dimanche
2
janvier
2005

Ellen MacArthur autour du monde • J36 : 2 gros icebergs d’environ 20 mètres de long à 2 milles dans son nord

Le sponsor titre du trimaran est Castorama, un des leaders européens de la distribution de bricolage. www.castorama.fr

 

JOUR 36 : ICEBERGS DANS LE NORD DE CASTORAMA...

LES CHIFFRES AU JOUR 35 à 13 h10 GMT : 
- 2 jours 11 heures 49 minutes d’avance sur le record de F Joyon
- Latitude : 51 04 S
- Longitude : 179 W 
- Distance parcourue : 14, 774 milles à la vitesse moyenne de 17.4 nœuds

A 4h30 GMT ce matin, Ellen annonçait avoir vu 2 gros icebergs d’environ 20 mètres de long à 2 milles dans son nord (à ce moment précis, Castorama se trouvait par 50 58 S / 175 52 E) : « je peux les voir sur bâbord... C’est vraiment stressant. Il faut que je retourne sur le pont. Il ne me reste plus que 4 heures de jour. J’espère avoir passé le pire de cette zone... » De nombreux icebergs avaient été repérés par les concurrents du Vendée Globe dans la même région mais un peu plus au sud. Il y a deux semaines, le MRCC de Nouvelle Zélande avait d’abord alerté les organisateurs du Vendée Globe de la présence de glaces dans l’ESE de l’île Campbell sur plusieurs centaines de milles de longitude et de latitude. L’actuel leader du Vendée Globe, Jean Le Cam, fût le premier à relever des icebergs sur sa route. Quelques jours plus tard, Sébastien Josse (VMI) heurtait un growler (morceau d’iceberg) et cassait le bout dehors de son 60 pieds. L’ensemble de ces relevés a poussé Castorama a suivre une route plus nord ces dernières 48 heures. Cela n’a malheureusement pas empêché Ellen de voir deux icebergs sur une position très nord. Les prochaines heures s’annoncent particulièrement stressantes à bord du trimaran, alors que la nuit tombe sur cette partie du globe.

Depuis 19h00 GMT hier soir, Castorama affiche des vitesses supérieures à 20 nœuds dans un vent de SSW soufflant entre 20 et 26 nœuds. Ellen MacArthur a déjà parcouru 14640 milles à la vitesse moyenne de 17,4 nœuds depuis le départ de sa tentative de record en solitaire il y a 35 jours. Malgré cette bonne progression, Castorama commence à perdre quelques minutes sur le record de Francis Joyon. Son avance s’élève toujours à 2,5 jours mais sa route est actuellement plus nord que celle d’IDEC au même moment. Ellen MacArthur doit donc continuer sans relâche pour espérer battre le record de Francis Joyon, qui fut le premier à boucler un tour du monde en solitaire, sans escale, sur multicoque (en 72 jours, 22 heures et 54 minutes).

Elle doit en permanence repousser ses limites physiques et psychologiques tout en gérant au mieux son temps de sommeil et de repos. Le Dr Claudio Stampi, spécialiste en la matière, suit Ellen depuis 5 ans : « pour l’instant, je peux dire qu’elle fait du très bon travail du point de vue de la gestion du sommeil ». Ellen porte un bio-moniteur qui enregistre son temps de repos et ses dépenses énergétiques et qui envoie les données au Dr Stampi pour analyses. Ces cinq derniers jours, Ellen a dormi en moyenne 6 heures par 24 heures. Le miminum qu’elle ait dormi depuis le départ est 1h32, le 28 décembre, lorsque Castorama affrontait son 3e coup de vent successif. En solitaire, les marins dorment par « siestes » de 10, 20, 30, parfois 40 minutes. Mais dans les conditions difficiles de vent et de froid, il est évidemment beaucoup plus difficile de s’endormir et avec les vents instables et les fortes rafales qui vont concerner Ellen ces prochaines 48 heures, le sommeil sera encore plus dur à gérer.

Castorama approche actuellement de la ligne de changement de date, l’antiméridien (180 degrés E/W). A partir de là, Ellen pourra commencer à décompter les degrés de longitude ouest jusqu’au Cap Horn (à environ 4000 milles dans son est) et jusqu’à l’arrivée. 

