samedi
16
décembre
2006

RAMES GUYANE • S4 : Jo Le Guen ne progresse plus • Romain Vergé file et remet cap à l’ouest

16 décembre : Positionnée sur la trajectoire théorique des skippers participant à Rames Guyane, une immense boucle de courants tourne dans le sens des aiguilles d’une montre autour d’un centre inactif de quelques 500 KM de large pour 200 d’épaisseur. Au nord du système et donc coincé au milieu de forts courants contraires, Jo Le Guen ne progresse plus, entraîné malgré lui sur une route aléatoire et très peu productive.

Cela fait maintenant près d’une semaine qu’en accord avec son routeur, Romain Vergé, actuel leader de la course, navigue selon une stratégie d’attaque simple et précise. En arrivant sur la partie nord de la boucle, le skipper sud breton s’est vite rendu à l’évidence : un fort courant contraire poussait son bateau dans le sens inverse de la trajectoire souhaitée et, malgré tous ses efforts, impossible de progresser vers le but.

Il a donc été décidé de traverser du nord au sud les quelques 200 km que constitue le centre inactif de la boucle dans le but de rejoindre au plus vite les courants favorables orientés d’est en ouest dans la partie sud de cette boucle et la manœuvre est en passe de réussir puisque ce matin, le bateau jaune de Romain repartait cap à l’ouest.

Coincé au nord du phénomène et donc prisonnier de forts courants orientés d’ouest en est, Jo Le Guen ne progresse plus et semble dériver en suivant une route improbable, d’abord propulsé plein nord et à vitesse lente pendant une bonne quinzaine d’heures, puis curieusement aspiré vers l’ouest pendant une petite demie journée alors que le système porte à l’est, et redescendant maintenant vers le sud à si faible cadence qu’à terre, il était même envisagé de déclencher les secours.

Mais joint en début de nuit dernière par ses proches, Jo précisait que tout allez bien à bord, si ce n’est que depuis bientôt 3 jours, son bateau tournait en rond sans gagner vers le but à tel point qu’il venait d’abandonner à Patrick Favre une place de second pourtant chèrement acquise après plus de 30 jours d’un combat acharné tout autant qu’exténuant.

Une petite centaine de kilomètres au nord de la position de Le Guen, Patrick Favre ne semble en effet pas encore tombé dans le piège et, tout heureux, il explique sa brillante seconde place autant par les ennuis de Jo que par l’incroyable bagarre qu’il se livre depuis quelques jours avec un valeureux compagnon de route « Ces derniers jours, ce n’est pas tant vers l’avant que je porte mon attention mais bien vers ce increvable Tardiveau qui me suit à la trace et que j’ai le plus grand mal à décrocher.

Il y a une semaine, j’avais plus de 20 milles d’avance sur lui, puis il a commencé à revenir sur moi et j’ai du doubler ma ration d’aviron pour le garder à distance. Mais, malgré tous mes efforts, le bougre est arrivé si près de moi qu’une nuit, on aurait presque pu se voir, ce qui aurait été formidable. Piqué au vif, j’ai alors décidé de produire une énorme journée aux avirons pour l’attaquer au moral et tenter de l’achever définitivement. Et il semble que j’ai réussi mon coup car ce matin, il y a 24 milles entre lui et moi ce qui est nettement plus confortable ».

Tout à l’arrière de la boucle Christophe Henry, qui suit attentivement les problèmes des leaders empêtrés dans les courants contraires, a décidé de contourner la difficulté et il plonge vers le sud dans l’espoir de rejoindre au plus vite la partie favorable et portante du système. « J’ai le moral au beau fixe. D’abord, il ne fait plus très chaud et j’ai même profité d’une petite pluie pour tenter un champoing. Ensuite, le vent est agréable et souffle dans la bonne direction. Enfin, je m’en tiens à la stratégie adoptée avec ma routeuse pour ne pas tomber dans le piège des contre-courants et il semble que nous soyons maintenant en bonne position pour rejoindre sans encombre une latitude comprise entre 3 et 4° nord.

