dimanche
2
mai
2010

TRANSAT AG2R La Mondiale • J14 : Hardy et Maslard toujours en tête

Ce dimanche, la flotte de la 10e Transat AG2R LA MONDIALE est désormais étalée sur plus de 450 milles en latéral. Un écart qui va s’accentuer encore dans les deux prochains jours car les partisans du Sud vont continuer de descendre dans le bas des cartes – jusqu’au 12e parallèle ! - pour chercher la pression avant de mettre, enfin, le clignotant à droite.

« Pour ne pas s’arrêter dans la bulle sans vent, il faudra descendre au moins jusqu’au 20e parallèle » annonçait Bertrand de Broc (Cercle Vert) il y a quelques jours. Aujourd’hui, si l’on en croit les routages, les partisans du Sud devront carrément plonger jusqu’au 12e parallèle – soit la latitude de la Grenade, ce pays situé au nord de Trinité-et-Tobago, à 200 kilomètres au nord du Venezuela !- pour garder un vent d’Est Nord-est constant aux alentours de 10 nœuds, généré par la présence d’un gradient de pression plus resserré. « Les duos qui ont misés sur le Sud vont devoir continuer d’investir encore et progresser à 40° de la route. Leurs vitesses de rapprochement au but (VMG) seront vraiment très faibles. Ce sera sans doute dur pour eux, nerveusement, de rallonger leur route de près de 200 milles par rapport à leurs adversaires au Nord sans savoir s’ils vont récupérer ou non, les bénéfices de leur choix » explique Jean Maurel, Directeur de la course. Pour l’heure, en tous les cas, la météo à venir leur semble plus favorable. Et la tendance s’est en effet inversée par rapport à hier : ce dimanche, les Sudistes sont plus rapides que leurs camarades de jeu au Nord qui progressent dans des vents faibles – voire inexistants pour les retardataires - et instables. 



« C’est la kermesse ! Tout est très hypothétique. A chaque fichier, les choses changent mais maintenant, c’est cartes sur table, il va falloir essayer de composer. De toutes façons, c’est à la fin de la foire que l’on aura les résultats » rappelait Stanislas Maslard (Agir Recouvrement), ce midi, lors de la vacation. De fait, la situation actuelle sur l’Atlantique est particulièrement instable. Instable et fluctuante. Les fichiers météo se contredisent et d’un jour à l’autre, l’avantage n’est plus donné au même groupe. « Rien n’est fiable. Tout est à prendre avec précaution, y compris les classements », souligne d’ailleurs Jean Maurel. Les marins doivent donc faire preuve de patience. Rester lucide et cela, malgré la chaleur étouffante à bord des bateaux - notamment entre 10 heures et 16 heures - qui pèse fatalement sur les organismes. « Pour garder les idées claires, nous avons un peu modifié les durées des quarts dans ce laps de temps. Au lieu de faire 2 heures/2 heures, nous faisons 1 heure/1 heure afin d’être les plus efficaces possibles » a détaillé Laurent Gouezigoux (Trier c’est préserver). « On se bat pour faire avancer le bateau. De toutes les façons, nous n’avons que cela à faire : nous sommes embarqués dans une option, il ne faut plus tergiverser » ajoutait le Costarmoricain à la mi-journée. Pour lui comme pour l’ensemble des Sudistes, tout l’enjeu des prochaines 48-72 heures sera de mettre le clignotant à droite au bon moment : pas trop tard pour ne pas rallonger inutilement la route, et pas trop tôt pour ne pas retomber dans la bulle ce qui laisserait alors le champ libre aux Nordistes qui « coupent le fromage ». 



Trophée de la performance du jour AG2R LA MONDIALE : 

 Le Trophée de la performance du jour AG2R LA MONDIALE est attribué à Gaspé 7. Antoine Koch et Joseph Brault ont parcouru 159,5 milles en 24 heures.



Ils ont dit :

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Sébastien Picault, skipper de Kickers : « Ca va super ! C’est une super matinée même si l’on va toujours moins vite que les gars de devant. On essaye de régler le problème. Je crois qu’ils ont un peu plus lofé que nous. On essaye de s’accrocher ce n’est pas simple. Avec Laurent, on avait investi dans le Sud. On espérait avoir un petit retour sur investissement mais ça tarde un peu à arriver à notre goût. La prochaine difficulté, c’est de prendre le virage au plus court, à la corde mais pas trop non plus pour ne pas s’arrêter. Et après, il faut aussi que l’on arrive à aller aussi vite que les autres. Car, jouer les bonnes notes, c’est une chose, mais il faut aussi le bon tempo et depuis le début, ce n’est pas notre cas. »

