samedi
9
décembre
2006

RAMES GUYANE • S3 : Grosses frayeurs pour Soetaert et Lacroix • Romain Vergé approche de la mi-parcours • Emmanuel Coindre chavire en tête

9 décembre : Grosses frayeurs sur l’Atlantique. Philippe Soetaert CELINE se remet doucement d’une mauvaise chute dans le cockpit de son bateau pendant que Jean Pierre Lacroix IBIS ROUGE joue les acrobates sur les vagues. Il s’en est fallu de peu…

Trois jours après Emmanuel Coindre, une mauvaise vague a essayé de désarçonner Jean Pierre Lacroix IBIS ROUGE « Je me préparais pour ma journée de rame et c’est là qu’une vague croisée a failli me faire chavirer. Le panneau était exceptionnellement ouvert puisque je sortais de la couchette et tout a été très vite. Je me suis retrouvé à l’extérieur, accroché au franc bord et les fesses dans l’eau mais c’est peut être ce qui m’a sauvé puisque c’est grâce au contre poids que le bateau s’est redressé. Je me suis vraiment fait une grosse frayeur mais c’est fini, je passe à autre chose ». Actuellement en sixième position, Jean Pierre a eu chaud.

Il semble que les concurrents traversent une zone de forte houle formée par la présence d’un contre courant équatorial. Pour certains marins de la course, la mer est loin d’être démontée mais il semblerait qu’à la rame sur des canots de huit mètres les conditions soient redéfinies. « On ne représente rien sur la mer, on est tellement petits, fragiles et bas sur l’océan... Une mer simplement un peu grosse devient, pour nous, dangereuse. »

A quelques milles Philippe Soetaert, CELINEétait couché au fond de sa bannette. « Une vague plus grosse que les autres est venue frapper le bateau, je me suis retrouvé projeté dans le cockpit très violemment ».

On se souvient que Philippe souffrait d’une côte fêlée depuis le départ. Cette seconde chute a, pendant quelques heures, entamé le moral de ce navigateur émérite. Heureusement de bons anti-inflammatoires et une volonté de fer lui ont permis de reprendre le dessus. Ce matin, il affirmait se sentir mieux. « Je peux de nouveau bouger ».

Les concurrents de Rames Guyane payent le prix fort, le passage de la mi-parcours.


8 décembre : Romain Vergé approche de la mi-parcours

Les jours filent et se ressemblent pour les onze concurrents encore en course. Suite au chavirage d’Emmanuel Coindre, ils accusaient une baisse de moral. Heureusement, l’approche du passage symbolique de la mi-parcours galvanisait les troupes.

Comme le disait Jo Le Guen, « C’est hallucinant cette quantité de flotte. Sur Google tu traverses l’océan en deux clics de souris mais quand t’es là au milieu c’est colossal…. », alors pour le traverser le plus rapidement possible, cet océan, ils rament dix heures par jour…Ils s’extraient du boyau qui leur sert de nid, se préparent un petit lyophilisé et se mettent à l’ouvrage…Quelques heures plus tard, les fesses en feu, le cuir endurci et la peau tannée, ils s’écroulent d’un seul œil, histoire de ne pas prendre une mauvaise vague. Il paraît qu’elles font souvent entre quatre et cinq mètres. Des murs d’eau en somme. Parfois, un requin, un globicéphale ou une bande de dauphins viennent leur rendre une petite visite, ça met un peu d’animation mais dans l’ensemble ils peinent.

Alors quand ils arrivent à la mi-parcours, c’est un peu la fête. Sur le terrain ça ne va pas bouleverser leur quotidien mais sur le papier ça change tout. Ce matin Jacques Djeddi s’impatientait « Mercredi je serais à la moitié du chemin, j’aurais gravi la montagne, c’est incroyable comme je me languis d’arriver sur cette crête. Je vais mettre la première carte de côté et prendre enfin la deuxième ». Ils ont besoin de repères.