Jointe au téléphone en début d’après-midi, la navigatrice nous confiait : " Ca fait toujours un choc de voir des icebergs. J’en ai vu deux ce matin, dans mon nord et ca, c’est très inquiétant alors que je suis 70 milles dans le nord de la route la plus nord suivie par Virbac dans le Vendée Globe. J’ai regardé les cartes de températures d’eau et on y voit un couloir d’eau froide qui remonte vers le nord. C’est dans ce couloir que l’on retrouve les icebergs. Normalement, je vais l’avoir traversé assez rapidement mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura plus après. C’est cela qui est dur, surtout la nuit car mon radar n’a pas répéré les deux que j’ai vu ce matin. Ce doit être à cause de mon génois qui est en 3DL carbone et que ne laisse pas passez les ondes.   A priori, je devrais avoir de bons vents jusqu’au Cap Horn. Je suis heureuse d’avoir de l’avance sur le temps de Joyon mais je sais que ca peut très vite changer, notamment dans la remonté de l’Atlantique. Souvenez-vous qu’Olivier de Kersauson y a perdu une dizaine de jours. Et puis, nous venons à peine de passer la mi-parcours, c’est encore très long. Sur ce type de bateau, tout va très vite, surtout les ennuis et ca, c’est très inquiétant. Mais c’est quand même génial... ". 


JOUR 35 : 484,5 milles : nouveau record personnel de distance parcourue en 24 heure

LES CHIFFRES AU JOUR 34 A 13 h10 GMT :
- 2 jours 11 heures d’avance sur le record de Francis Joyon
- Latitude : 51 36 S
- Longitude : 16 8 E 
- Distance parcourue : 14,291 milles à la vitesse moyenne de 17.4 nœuds

Ellen MacArthur commence très bien l’année 2005 à bord du trimaran de 75 pieds Castorama. Elle décroche un nouveau record personnel de distance parcourue en 24 heures, avec 484,5 milles, et continue de creuser son avance sur le record de Francis Joyon.

 "La nouvelle année est nettement mieux que Noël. Nous avons une bonne avance sur le temps de Joyon et la météo est beaucoupo plus confortable. En plus, les conditions de vent sont moins mauvaises que prévues et nous ne devrions donc pas perdre trop de notre avance.

Je profte des bonnes conditions pour vérifier le matériel et je suis très heureuse de voir que tout va bien à bord de Castorama.

Depuis quelques heures, nous naviguons sous genaker avec une mer plate et ca, c’est super. Ca change beaucoup des jours précédents. Le ciel est gris mais tout va bien, l’ambiance à bord est super. Il nous reste maintenant à traverser le Pacifique jusqu’au Cap Horn.  On a beaucoup de chance. On a vraiment bien progressé ces derniers jours. Et pour être franche, les conditions météo à venir n’ont pas l’air mal non plus… Il semble que nous allons avoir du bon vent jusqu’au cap Horn. On croise les doigts ". 

 Pourtant, depuis ce matin, Castorama navigue dans des vents plus faibles et doit faire cap au nord-est (en s’éloignant de la route directe) pour passer au nord de l’île Campbell. Son avantage de 2,5 jours pourrait commencer à diminuer.

Le trimaran se trouvait ce matin à 95 milles dans l’ouest de l’île Campbell, environ 350 milles dans le sud de la Nouvelle Zélande. Ellen MacArthur se prépare à empanner sur tribord amures pour remettre le cap ESE après le passage de l’île. Hier, avec le vent basculant au nord-ouest, Castorama avait du empanner sur bâbord pour faire cap NE et se tenir à l’écart de la zone de glaces repérée dans l’ESE de l’île Campbell. De nombreux skippers du Vendée Globe ont croisé des icebergs dans cette région. MacArthur était assez inquiète hier suite de la présence d’un épais brouillard et des températures de l’eau assez basses (6,1 degrés) qui indiquent généralement des glaces et rendent les conditions de navigation particulièrement stressantes.

Avec cette route au nord de l’île Campbell, Castorama va croiser la route suivie par Francis Joyon à bord d’IDEC au même moment de sa tentative de record. Le skipper français s’était retrouvé coincé au nord par plusieurs systèmes dépressionnaires dans le sud et il n’avait pu orienter sa route au sud qu’à hauteur de la Tasmanie. Ellen au contraire avait suivi une route directe à très bonne vitesse pour ensuite remonter au nord. A partir de maintenant, leurs routes devraient rester assez proches, entre 50 et 53S, l’objectif étant de garder Castorama dans des vents de SW assez forts pour rejoindre le Cap Horn qui marque la sortie des Mers du Sud.