Si ça marche, c’est génial car cela nous ouvre toutes grandes les portes du tapis roulant qui nous mènera à vive allure vers le Paradis. Mais comme je ne veux surtout pas être déçu, j’essaie de me persuader que ça ne marchera peut-être pas et que je ne toucherai alors les côtes de la Guyane qu’autour du 10 janvier prochain… ce qui me laisse de la marge. »

Classement :
- 1er : Romain Vergé PARRAINER UN ENFANT
- 2ème : Patrick Favre SIMULFI.COM
- 3ème : Jo Le Guen L’HOMME OU LE MARCHE


15 décembre : Les concurrents piquent tous vers le sud

Les concurrents de Rames Guyane piquent tous vers le sud. Du premier au onzième, la stratégie est bien d’aller chercher une veine de courant portant. En attendant le grand surf, ils rament un peu…C’est eux qui le disent.

Jean-François Tardiveau, Ancien commando de Marine, 4ème position : 8°21 N 36°W : vent faible : « Je mets un peu de sud dans ma route et je pense que Patrick Favre fait la même chose. C’est vrai qu’on ne s’est pas beaucoup quitté depuis le départ. On a tous les deux une âme de régatier et on fait du match-racing à l’aviron. Le dénouement sera pour bientôt… C’est vrai qu’on regarde devant maintenant parce que ça commence à tirer sur le bonhomme…C’est une course exigeante. »

Philippe Soetaert, Chirurgien dentiste, 5ème position : 8° 24 N 36°W : vent très faible : « C’était calmasse complète mais ça me repose pour ma côte ». On se souvient de la mauvaise chute de Philippe Soetaert il y a une semaine. « C’est comme si j’avais un point de côté en permanence mais c’est gérable grâce aux anti-inflammatoire. J’arrive à tirer sur les avirons, mais j’ai vécu quelques jours vraiment durs, j’étais au fond de ma bannette sans pouvoir bouger avec de fortes nausées à cause des médicaments ».

Jean Pierre Lacroix, Chef d’entreprise dans le génie civil, 6ème position : 8° 33 N 35°W : vent modéré : « J’ai un petit vent et une mer calme, c’est tout ce que j’aime. Tu peux ramer en ayant de bonnes sensations. Je sens que l’on se rapproche de la Guyane, il y quelques nuages, quelques grains. Je me sens chez moi… ». Pour ce guyanais, l’arrivée fleure bon le home sweet home. « En ce qui concerne les courants, je suis dedans depuis hier et on sent que ça peine mais ce n’est pas trop violent. Je suis en train de descendre, je ne me prends pas la tête ».

Sophie Macé, Commerciale dans le matériel médical 7ème position : 8° 53 N 35°W : vent faible Nord Nord Est. Temps couvert. Température 26°.

Point stratégique : C’est royal pour moi, il fait moins chaud et ça fait vraiment du bien malheureusement j’ai l’impression d’être scotchée, je dois déjà être dans le contre-courant équatorial. Pour le traverser le mieux possible je vais le couper à la longitude de 38°à l’endroit où il semble le moins large mais quoi qu’il en soit je commence d’ors et déjà à descendre.

Bilan psychologique : Jusqu’à la semaine dernière, j’allais vraiment bien psychologiquement. Je regardais le chemin que j’avais parcouru et pas celui qui me restait à parcourir. J’ai eu un changement la semaine dernière, j’ai commencé à regarder le chemin qui me reste et je trouve ça difficile, et puis je faisais de meilleures journées grâce aux Alizés. Je faisais des journées de 50 ou 55 milles, j’ai même été jusque 60 milles. Cette seconde partie de course est longue… »

Bilan physique : « Quand je donne un coup de rame, ce n’est pas forcément aussi efficace que pour les garçons. C’est vrai que cette traversée est très physique, j’ai les mains vraiment gonflées et les fesses un peu abîmées mais dans l’ensemble ça va pas mal ».