Et ce passage symbolique est devenu le graal de la semaine. C’est Romain Vergé PARRAINER UN ENFANT qui est à l’origine de ce remue ménage sur l’Atlantique. Dès demain il sera le premier à poser son drapeau. « C’est un peu comme si on atteignait le sommet d’une montagne. Une fois que tu es arrivé en haut, il reste la descente. » on lui fait confiance pour y aller tout schuss. « C’est une étape importante. La première semaine ce fut difficile physiquement, la seconde moralement, la troisième fut une sorte de période transitoire. Lorsque je vais passer de l’autre côté, ce sera vraiment fort, je regarderai derrière, il va simplement falloir que je gère correctement le contre courant équatorial ».

Même regard tourné vers l’arrivée pour Jean Pierre Lassalarié CROKIGNOL. « Mon objectif est d’arriver la première semaine de janvier ». On l’aura compris, la traversée de l’océan Atlantique à la rame, c’est une expérience extraordinaire mais ils seront bien contents d’arriver. « J’y passerais pas un an tout de même « ajoutait Jean Pierre. En attendant l’heure du ti-punch et des steacks frites, Jean Pierre jetait son dévolu sur une dorade « Je l’ai mangé en deux fois. Le midi, à la japonaise, avec de la moutarde et de la sauce soja, le soir selon une recette guyanaise au court bouillon, parce que c’est vrai que les lyophilisés moi je n’aime pas ça du tout ».Sachant qu’il lui reste encore plus de milles à parcourir, il devra pourtant encore y goûter, à moins qu’il ne se mette à pêcher quotidiennement…Et si tout va bien, pendant les fêtes de fin d’année, en mettant pied à terre sur le sol guyanais il pourra, comme tous ses collègues de rame, s’exclamer Veni, vidi, vici.


7 décembre : Emmanuel Coindre lundi à Madère • Romain Vergé nouveau leader

Actuellement à bord de la frégate « Germinal », Emmanuel Coindre qui a chaviré avant hier devrait arriver à Funchal sur l’île de Madère lundi en fin de matinée. Pendant les vacations les questions de sécurité étaient à l’ordre du jour.

Interviewé hier par l’organisateur de la course Michel Horeau, Emmanuel s’expliquait. « J’ai pris une mauvaise vague d’au moins six mètres au mauvais endroit. Quand je l’ai vu arriver j’ai su que j’allais au tas. J’ai été projeté violemment à l’eau, mais je n’ai pas été assommé et j’ai alors nagé jusqu’à mon bateau retourné. ». Malgré tous ses efforts, il n’a malheureusement pas réussi à le redresser. « J’ai tout tenté mais les panneaux étaient ouverts ainsi que les hublots d’aération de l’arrière ». Emmanuel qui avait pris la tête de la course depuis le départ, avait, hier, du mal à réaliser ce mauvais coup du sort. « Je suis très ému, j’ai longuement préparé cette course et c’est une épreuve très difficile ». Seule consolation, le commandant Ferragu a décidé de récupérer son bateau LADY GINIE

Romain prend la tête de la course. Mis au courant par vacation, tous les concurrents accusaient le coup.

Romain Vergé, PARRAINER UN ENFANT qui récupérait ainsi la première place insistait sur la fragilité de leur situation « Moi aussi, je navigue souvent les panneaux ouverts et je sais que ce n’est pas prudent. Ca aurait pu m’arriver d’autant que je naviguais dans les parages. Il faut rester vigilant ». En attendant Romain auteur d’une première partie de course exemplaire se trouvait à 65 milles nautiques devant de Jo Le Guen.L’HOMME OU LE MARCHE.

Depuis plusieurs jours, Jo Le Guen était au coude à coude avec Jean François Tardiveau et Patrick Favre. Il est passé depuis hier de la quatrième à la seconde position. Une motivation qui ne laissait pas Romain de glace. « Jo revient comme une fusée, il faudra que je me méfie »

Emmanuel ayant chaviré, il est vrai que Jo Le Guen devient le rameur de la course le plus titré. Auteur de quatre traversées océaniques à la rame, il connaît bien, lui aussi, les dangers d’une telle épreuve.

Des vagues énormes Hier, à la vacation, il avait des sanglots dans la voix. « C’est trop dur, il était devant et je voulais me mesurer à lui à la régulière mais ça peut nous arriver à tous. C’est pas de la rigolade ce qu’on fait. On a souvent des vagues de quatre ou cinq mètres, et parfois certaines sont vraiment énormes ».