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Franck Le Gal, co-skipper de Gedimat : « C’est plutôt sympa de naviguer à vue de Cheminées Poujoulat. C’est toujours assez étonnant de se retrouver comme ça au milieu de l’océan. Mais c’est plutôt pas mal car quand il y a quelqu’un à côté, on est encore plus stimulé et l’on obtient sans doute des vitesses un peu plus élevées grâce à cette confrontation directe. On croit qu’il y a toujours une carte à jouer dans le Sud et l’on est assez content de notre option. Maintenant, il faut échapper à la bulle qui se décale vers le Sud Ne pas se faire rattraper par des vents mollissants, et puis attraper l’alizé et bien gérer les bascules. A bord, l’ambiance est au beau fixe depuis le départ. Ce matin, c’est dimanche, et pour fêter ça, on a eu le droit à un petit déjeuner espagnol : jambon Serrano et comté ! »



- Stanislas Maslard, co-skipper de Agir Recouvrement : « Depuis ce matin, on a gardé une petite veine de vent constante qui nous tire gentiment vers l’Ouest. On avance mais c’est la kermesse ! La rupture d’alizé est clairement franche. Il y a deux zones. Cela fait plusieurs jours que l’on voit un petit couloir de vent qui devrait nous permettre d’essayer d’avancer. Si on arrive à bien fonctionner, on a cette petite zone qu’on devrait toucher. Mais, c’est très hypothétique et à chaque fichier, les choses changent. Pas de stress car on est super heureux d’être revenu dans le match, donc on se met pas la pression. On a fait une belle course depuis les Canaries. Maintenant c’est cartes sur table, il va falloir essayer de composer. De toutes façons, c’est à la fin de la foire que l’on aura les résultats mais on ne va pas se prendre la tête sur un potentiel classement même si ca fait plaisir d’être en tête aujourd’hui sur le papier. Concernant Generali, c’est notre « témoin pétole » dans le Nord. Quand on l’a vu partir ça nous a un peu inquiété mais au moins on aura un mouchard dans le Nord, pour savoir s’il y a du vent ! »

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Miguel Danet, skipper de Concarneau – Saint Barthélemy : « C’est pas mal, on est en short, il fait beau. Le vent est un peu compliqué mais on obligé de faire avec. On grappille nœud par nœud. Le jeu est encore ouvert pour tout le monde. Notre classement est sympa mais rien n’est joué, la route est longue. Il y a du boulot sur la planche et il ne faut pas lâcher le morceau jusqu’à l’arrivée. Sinon, tout se passe super bien à bord. Tous les jours, on a des petits plats différents et l’on profite vraiment de la chance que l’on a d’être là au milieu de l’océan. »



- Jean-Paul Mouren, skipper de Groupe SNEF : « Tout baigne dans le soleil. La température prend des tours. Et on a que deux tubes de crème solaire alors on fait attention. Sinon, on est dans une zone plutôt extrêmement printanière mais on manque un peu de molécules de vent pour aller droit au but. On reste assez sereins, on se regarde la situation droit dans les yeux même elle n’est pas forcément à notre avantage. On assume cette voie nordique mais le très beau temps est contre nous.
Figurez-vous qu’aujourd’hui, comme c’est dimanche, on s’ouvre une petite bouteille de vin car c’est, je l’espère le dernier weekend, que l’on passe en mer. Alors, on fête ça classiquement au « bar de la marine. »
 


- Jérémie Beyou, co-skipper de Generali – Europ Assistance : « La situation générale ? On arrive au bout de l’anticyclone. A chaque modèle météo, ça change de place et il n’y a pas beaucoup de vent. Il y a un trou de souris, mais les conditions sont très variables. Alors, on prend un peu ce que l’on a. C’est assez compliqué nerveusement, la seule chose claire c’est que très au Sud y a du vent. Ils ont accentué leur plongée depuis hier, ils contournent franchement. Du coup, notre idée c’est de profiter de cela pour couper un peu le fromage. Pour être honnête, l’idée de départ, c’était de passer beaucoup plus au Nord et contourner ce phénomène - ce que tente Groupe Bel - mais là, la porte s’est refermée. Ca change tout le temps. On va voir. On aura peut-être un peu de chance. »

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Yannig Livory, skipper de Garmin – One Network Energies : « Ca va nickel ! Il n’y a pas beaucoup d’air, il fait très chaud et on n’avance pas beaucoup mais bon… Ca fait deux jours que l’on n’avance pas, c’est assez élastique. On espère choper du vent frais rapidement. Ca devrait rentrer progressivement mais très mollement. Ca ne va pas être violent… C’est un peu la loterie, c’est le jeu et on n’a pas tiré le bon numéro. Au niveau exposition soleil, il faut faire un peu gaffe mais c’est très gérable, on a de quoi boire et ce soir, on va se faire un bon petit repas ».

- 


Richard Lédée, skipper de MemoireStBarth.com : « Ca va tranquillement… Le vent n’est pas bien violent, ça avance doucement et pas forcément dans la bonne direction. Alors, on s’attend à tout. On espère juste que l’on soit le moins agacé possible par le claquement des voiles. Là, on avance à 2,6 nœuds avec un vent de 3 nœuds et on va vers du tout mou ! On espère pouvoir traverser cette zone tumultueuse sans trop de dégâts pour ensuite descendre vers St Barth avec un angle favorable. »


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