Motivations : Lorsque j’ai vu Maud Fontenoy arriver de sa traversée de l’Atlantique nord, je me suis dis pourquoi pas moi ? Et je l’ai fait mais c’est vrai que la voile c’est sans commune mesure avec la voile, on fait beaucoup plus attention à l’état de la mer à l’aviron car c’est très technique. Si on plante mal la pelle le bateau part de travers. »

Didier Lemoine, Chef d’entreprise, 11ème position : 10° 19 N 29°W : 10 à 15 nœuds : « Il y a énormément de poissons autour du bateau mais je ne pêche pas, je me demande bien ce que j’en ferais… !! J’adore mes sardines et mon thon en boite. Je termine avec de la crème au chocolat et là c’est le bonheur. La palme revient aux salades en boites, j’adore. ». Un point de vue gastronomique qui laisserait le restaurateur Christophe Henry aux abois.

En attendant, bon dernier à quelques 500 milles derrière le premier, Didier Lemoine est e seul qui n’avoue pas de baisse de régime.


14 décembre : Romain Vergé toujours en tête de la course est conforté dans ses choix

Au terme d’un mois de mer, certains concurrents proposent un premier bilan stratégique. Il semble que les solutions les plus évidentes n’aient pas été les plus payantes. A l’avant Romain Vergé toujours en tête de la course et conforté dans ses choix, s’est offert une tranche de vie sociale…

Ce matin, Romain Vergé PARRAINER UN ENFANT était quelque peu débordé.

Un coup de fil de Laurent Ruquier pour une émission radiophonique, l’a cueilli au saut de la bannette. Chez lui, le soleil se levait, le lyophilisé du pti’t déjeuner mijotait et le gars se préparait pour sa matinée accroché aux avirons. Depuis le temps qu’il rame, il a oublié… l’effervescence, les mots, Ségolène et Nicolas, tout le grand Barnum terrien… « Il y avait un décalage énorme entre leur énergie et moi tout seul au milieu de rien…le soleil se levait, les dorades à mes côtés pour le premier bonjour du matin, alors forcément c’était étrange mais ça m’a fait vraiment plaisir de rire et de plaisanter avec eux ».

C’est vrai que lors des vacations avec les concurrents, les conversations tournent autour de leur bateau : le vent, les courants, les dorades, les requins…parfois leurs fesses attaquées aussi...Les seules nouvelles qui les intéressent sont celles des autres gabiers de la course. Ils finissent par avoir un fonctionnement fœtal ces rameurs. Physiquement ramassés, psychologiquement centrés, émotionnellement tendus vers la sortie…

C’est ainsi que lorsqu’on a débarqué, il était tourneboulé Romain. Il sortait de surboum…On l’a relancé sur les courants, les dorades. Il a mis du temps à se recentrer…

On a fini par apprendre que ce matin, il n’y avait ni vent ni courant portant : il n’avançait pas en somme. Mais lorsqu’il nous a avoué qu’il avait senti une odeur de pain grillé dans le cockpit, on a bien compris qu’il était perturbé…

Pour l’heure, Romain file vers Cayenne et compte bien optimiser son option sud. « A l’approche de la Guyane, il semble que je pourrai bénéficier de courants portants très forts ». Une route sud qui fait des émules. Patrick Favre SIMULFI.COM, qui pique également du nez depuis avant hier faisait un premier bilan. « La route surnommée nord était aussi celle la plus directe qui bénéficiait de vents plus soutenus ». Fort de son expérience de « voileux » Patrick comme nombre de concurrents ont cru en cette valeur or la rame à ses lois internes. « A postériori, je crois que Romain a eu la bonne réaction en descendant sud plus tôt. Maintenant je sais qu’ici au dessus de vingt nœuds, la mer devient croisée et le bateau n’a plus le temps de jouer sur son inertie. Il est tout de suite arrêté par une autre vague, ils ont plus facilement surfé au sud ». Une vacation pour un bilan stratégique et moral. « En participant à cette course, je suis venu me chercher, vivre des expériences nouvelles et voir comment je réagis dans des situations que je ne connais pas. C’est une expérience très dense mais c’est vrai qu’il faut en avoir profondément envie auquel cas ça se passe bien, s’il y a le moindre doute ça ne le fait pas. C’est quand même une course exigeante, il faut en passer du temps sur les rames ».

C’était quand même un peu la révolution ce matin à la vacation. Romain et son calme légendaire en verve, Patrick Favre et son optimisme forcené en pleine introspection… L’Atlantique à la rame ça vous change un homme.