Tous les concurrents sont unanimes, la houle croisée est véritablement le danger majeur. « Le vrai risque c’est quand tu rames » ajoutait Jo Le Guen. « Quand on part au surf, on ne peut pas empêcher le bateau de se mettre à 30 ou 40° de la vague et si derrière il y en a une plus grosse que les autres qui déboule, t’es mort ». Pour autant Jo avoue ne pas fermer ses panneaux lorsqu’il rame « Si tu fermes tout tu crèves, il fait trop chaud ». Pour Romain Vergé, PARRAINER UN ENFANT, la navigation se fait également toutes fenêtres ouvertes

Pour certains concurrents, pas question de prendre le moindre risque. C’est ainsi que chez Jacques Djeddi, DEFI RETAIS, Christophe Henry LE MACAQUE, Sophie Macé LE KOONAK ou Didier Lemoine MERCATOR II « Tout est fermé lorsque je suis à l’extérieur. Un jour, je faisais la cuisine avec les panneaux d’aération ouverts lorsqu’ une vague est entrée. J’ai eu quinze litres d’eau d’un coup. Depuis je ferme tout » expliquait Christophe Henry. Maître mot du jour, la sécurité était au centre de toutes les préoccupations. « Je mets mon harnais le plus souvent, si on se fait éjecter, c’est sûr que l’on peut nager facilement vers un bateau retourné, ce n’est pas pareil pour un bateau resté à l’endroit et qui dérive ».

Classement :
- 1 - Romain Vergé
- 2 - Jo le Guen
- 3 - Jean-François Tardiveau


6 décembre : Emmanuel Coindre a chaviré puis a été secouru par la Marine Nationale

En tête de la course depuis le début de la course, Emmanuel Coindre a chaviré hier à 13H00 TU. Il se trouve actuellement à bord de la frégate de la marine nationale « Germinal ».

Hier, à13H00 TU, une vague latérale, c’est à dire à 90% de l’axe du vent a fait chavirer LADY GINIE, le bateau d’Emmanuel Coindre.« Quand je la vois, je sais que je vais aller au tas. ». Il tombe alors à la mer et le bateau se couche sur le côté. Hélas, le panneau est ouvert, le petit aérateur également et l’eau envahit le compartiment arrière. Fait aggravant, Emmanuel a matossé à l’arrière, le canot ne se redresse pas. Il réussit à plonger pour récupérer sa balise et le CROSS est alerté. L’équipe de recherche le localise rapidement. Fort heureusement une frégate de la Marine Nationale se trouve à moins de trente milles. Trois heures plus tard Emmanuel Coindre est à bord du « Germinal ».

Heure par heure

14h34 : la balise Argos d’Emmanuel Coindre se déclenche en mode assistance.

Le centre de Collecte et de Localisation Satellite (CLS Argos ) à Toulouse informe qu’il faut attendre confirmation du mode assistance de la balise.

16h : CLS Argos confirme que le skipper a confirmé a demandé de l’aide en enclenchant une nouvelle fois le mode assistance de sa balise.

18h : Michel Horeau, organisateur de la course prend contact avec le Cross Gris Nez (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) chargé d’organiser les secours des navires français dans les eaux internationales.

Il est immédiatement demandé au Columbus de rejoindre la zone. Il se trouve à plus de 200 milles de la position d’Emmanuel Coindre.

19h Le Cross Gris Nez localise un navire de la Marine Française. La frégate Germinal se trouve à 30 milles dans le sud du navire d’Emmanuel. La balise continue de transmettre les positions correctement. L’organisation lève aussitôt le secret des positions pour qu’elles soient directement transmises vers la frégate.

A 20h La frégate informe qu’Emmanuel Coindre a été secouru. Il est sain et sauf et se trouve bord du navire. Celui-ci reste sur zone pour tenter de récupérer le bateau. Après quatre tentatives, Lady Ginie est finalement déposé sur le pont de la frégate à 1h du matin.

Entre temps, à 23h45, Michel Horeau peut prendre contact avec Emmanuel qui explique qu’il a chaviré. Une vague de 7 mètres l’a surpris par le travers alors que la situation météo était clémente (20 nœuds de vent). Il donne également les éléments suivants :

Le panneau du compartiment avant (stockage) était grand ouvert

Les petits hublots d’aération de la cabine arrière étaient ouverts

Du matériel avait été déplacé à l’arrière du navire pour matosser (l’alourdir).

