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Tour de l’Arctique

Mike Horn perd deux phalanges et un doigt mais y retour

mardi 4 juin 2002

De retour à son domicile en Suisse depuis le 16 avril, Mike Horn s’est tout d’abord fait soigner les trois doigts gelés au cours de sa tentative de traversée de l’océan Arctique. Ces soins ont duré assez longtemps car Mike a voulu mettre toutes les chances de son côté en laissant le temps et les traitements agir, quitte à souffrir.

Finalement opéré à l’hôpital de Sallanches par le professeur Verhellen, Mike a perdu les extrémités de ses deux pouces et de son annulaire droit, au-dessus de la dernière phalange. Contraint de laisser ses doigts cicatriser, Mike ne renonce pas pour autant. Ce serait bien mal connaître l’aventurier qui compte reprendre au plus vite l’expédition Arktos.

On se souvient que Mike considérait la traversée de l’océan Arctique comme un « échauffement ». Bien que ne l’ayant pas mené à son terme, il va maintenant s’attaquer au véritable challenge, le tour du monde par le Cercle Polaire Arctique, soit 20.000 km.

Pour débuter son périple, Mike va se rendre au Cap Nord à bord de son bateau en aluminium de 14 mètres de long. Le départ est prévu vers la mi-août. Du Cap Nord, il mettra le cap vers le Groenland où il laissera son bateau à son équipe d’assistance, mettant le pied à terre pour une traversée à ski, tracté par son Kite Surf.

Arrivé sur la côte Ouest du Groenland, Mike récupérera son monocoque, profitant de l’été et des glaces fondues pour progresser le plus Nord possible dans les territoires du Nord-Ouest. Ayant pour seule limite de temps le retour de son bateau avant la formation des glaces, Mike débarquera et se remettra à tracter son kayak- traîneau lourd de 200 kg, destination le détroit de Béring qu’il devrait atteindre au plus fort de l’hiver 2002-2003.

Interrogé sur les causes de son abandon, il nous précisait :

« Le lacet d’une de mes chaussures s’est défait. J’ai du m’arrêter pour le refaire. J’ai enlevé mes gants alors qu’il y avait beaucoup de vent et que la température devait être proche de -60°. Par malheur, mes mains étaient en sueur. Durant les 45 secondes nécessaires au laçage, elles ont gelé, tout comme l’intérieur de mes gants qui était également humides de transpiration. J’ai donc enfilé mes mains gelées dans des gants gelés. A partir de cet instant, je n’ai jamais réussi à les réchauffer, même en marchant six heures de suite en faisant de grands gestes avec mes bras pour que le sang atteigne les extrémités ».

La préparation :

« Je ne change rien au matériel que j’ai choisi avec Andaska. C’était parfait. On me demande souvent pourquoi j’ai des chaussures à lacets. Tout simplement parce que c’est la seule chose qui tienne. Je n’ai pas eu de chance. Chaque matin, je passais 45 minutes à lacer mes chaussures. Je ne comprends toujours pas comment l’un d’entre eux a pu se défaire ».

As-tu souffert ? :

« Heureusement, j’avais de la morphine dans ma trousse à pharmacie. Je n’ai jamais autant souffert. C’était comme si on t’enfonçait la pointe d’un couteau sous les ongles. Dans un sens, puis dans l’autre ! »

Les ours :

« Une nuit, il y en a un qui a tourné autour de ma tente. J’ai attrapé mon fusil mais je ne pouvais pas sortir. S’il s’était approché de trop près, j’aurai tiré au travers de la tente qui aurait été foutue. Par chance, il est parti tout seul ».

L’abandon :

« C’est la première fois que je renonce. La décision a été difficile à prendre. Quand les sauveteurs sont arrivés en hélicoptère, ils ne voulaient pas prendre mon matériel. Je leur ai alors dit que je restai sur la glace. Du coup, ils ont tout pris ».

Information : http://www.mikehorn.com


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