13 décembre : Les solitaires luttent avec le contre courant équatorial

Les rameurs vont plus vite que prévu et la dernière partie de la course s’annonce très tactique. La négociation du contre courant équatorial sera décisive. Situé entre les latitudes 4°et 7°, le contre courant équatorial fait figure de bête noire des rameurs. L’important pour les concurrents de Rames Guyane est de le traverser au bon endroit.

Romain Vergé et Jo Le Guen ont décidé de prendre l’option sud. Un choix tactique qui leur impose une plongée vers le Brésil assez déroutante sur la carte.

Selon les routeurs des deux leaders il est impossible d’arriver plein ouest. Il faut descendre très sud jusqu’au centre des courants aux latitudes 3°ou 4° afin de « monter » sur le plateau continental et d’aller chercher une branche portante. En effet, ce courant se présentant comme une grosse boucle tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, ils devraient « remonter » sur Cayenne comme sur des roulettes.

Pour les nordistes, même si l’épreuve du courant n’est pas encore d’actualité, il va bien falloir l’affronter un jour ou l’autre. Pour Jean François Tardiveau actuellement en quatrième position et nordiste depuis le départ, la question reste épineuse. « Il faut cependant tout tenter. L’option nord est différente de celle de Romain et de Jo mais je crois que ça ne servirait à rien de vouloir les suivre. Ce serait l’échec à tous les coups. Il vaut mieux risquer le tout pour le tout ». Ainsi même si Jean François et Patrick Favre en troisième position mais également nordiste de la première heure commencent depuis hier à faire du sud ils ne semblent pas vouloir s’engager vers des latitudes aussi extrêmes.

A quelques milles derrière, les autres concurrents mangent leur pain blanc. Le grand huit est prévu pour les jours à venir…

Classement :
- 1er : Romain Vergé
- 2ème : Jo Le Guen
- 3ème : Patrick Favre
- 4ème : Jean François Tardiveau


12 décembre : Romain Vergé éprouvé et Jo le Guen en plein affrontement

Tous les concurrents vont devoir traverser le redouté contre courant équatorial. Un courant comme son nom l’indique dans le nez du vent et des bateaux, responsable d’une houle anarchiste et probablement fatal lors du chavirage d’Emmanuel Coindre. Un passage difficile qui laisse aujourd’hui Romain Vergé éprouvé et Jo le Guen en plein affrontement. Derrière, sudistes et nordistes se préparent à la guerre. Personne ne pourra y échapper.

Depuis quatre jours, Romain Vergé faisait route vers Récife. Une option extrême sud qui laissait les terriens perplexes d’autant que le leader, ralenti dans sa progression, voyait son avance fondre au soleil. « Je traversais le contre courant équatorial. Je crois qu’il constitue la plus grosse difficulté du parcours, encore plus difficile que lorsque nous avons dû faire de l’ouest au départ pour nous éloigner des côtes alors que nous avions du vent de nord. ». Romain semblait aujourd’hui confiant et espérait en sortir dans la soirée. « Ce courant très fort, opposé au vent entraîne une mer désordonnée et dangereuse ». Emmanuel Coindre, qui avait chaviré il y a 6 jours, en a tristement fait les frais. Plus chanceux, Romain n’était pas mécontent de s’en échapper. « J’ai bien encaissé physiquement mais ces derniers quatre jours furent éprouvants. On n’avance pas dans ces courants, c’est horrible psychologiquement, on a l’impression que le bateau est ventousé. Pendant deux nuits j’ai littéralement dérivé plein sud mais dès aujourd’hui je repars vers l’ouest ».Derrière lui, Jo Le Guen semblait lui aussi, pris au piège. Idem pour Jean Pierre Lassalarié qui entrait par la petite porte dans le champs de mines.

Pour les nordistes, il semble que le plus difficile reste à venir. Patrick Favre, actuellement en troisième position mais premier de la bande des nordistes partait au front dès ce matin. « Je descends déjà » mais restait positif sur son option nord. « L’idée de départ était de bénéficier de conditions plus ventées du nord mais c’est vrai qu’on n’avait pas prévu l’orientation des vagues, on a eu une mer plus difficile à négocier la haut mais lorsque l’on a pris une option il faut aller au bout. Maintenant quoi qu’il en soit il va falloir affronter le courant et il vaut mieux le faire maintenant ». La semaine à venir et la négociation de ces courants risquent d’être décisive pour le classement.