Lorsque le bateau s’est couché sous l’influence de la vague, le matériel chargé à l’arrière s’est déplacé sur le côté, empêchant l’embarcation de se redresser, et lui permettant de se remplir d’eau. Emmanuel, projeté à la mer, n’a pas eu le temps de fermer les capots. Il a rapidement compris que plus rien ne pouvait être fait et il a déclenché le mode assistance de sa balise Argos.

La frégate Germinal fait actuellement route vers le nord avec le rescapé.

Il expliquait son chavirage dans un mail ce matin : "Juste après ma vacation avec mes parents, à peine 10 minutes après avoir repris les avirons, aux environs de 13H30 (H. françaises) j’ai pris une vague pyramidale sur le côté. Comme c’était toujours un régime de vent de Nord/Est, 15 à 20 noeuds, je ramais 3/4 ou travers aux vagues pour attaquer au maximum, pour mieux passer les vagues, comme j’ai toujours fait avec mon ancien petit canot. Je l’ai vu arriver cette vague pyramidale, une grosse vague raide qui a claqué juste sur nous, je n’ai rien pû faire, je l’ai pris sur le côté. Le bateau s’est carrément couché, violemment, et j’ai été éjecté hors du bateau (c’est dire la force de cette vague, j’ai même cru que mon bateau était cassé), la soute à l’avant était ouverte (le panneau derrière moi) et il a commencé à se remplir au niveau de la soute. Je suis revenu très vite sur le bateau, complètement couché sur le côté, il y avait aussi un petit hublot de la cabine qui était ouvert, l’eau s’y est engouffrée doucement, et je n’ai jamais réussi à le remettre à l’endroit. Ca va vite, trop vite. Impossible de le bouger, à l’envers, et aucune autre vague pyramidale pour m’aider dans la manoeuvre. Quand j’ai compris que je n’y arriverai plus, j’ai plongé sous le bateau, ouvert le panneau de ma cabine pour prendre ma balise de détresse et ce que je pouvais prendre, et je suis remonté sur le bateau à l’envers, resté tout l’après-midi et une bonne partie de début de nuit à attendre les secours. J’ai déclenché ma balise, voila, il n’y avait pas d’autre solution. Je suis naturellement plus que désappointé, mais je vais bien, et c’est l’essentiel. Le navire « Germinal » de la marine nationale, qui faisait route vers Madère, est venu sur moi, à la nuit. J’ai expliqué au capitaine mon histoire, j’ai été réconforté, soigné, ensuite on verra à l’aube ce que l’on fait avec mon bateau, puisqu’ils restent sur zone pour la nuit."


5 décembre : Un groupe de 4 chasse les deux leaders avec 60 milles de retard après plus d’un tiers du parcours sous les rames

La flotte se sépare en trois : En tête deux avions. Quelques milles derrière quatre marins émérites et enfin les six explorateurs qui ne savaient pas où ils mettaient les pieds…Sur la carte ils ont parcouru un gros ou petit tiers du parcours selon les cas.

Les deux avions ce sont Emmanuel Coindre LADY GINIE et Romain Vergé PARRAINER UN ENFANT. Ils devaient s’être attachés aux avirons ce matin, on ne pu les contacter pendant la vacation. A soixante milles du second, soit une grosse journée de mer, quatre furieux se tiennent dans un mouchoir de poche. Jean François Tardiveau EASY DANTIC Patrick Favre SIMULFI.COM ; Jo le Guen L’HOMME OU LE MARCHE et Philippe Soetaert CELINE sont dans un périmètre de 10 milles nautiques.

Philippe Soetaert que l’on ne réussit à contacter que très rarement affichait une belle sérénité « Je fais une route plus directe que les autres, c’est vrai qu’au sud ils ont des vagues plus faciles pour le surf alors qu’ici on a une mer croisée mais je garde mon option ». Il impressionne Philippe d’autant qu’au départ de Saint Louis il s’était fêlé une côte. Un handicap sérieux pour ramer qui ne l’a pas empêché de s’imposer dans le groupe des « furieux ».

