la mi parcours que l’aspect tactique de la course se révèle.

Premier piège : le contre courant équatorial qui deviendra au fil des milles la bête noire des rameurs. Ce contre-courant, qui s’étend des longitudes 33 à 47 ouest, fut la cause de bien des déboires lors de cette première édition de Rames Guyane et pourrait ainsi être à l’origine, selon les routeurs, du chavirage d’Emmanuel Coindre. Ainsi, le 5 décembre, une vague pyramidale est fatale à Emmanuel. Le leader qui naviguait panneaux ouverts ne parvient pas à redresser son canot et doit déclencher sa balise Argos. Pour lui, la course est terminée. Heureusement, il est rapidement récupéré, ainsi que son bateau LADY GINIE par la frégate de la Marine Marine Marine nationale Nationale « Germinal ».

Pour tous les autres, l’épreuve du contre-courant ne fait que commencer. Romain Vergé qui a pris le tête de la course après le chavirage d’Emmanuel pique au sud : direction le Brésil. Sur la carte, le choix tactique affole, sur l’eau il se révèle la seule option envisageable. Une route qui fait des émules : Christophe Henry, Jean Pierre Lasalarié, Jacques Djeddi et Didier Lemoine profiteront de cette expérience afin d’éviter le piège dans lequel sont empêtrés les « nordistes ».

En effet, sur la route directe, Patrick Favre, Jean-François Tardiveau Philippe Soetaert et Jean Pierre Lacroix peinent et reculent. Seule Sophie Macé tente de poursuivre sa route au nord afin de récupérer une veine à l’ouest qui lui évitera le cœur de ce contre-courant vécu comme une malédiction par nombre de rameurs. Une option payante puisque Sophie sera deuxième de la course pendant quelques jours.

Philippe Soetaert n’a pas eu la même veine et blessé au dos lors d’une mauvaise chute dans le cockpit depuis plusieurs jours, il abandonne le 19 décembre et demande l’assistance au Columbus, le bateau accompagnateur de la course.

Quant à Jo Le Guen, il n’a plus de radio et doit se débrouiller avec les moyens du bord. Mais le gabier à quelques milles au compteur et son instinct le fait piquer au sud. Sans routeur, son option n’a pu être payante. En effet, s’il a su éviter le premier piège du contre-courant, il n’a pu envisager celui de la remontée vers Cayenne.

Une arrivée pour les gros bras

Au large des côtes brésiliennes et guyanaises, le plateau continental s’étend sur quelques centaines de milles. A posteriori, on sait maintenant qu’il est imprudent de s’aventurer dans ces eaux avec un canot à rames et deux bras même très musclés. En effet, les hauts fonds conjugués aux courants génèrent une houle très formée. S’ajoute au phénomène un vent d’est souvent soutenu dans ces régions et « rabatteur » de canots vers les côtes. Tous les ingrédients du piège à rameurs sont réunis.

La remontée s’annonce mal... Romain Vergé servira une fois de plus de cobaye. Il pique tout schuss et se retrouve au « centre du plateau ». Il rame sans relâche, ne dort pas et passe en force. Il avoue s’être fait mal mais sa prouesse physique lui offre une place de vainqueur de cette première édition de Rames Guyane.

A l’arrière, Jean Pierre Lasalarié et Christophe Henry qui ont évité les contre-courants déboulent par le sud. Le Guyanais Lasalarié est en deuxième position. Patrick Favre et Jean-François Tardiveau ne sont pas loin. Les deux compères qui ne se sont pas lâchés depuis le départ négocient le plateau avec brio et longent sa frontière vers le nord afin de se positionner tout schuss pour descendre sur la ligne de départ. Pari gagné, ils raflent les deuxième et troisième places sur le podium devant un Jean Pierre Lasalarié qui se retrouve piégé à moins de dix milles de la ligne. Il s’est trop engagé sur le plateau et ne peut la franchir. Il ne sera pas classé.

Quelques jours plus tard, Sophie Macé et Christophe Henry offrent un match-racing match-racing #MatchRacing au terme de 2600 milles à la force des bras. Ils s’invitent à la quatrième puis cinquième place. Jean Pierre Lacroix qui les suivait de près connaît la même mésaventure que Lasalarié, il se retrouve coincé à quelques encablures du but. Le plateau continental a encore frappé. Idem pour Jo Le Guen encalminé près des côtes brésiliennes à 150 milles de l’arrivée.

Une fin de course cruelle pour de nombreux rameurs…et la liste des victimes s’alourdit. Jacques Djeddi, l’éducateur sportif qui n’avait jamais navigué chavire à 75 milles de la Guyane. Une grosse vague lui est fatale. Il ne reste que Didier Lemoine en mer qui au terme de 59 jours de mer débarquera en Guyane sans avoir franchi la ligne. Il sera la dernière victime du piège du plateau…

Info presse www.ramesguyane.com


Classement final

- 1er Romain Vergé PARRAINER UN ENFANT
- 2e : Patrick Favre : SIMULFI.COM
- 3e : Jean François Tardiveau EASYDENTIC
- 4e : Sophie Macé : LE KOONAK
- 5e : Christophe Henry : LE MACAQUE
- Non classé : Jean Pierre Lasalarié : CROKIGNOL à 8 milles de l’arrivée
- Non classé : Jean Pierre Lacroix : IBIS ROUGE à 10 milles de l’arrivée
- Abandon : Didier Lemoine : MERCATOR à 30 milles de l’arrivée
- Abandon : Jacques Djeddi : DEFI RETAIS à 75 milles de l’arrivée
- Abandon : Jo Le Guen : L’HOMME OU LE MARCHE à 150 milles de l’arrivée
- Abandon : Philippe Soetaert : CELINE à 1000 milles de l’arrivée
- Abandon : Emmanuel Coindre : LADY GINIE à 1300 milles de l’arrivée
- Abandon : Patrick Deixonne : GROUPE OCEANIC à 2050 milles de l’arrivée
- Abandon : Jean Jacques Gauthier : RAME AU CŒUR à 2060 milles de l’arrivée
- Abandon : Philippe Malapert : PAULIMBER



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