11 décembre : Jo Le Guen revient à 38 milles de Romain Vergé

Rames Guyane est toujours menée par Romain Vergé, Jo Le Guen et Patrick Favre. Le leader sur PARRAINEZ UN ENFANT continue sa piquée « plein sud » entamée au passage précis de la mi-parcours pour aller chercher des veines de courants au large du Brésil. Jo Le Guen - L’homme ou le marchéle suit à la trace, à 60 milles dans son nord tandis que Patrick Favre - Simulfi.com continue de progresser dans son « option est ».

Jean-François Tardiveau - EASYDENTIC , en quatrième position, constate qu’il a perdu quelques milles sur Patrick Favre et s’impatiente : « Je ne comprends vraiment pas, il doit y avoir quelque chose coincé dans la dérive, le bateau n’avance pas comme d’habitude. Cet après midi, j’arrête le canot, je me harnache, et je plonge pour aller voir ; c’est pas normal que les autres continuent d’avancer et pas moi ». Mais le moral tient bon, et il annonce avec une précision d’horloger : « ce soir à 18h, ce sera la moitié du parcours pour moi. C’est bon car maintenant, je vais compter dans l’autre sens ! ».

En sixième position, Jean-Pierre Lacroix - IBIS ROUGE dépasse de 8 milles son objectif quotidien fixé à 50 milles. Son plaisir semble aller grandissant à mesure qu’il se rapproche de ses terres guyanaises. Il commente la nourriture de ces derniers jours : « Plutôt qu’ajouter l’eau chaude directement dans le sachet de lyophilisé, je viens de découvrir que c’était meilleur de verser le contenu dans un bol de manière à récupérer les épices qui se trouvent souvent au fond du sachet. Comme ça, c’est meilleur ! ». Voilà qui met un peu de piquant dans la vie du bord !

A trente mille derrière, Sophie Macé - LE KOONAK avale 60 milles en 24 heures et signe la plus belle performance de la journée de dimanche. Elle reprend des milles sur l’ensemble de la flotte et défend sa septième position. Elle commente ses prouesses en indiquant des conditions de navigation idéales : « C’est la mer comme j’aime, tout est calé, je prends beaucoup de plaisir à descendre les vagues ». Ses efforts sont d’autant plus remarquables que Sophie souffre des mains depuis quelques jours : « Mes mains sont en train de gonfler. Le problème c’est que je n’ai pas mal en ramant, mais plutôt quand j’arrête de ramer. La nuit, c’est terrible, les brûlures me lancent de manière insupportable. Je suis obligé de poser mes mains enflées sur une bouteille d’eau pour les refroidir. Le matin, j’ai du mal à bouger mes doigts ». Lorsqu’on interroge Sophie sur la manière dont elle panse ses blessures, elle ironise : « Moi, l’ancienne infirmière, les bobos, je les soigne d’abord avec du mépris. Les anti inflammatoires, c’est pas mon truc ».

Légèrement en retard sur le reste de la flotte, Didier Lemoine - AMC EUROPE réussi néanmoins à reprendre du terrain sur ses cibles les plus proches : Henry, Lasalarié et Djeddi. Un peu en retrait dans l’est, il bénéficie sans doute de plus de vent favorable que ses rivaux.

Néanmoins, on se rappelle qu’il doit faire avec une embarcation privée de safran depuis plus d’une semaine. Il nous indique « Je dois d’abord positionner mon bateau dans le sens de la houle, ce qui nécessite d’être précis aux avirons, ensuite, il ne me reste plus qu’à ramer normalement ». Et les problèmes de fessier, comment les affronte-il ? « C’est vrai qu’on est assis les quatre cinquième du temps. Sinon, on est accroupi ou allongé ce qui laisse peu de possibilités pour se dégourdir les jambes. Alors de temps en temps, je me lève et je fais le tour du cockpit en marchant, ça fait circuler le sang ».