Depuis le départ, il ne s’étend pas. Aucune plainte, aucun palabre, il s’en tient aux faits, rien qu’aux faits ; huit heures de rame par jour, pilote automatique la nuit, 2 heures sous la lune. « Je rame, je dors, je mange ». Sobre mais efficace…

A quelques encablures, Jean François Tardiveau a lui aussi un discours de loup de mer : « Ils déboulent derrière, mais je ne vais pas me laisser faire. Ca m’amuserait de les avoir à vue et quand ils arriveront au ras de mon tableau c’est là que je mettrais un coup d’accélérateur ». Ils ne sont pas là pour rigoler les gabiers…Il faut dire que ces quatre là ont quelques milles au compteur. Jean François était commando de marine, Philippe Soetaert est un vieux briscard avec à son actif une whitbread, plusieurs saisons de course du RORC, une expédition au Groënland et plusieurs convoyages, Patrick Favre comptabilise une transat anglaise, une route du Rhum, un grand prix des multicoques et de nombreuses transats quand à Jo Le Guen et ses quatre précédentes traversées océaniques à la rame on ne le présente plus.

Derrière, six explorateurs ferment la marche. : Jean Jacques Lacroix, IBIS ROUGE ; Jean Pierre Lasalarié CROKIGNOL ; Jacques Djeddi DEFI RETAIS ; Sophie Macé LE KOONAK ; Christophe Henry LE MACAQUE et enfin Didier Lemoine MERCATOR II.

Ils se sont lancés dans l’aventure les yeux grands ouverts et le cœur bien accroché. Jean Yves Terlain, skipper du bateau accompagnateur le Colombus les suit de près. « Nous avons vu Didier hier et nous faisons actuellement route vers Christophe Henry. Ils semblent tous très sereins. Les premiers jours n’ont pas été faciles pour certains mais maintenant on ressent une quiétude générale. Même Didier Lemoine qui a perdu son safran ne s’affole pas ».

Une sérénité confirmée par Christophe Henry : C’est vrai que j’ai eu un gros passage à vide mais je me suis ressaisi. J’ai maintenant l’impression de vivre un rêve et j’ai beaucoup de messages qui me le confirment. Certaines personnes m’ont avouées être droguées au site de Rames Guyane et suivent notre vie à bord tous les jours ». Au programme : 10H de rames par jour, repos et gastronomie. « Aujourd’hui, j’attaque le risotto aux cèpes, demain celui au safran. Sinon le lyophilisé qui marche pas mal c’est le hachis Parmentier ».

Chez son voisin Jean Pierre Lacroix c’était carrément bamboche. « La dernière fois j’ai pêché un thon rouge de trois kilos. Je l’ai mangé dans la journée, cru avec du citron. Ca fait du bien du frais parce que j’en ai un peu marre du lyophilisé et il ne me reste plus qu’une pomme et une orange. Je les regarde tous les jours…

CLASSEMENT :
- 1 : Emmanuel Coindre : LADY GINIE
- 2 : Romain Vergé : PARRAINER UN ENFANT
- 3 : Jean François Tardiveau : EASY DANTIC
- 4 : Patrick Favre : SIMULFI.COM


4 décembre : Emmanuel Coindre affole les compteurs, suivi de près par Romain Vergé

Emmanuel Coindre toujours en tête affole les compteurs, suivi de près par Romain Vergé. Derrière que ce soit pour les nordistes ou les sudistes, la course bat son plein. Et même s’il fait chaud, très chaud…que l’océan est grand …même si la rame c’est quand même un peu lent…et bien malgré toutes les souffrances, le plaisir s’intensifie. C’est eux qui nous le disent.

Ce qu’il y a de formidable avec Patrick Favre, quatrième au classement, c’est son enthousiasme. Entre deux vagues dans le nez et une petite baignade avec les requins, Patrick nous raconte son plaisir de surfer à la rame…Hier après midi j’ai surfé pendant cinq heures et je ne pouvais plus m’arrêter. C’est un peu comme si on avait mis des piquets sur les vagues…J’ai des sensations quasiment semblables à celles que j’ai connu en 60 pieds. C’est vrai qu’on est à 2 nœuds mais comme on est au ras de l’eau, ça chauffe ». Des sensations qui lui ferait perdre le sens des limites « Je m’éclatais tellement que je ne pouvais plus m’arrêter » au grand désespoir de ses muscles qui réclamaient une trêve « c‘est vrai que le soir ça tirait dans les épaules. ».

Même si ce navigateur hauturier a quelques milles à son compteur, il découvre depuis le départ de Rames Guyane, une navigation qui lui impose un rythme très différent. Entre efforts et récupération tout est une question de dosage. « C’est comme quand tu cours, il faut gérer l’effort. Je sens que je n’exploite pas mon potentiel, le corps prend son rythme mais c’est aussi une question de technique. Il faut savoir gérer la vague intelligemment, il faut la piquer au bon endroit pour la redescendre le plus vite possible ».Il se régale, Patrick, et nous donnerait presque envie d’y être…Mais quand il nous raconte les requins, on fait moins les malins. « Je me suis mis à l’eau pour vérifier les appendices quand je me suis aperçu qu’il y avait des requins autour de moi… ! déjà que pour se mettre à l’eau dans les vagues de trois mètres il faut avoir le cœur bien accroché, alors là c’était chaud… »

A quelques milles plus au sud, Jo Le Guen, à la cinquième place fait de la politique. Interrogé par un journaliste lors des vacations, le citoyen Jo n’a pas démérité. « J’ai toujours ramé pour des idées. La première, c’était pour la société nautique des sauveteurs en mer, la deuxième pour la réinsertion des ex détenus, la troisième contre la pollution des océans ».Cette fois-ci son bateau s’appelle L’HOMME ET LE MARCHE, tout un programme. « La question est la suivante. On privilégie l’homme et son environnement ou bien une société de marché à tout prix ? Il n’est pas question d’être contre tout mais de créer un contre pouvoir ». En attendant le débat, Jo a chaud. Très chaud…Et mal aux fesses. « un vrai champ de ruine » nous décrit-il. Depuis toujours, Jo a le sens de la formule…

Juste derrière Jacques Djeddi se trouve, comme Jo, dans le groupe des sudistes. Pour ce sportif de haut niveau mais sans aucune expérience maritime, l’aventure est à la hauteur de ses rêves. « J’ai l’impression d’avoir été invité par la mer. Je fais corps avec l’élément. J’ai de la chance de ne pas souffrir de la chaleur, il est vrai que je suis kabyle, je suis un garçon du sud ».Jacques, actuellement en neuvième position, impressionne par sa capacité d’adaptation. La sérénité joue un rôle essentiel ». Ce que semble faire Jacques depuis le départ. A aucun moment, il ne semble avoir été en difficulté. Un esprit zen dans un corps sain, voilà sa philosophie Un corps sain et bien nourri. « Hier c’était dimanche et je me suis fait un petit repas pour l’occasion ». Au programme poulet et pommes de terre sautées, champignons de Paris, en boite, et pâtes en quantité. Un estomac plein dans un esprit sain….Le secret du rameur océanique…

Classement :
- 1 er : Emmanuel Coindre LADY GINIE
- 2 eme : Romain Vergé PARRAINER UN ENFANT
- 3 ème : Jean François Tardiveau SACO
- 4 ème Patrick Favre SIMULFI.COM
- 5 ème Jo Le Guen L’HOMME OU LE MARCHE


3 décembre : Didier Lemoine qui pointe en dernière position perd son safran

A la vacation du jour, Didier Lemoine - AMC EUROPE qui pointe en dernière position à près de 350 milles derrière E. Coindre signale un important problème matériel : « Hier matin en me levant, je me suis aperçu que le safran n’était plus là. J’avais bien entendu un bruit dans la nuit et je ne l’entendais plus couiner. Je ne sais vraiment pas comment cela a pu se produire ».