Classement le 11/12/06 à 11h UT :
- 1. Romain Vergé - PARRAINEZ UN ENFANT à 1080 milles de l’arrivée
- 2. Jo Le Guen - L’HOMME OU LE MARCHE à 38 milles du premier
- 3. Patrick Favre - SIMULFI.COM à 54 milles
- 4. Jean-François Tardiveau - EASYDENTIC à 70 milles
- 5. Philippe Soetaert - CELINE à 84 milles...


Dimanche 10 décembre : Romain Vergé, toujours en tête, prend une route très sud

La compétition bat son plein aux avant-postes. Romain Vergé, toujours en tête, semblait prendre une route très sud tandis que le groupe de nordistes gardait le cap et leur choix tactique malgré une mer moins facile à négocier. A quelques milles derrière, les préoccupations semblaient plus intérieures…

« Je n’arrive pas à pêcher les dorades car elles sont devenues mes copines, elles sont une dizaine et me suivent depuis déjà un bout de temps alors maintenant je vais avoir du mal à les manger ». Christophe Henry LE MACAQUE est un sensible. C’est lui qui le dit. « C’est vrai que je suis très émotif mais l’épreuve de Rames Guyane est vraiment psychologique…il ne se passe pas un jour sans que je pleure, notamment lorsque je parle à mes proches et pourtant cette aventure est extraordinaire. J’ai l’impression d’aller au bout de moi même, c’est une chose impensable de nos jours de se retrouver près de 60 jours en mer sans voir personne ».

Pour Christophe, l’objectif est d’arriver en Guyane dans les temps du classement. En aucun cas, la compétition n’est sa priorité. Et malgré un début de course difficile, il semble avoir enfin trouver son rythme de croisière. Entre ses neuf heures de rame quotidienne et ses préparations de repas, le restaurateur du nord s’improvise plongeur. « J’ai pris ma caméra étanche et je suis parti filmer sous l’eau. Je me suis alors retrouvé avec une dizaine de poissons derrière moi, c’était magique ». Une plongée bénéfique pour le moral du skipper et pour la bonne marche du bateau. « La coque était envahie par les anatifes. J’ai réussi à les enlever avec un racloir et je vais recommencer l’opération régulièrement parce que ça frêne considérablement le bateau ».

Christophe, actuellement en 10ème position, est un de ces explorateurs de Rames Guyane. Père de trois enfants, restaurateur dans le nord, il a décidé un beau jour de participer à cette course. « La traversée est un peu l’aboutissement d’un an de préparation. La première des aventures fut de construire seul le bateau ».

Pour Christophe comme pour Sophie Macé LE KOONAK, Jean Pierre Lassalarié CROKIGNOL, Jacques Djeddi DEFI RETAIS, Jean Pierre Lacroix IBIS ROUGE et Didier Lemoine MERCATOR II, ce fut le grand saut vers l’inconnu. Et pour la plupart d’entre eux la compétition bien que présente n’est pas toujours au centre de leurs préoccupations.

En revanche pour quelques régatiers, c’est la bataille…Patrick Favre SIMULFI.COM est un acharné et pour lui, chaque mille gagné sur le concurrent est enregistré. « Aujourd’hui j’ai fait 6 milles de mieux que Jean François Tardiveau, 2 milles de mieux que Jo Le Guen, 4 de mieux que Romain…. ». Ca ne rigole pas sur l’Atlantique. Pour Patrick rien n’est joué d’autant qu’il a, depuis quelques jours, volé la troisième place à Jean François Tardiveau EASY DENTIC. Sur une route plus nord que les deux premiers, il suffit, selon lui, de deux jours de calme pour que Romain soit « rattrapable ». En attendant de traquer Romain Vergé, le point de mire de SIMULFI COM se nomme Jo. Mais à 25 milles devant Patrick Favre, Le Guen ne semblait pas vouloir baisser les bras. A son programme, une heure de rame, une heure de repos la nuit, un petit vrai somme à l’aube avant de réattaquer une journée aux avirons, Jo surnommé le « Menhir » ne va pas être un candidat facile. Secondé dans son parcours par le routeur Pierre Lasnier, Jo qui a choisi une option plutôt sud conduit la machine sans état d’âme. « Je ne discute pas avec mon routeur, il m’envoie les waypoints et j’exécute. Lui il a 25 ordinateurs et toutes les analyses des données. Il m’a déjà routé deux fois, il connaît bien les traversées à la rame ». La tête dans le guidon et l’estomac bien accroché il file droit devant « Je mange 20 ou 25 barres de céréales par jour et 4 ou 5 lyophilisés. Tout va très bien ».