Selon ses explications, la pelle du safran s’est désolidarisée de sa mèche. Elle se serait décrochée sans doute à cause d’un problème d’oxydation des ferrures. Un comble pour cet artisan tôlier chaudronnier spécialisé dans l’art et la création et qui a lui-même usiné les pièces de son bateau. L’état de la mer que tous les skippers décrivent comme hachée, brisante, non régulière a peut être mis à mal le dispositif de direction. Didier déclarait ce matin : « J’ai l’impression de naviguer dans le Raz de Sein, les vagues sont croisées, la mer est en vrac ! ». Il hérite par conséquent d’un bateau beaucoup moins manoeuvrant. La suite de sa traversée n’en sera pas facilitée et l’approche des côtes guyanaises pourrait s’avérer délicate. Il a déjà trouvé la parade et se montre rassurant : « Je joue sur la profondeur de la dérive avant et le bateau se dirige relativement bien ». Il aura le choix de continuer avec ce système ou de réaliser un safran de fortune avec les matériels dont il dispose à bord. Rappelons que la course est sans assistance ; Didier ne pourra en aucun cas demander l’aide du voilier Columbus qui accompagne la flotte. Le voilier accompagnateur de Rames Guyane avait fait escale au Cap Vert pour se ravitailler et devait reprendre la mer ce matin. Columbus pourrait rapidement atteindre le bateau de Didier Lemoine mais, dans tous les cas, sa contribution devra se limiter au conseil, aucune aide technique ou matérielle ne pourra être fournie.

Le reste de la flotte se porte bien

Christophe Henry - LE MACAQUE pointe en onzième position et se veut rassurant. On assistait à sa perte de vitesse depuis quelques jours et il explique : « J’avais faim, mais je n’arrivais pas à avaler, je n’avais pas envie de manger. Mais ici, si on ne mange pas, on ne rame pas. C’est pour cela que j’ai perdu beaucoup de terrain. Mais c’est psychologique, et me voilà regonflé à bloc ». Le restaurateur de Terdeghem dans le Nord retrouve son appétit et compte bien se remettre à grignoter des places.

Les performances d’Emmanuel Coindre - LADY GINIE continuent d’étonner. Rebaptisé ‘l’extra terrien’ par Sophie Macé ou encore ‘E.T., l’objet flottant non identifié’ par Jo Le Guen, il domine toujours la flotte. Il gagne 5 milles sur Romain Vergé durant les dernières 24h et porte à 59 milles son avance sur le second. Jean-François Tardiveau - EASY DENTIC conserve sa troisième place mais devra se méfier de Jo Le Guen - L’HOMME OU LE MARCHE qui annonce une remontée offensive pour la semaine prochaine : « Favre sera difficile à avoir, Soetaert aura certainement un coup de barre ; mais le Tardiveau, je compte bien me le faire ».

Classement le 03/12/06 - 10h UT

- 1. Emmanuel Coindre – LADY GINIE à 1462 milles de Cayenne
- 2. Romain Vergé - PARRAINEZ UN ENFANT à 59 milles du premier
- 3. Jean-François Tardiveau - EASY DENTIC à 112 milles
- 4. Patrick Favre - SIMULFI.COM à 122 milles
- 5. Philippe Soetaert - CELINE à 126 milles
- 6. Jo Le Guen - L’HOMME OU LE MARCHE à 153 milles…