A quelques milles derrière, changement dediscours. Jean Pierre Lacroix, sacré meilleur pêcheur de la traversée hésitait entre le thon rouge au court bouillon ou à la tahitienne. Christophe filme la faune aquatique, Sophie Macé invente le premier four solaire…

Comme le disait Michel Horeau « A chacun sa traversée »…

Classement :
- 1et Romain Vergé
- 2ème Jo Le Guen
- 3ème Patrick Favre
- 4ème Jean François Tardiveau

Mots-clés : Rame • Aviron de Mer

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Transat AG2R La Mondiale
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Depuis l’arrivée de Cercle Vert hier dans la soirée, un flot ininterrompu de Figaro s’est engagé dans le port de Gustavia à Saint-Barthélemy. Rarement dans l’histoire de la course autant de bateaux sont arrivés en si peu de temps. Derrière Cercle Vert et Nacarat, le formidable duel entre Banque Populaire et Skipper Macif n’était que l’apéritif du festin qui s’annoncait somptueux. Durant 6 heures, c’est une moyenne d’un bateau toutes les 30 minutes qui se présentait sur la ligne. Un rythme effréné qui contribue aussi au succès de cette édition car les spectateurs ont pu bénéficier de ces moments uniques. Les arrivées se sont succédé au fil de la nuit et désormais seuls 2 Figaro restent encore en course à savoir, Armor-Lux / Père Loustic / Clown à l’Hôpital et Hôtel Emeraude Plage Saint-Barthélemy.
lundi 14 mai • Information Transat AG2R : Ce n’est pas un dimanche à la campagne mais bel et bien un dimanche au port que les Saint-Bart ont vécu en cette journée de dimanche après-midi. C’est à l’heure du goûter à Saint-Barthélemy que Cercle vert a ouvert le grand bal des arrivées de la Transat AG2R LA MONDIALE. Il faisait déjà nuit en France, mais c’est sous le soleil et de jour que Gildas Morvan s’est (...)
Après avoir quitté Tahiti pour rejoindre Santiago du Chili, Moz a enchaîné directement sur Antofagasta, jolie petite vague Chilienne pour un GQS 6 Stars doté de 40.000$ de prix. Avant la grosse épreuve Grand Slam d’Arica (Chili) qui va commencer dans quelques jours. En quittant Papeete où il a eu l’occasion de profiter en free-surf d’une houle divine, l’envie de (...)
Pendant plus de 24h, les skippers Macif ont été à lutte, bord à bord, avec Jeanne Grégoire et Gérald Véniard. Après trois semaines de course et un Atlantique dans leur sillage, ils ont conclu cette Transat AG2R LA MONDIALE par un mano a mano d’une rare intensité et accrochent la 4ème place, à 1’36 du podium ! Il a fallu aller la chercher loin, très loin cette 4ème place ! Paul (...)
Au terme de 22 jours 11h 37mn et 24s de course à la vitesse moyenne de 7,21 nœuds, Jeanne Grégoire et Gérald Véniard ont franchi cette nuit la ligne d’arrivée de La Transat AG2R LA MONDIALE à Saint-Barthélemy, à 00h37mn24s, heure française. Le Figaro Banque Populaire prend la 3ème place de l’épreuve devant Skipper Macif 4ème à 1mn38. C’est à la lueur des derniers (...)
Il était exactement 23h10’08’’, heure française, dimanche soir, lorsque Erwan Tabarly et Eric Péron ont franchi la ligne d’arrivée dans le port de Gustavia à Saint Barthélémy. Le duo de Nacarat boucle le parcours de 3890 milles de la Transat AG2R La Mondiale entre Concarneau et Saint Barthélémy en deuxième position après 22 jours 10 heures 10 minutes et 8 secondes (...)
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