Mots-clés : Rame • Aviron de Mer

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Redaction SSS [Source info presse] : « C’est un travail très collaboratif, ce nouveau mât » explique Guillaume Verdier, architecte et maître d’œuvre de ce nouvel espar de 28 mètres. « La grande innovation est sa face arrière, avec un rail en carbone tissé en 3D à la manière des métiers à tisser Jacquard et qui participe aux efforts, à la différence d’un rail classique » résume l’architecte. "Cela (...)
mardi 15 mai : La 3ème édition de la régate « Tour Autour du Golfe » aura lieu samedi 23 et dimanche 24 juin 2012 au départ d’Arradon (56). Organisé par la Société des Régates de Vannes (S.R.V.), cet événement nautique devrait rassembler une centaine de dériveurs classiques et traditionnels (Guépards, Gazelles, 420…) pour 2 jours d’épreuves dans le Golfe du Morbihan. L’objectif est (...)
Dans la lignée de l’année passée, marquée par le chrono canon à plus de 30 nœuds de moyenne de Banque Populaire V, le rideau s’apprête de nouveau à se lever sur le 8ème Record SNSM riche en sensations du large et exploits sportifs. Du 1er au 5 juin prochains, on peut compter sur la bande des quatre MOD 70, ces multicoques océaniques tous identiques menés par des équipages de (...)
Vincent Riou a rallié hier en fin d’après-midi la ville de Barcelone, ville départ de l’Europa Warm Up (ex-Tour de l’Europe). Dernier grand rendez-vous avant le Vendée Globe, cette course réunit 7 monocoques dont un espagnol dirigé par Javier Sanso. Mais à quelques jours du coup d’envoi, c’est bien pour la première étape en équipage que Vincent se prépare. (...)
La flotte au complet des 6 Volvo Open 70 (après le retour aux affaires de Team Sanya) s’apprête à disputer, samedi, l’In-Port Race de Miami puis à quitter le lendemain les Etats-Unis pour gagner Lisbonne, dernière escale avant celle de Lorient (16 juin - 1er Juillet). Après 12 manches, 7 mois de course, plus de 33 000 milles parcourus - soit près de 85% de la route -, 4 (...)
Transat AG2R La Mondiale
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Depuis l’arrivée de Cercle Vert hier dans la soirée, un flot ininterrompu de Figaro s’est engagé dans le port de Gustavia à Saint-Barthélemy. Rarement dans l’histoire de la course autant de bateaux sont arrivés en si peu de temps. Derrière Cercle Vert et Nacarat, le formidable duel entre Banque Populaire et Skipper Macif n’était que l’apéritif du festin qui s’annoncait somptueux. Durant 6 heures, c’est une moyenne d’un bateau toutes les 30 minutes qui se présentait sur la ligne. Un rythme effréné qui contribue aussi au succès de cette édition car les spectateurs ont pu bénéficier de ces moments uniques. Les arrivées se sont succédé au fil de la nuit et désormais seuls 2 Figaro restent encore en course à savoir, Armor-Lux / Père Loustic / Clown à l’Hôpital et Hôtel Emeraude Plage Saint-Barthélemy.
lundi 14 mai • Information Transat AG2R : Ce n’est pas un dimanche à la campagne mais bel et bien un dimanche au port que les Saint-Bart ont vécu en cette journée de dimanche après-midi. C’est à l’heure du goûter à Saint-Barthélemy que Cercle vert a ouvert le grand bal des arrivées de la Transat AG2R LA MONDIALE. Il faisait déjà nuit en France, mais c’est sous le soleil et de jour que Gildas Morvan s’est (...)
Après avoir quitté Tahiti pour rejoindre Santiago du Chili, Moz a enchaîné directement sur Antofagasta, jolie petite vague Chilienne pour un GQS 6 Stars doté de 40.000$ de prix. Avant la grosse épreuve Grand Slam d’Arica (Chili) qui va commencer dans quelques jours. En quittant Papeete où il a eu l’occasion de profiter en free-surf d’une houle divine, l’envie de (...)
Pendant plus de 24h, les skippers Macif ont été à lutte, bord à bord, avec Jeanne Grégoire et Gérald Véniard. Après trois semaines de course et un Atlantique dans leur sillage, ils ont conclu cette Transat AG2R LA MONDIALE par un mano a mano d’une rare intensité et accrochent la 4ème place, à 1’36 du podium ! Il a fallu aller la chercher loin, très loin cette 4ème place ! Paul (...)
Au terme de 22 jours 11h 37mn et 24s de course à la vitesse moyenne de 7,21 nœuds, Jeanne Grégoire et Gérald Véniard ont franchi cette nuit la ligne d’arrivée de La Transat AG2R LA MONDIALE à Saint-Barthélemy, à 00h37mn24s, heure française. Le Figaro Banque Populaire prend la 3ème place de l’épreuve devant Skipper Macif 4ème à 1mn38. C’est à la lueur des derniers (...)
Il était exactement 23h10’08’’, heure française, dimanche soir, lorsque Erwan Tabarly et Eric Péron ont franchi la ligne d’arrivée dans le port de Gustavia à Saint Barthélémy. Le duo de Nacarat boucle le parcours de 3890 milles de la Transat AG2R La Mondiale entre Concarneau et Saint Barthélémy en deuxième position après 22 jours 10 heures 10 minutes et 8 secondes (...)
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