Les conditions plus modérées des dernières 12 heures ont permis à Ellen d’ouvrir enfin sa caisse de Noël : « j’ai réussi à ouvrir quelques cadeaux de Noël. Ils sont super ! Je ne sais pas vraiment qui m’a offert quoi mais j’ai pu deviner certains d’entre eux. Oli (le project manager) m’a offert un dé lumineux de couleur mauve et par Loïk (le boat captain), j’ai eu un Scooby Doo qui bouge la tête. Il est maintenant assis sur la table à cartes et quand il bouge la tête très fort, je sais que ça secoue dehors !! J’ai aussi eu beaucoup de cadeaux de papa et maman , notamment un Christmas Pudding (gâteau de Noël), ça c’est génial ! Finalement j’ai eu le temps de m’asseoir et d’ouvrir mes paquets. Je suis vraiment contente ».


JOUR 34 : Mi-parcours • « je souhaite évidemment battre le record du tour du monde de Francis Joyon »

LES CHIFFRES AU JOUR 33 à 07h10 GMT :
- 2 jours 13 heures 7 minutes d’avance sur le record de Francis Joyon
- Latitude : 53 48 S
- Longitude : 157 5 E 
- Vitesse moyenne : 22.61 nœuds (cap E)
- Vent réel : 21,4 nœuds (direction NW)
- Température de l’eau : 7.3 degrés C
- Distance parcourue : 13,867 milles à la vitesse moyenne de 17.4 nœuds

CASTORAMA A MI-PARCOURS. Ellen compte 2 jours et 13 heures d’avance sur le record de Francis Joyon. Une belle façon de célébrer la Nouvelle Année, mais est-ce que cela va durer ? La route est encore longue.

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Tour du monde en solitaire : Ellen MacArthur a passé la mi-parcours avec 2 jours et 13 heures d’avance sur le temps de Francis Joyon...
Photo Ellen MacArthur/Offshore Challenges

Castorama progresse vers l’est à 22 nœuds dans un vent de NW de 21 nœuds (lire Apprendre et Comprendre pour savoir comment il est possible de naviguer plus vite que le vent). Depuis le départ, le trimaran a parcouru 13725 milles à la vitesse de 17,4 nœuds. Il est maintenant à mi-parcours et compte 2 jours et 10 heures d’avance sur le record de Francis Joyon.

Son avance pourrait néanmoins se réduire considérablement dans les heures à venir car Ellen doit contourner un anticyclone. Actuellement positionnée par 53 45S, elle tente d’éviter les vents les plus faibles et progresse dans un brouillard épais causé par l’arrivée d’un vent de NW assez doux sur une eau très froide. « Nous ne sommes pas très loin de la convergence antarctique. La température de l’eau est de 5,4°, le brouillard est très épais et je ne vois rien du tout. C’est très inquiétant, ca sent l’iceberg. J’espère que la température de l’eau va rapidement remonter. ». Pendant son Vendée Globe il y a 4 ans, Ellen avait vu jusque 10 icebergs en une journée ! Après avoir contourné l’anticyclone, MacArthur va remettre le cap au nord-est pour passer dans le nord de l’île Campbell et se tenir le plus loin possible de la zone de glaces repérée au sud-est de la Nouvelle Zélande. 

«  Nous allons probablement ralentir en remontant dans le nord, sous la Nouvelle Zélande. Mais je veux contourner les glaces par le nord. Nous avons un peu d’avance sur le temps de Joyon, ca devrait aller  » . L’île Campbell se trouve à environ 360 milles dans le sud de la Nouvelle Zélande et 560 milles dans l’est de la position actuelle de Castorama. Ellen MacArthur devrait donc la dépasser demain dans la journée. L’actuel détenteur du record, Francis Joyon, suivait au même moment une route plus nord en raison d’une météo défavorable en dessous de lui, mais il était finalement parvenu à descendre vers le sud juste avant la Tasmanie. Il était passé entre les îles Auckland et Campbell, comme Ellen prévoit de le faire. Leurs routes devraient donc converger à nouveau et il n’est pas certain qu’Ellen puisse garder ses deux jours et demi d’avance. 

LA NOUVELLE ANNEE : " Je vais profiter du Nouvel An pour ouvrir mes cadeaux de Noël que je n’ai pas pu ouvrir le jour de Noël car la météo était trop mauvaise. Et puis je vais attendre minuit en heure européene et non en heure néo-zélandaise pour fêter la nouvelle année. Mais ce sera sans champagne car j’ai ouvert l’unique bouteille pour le premier anniveraisre de Castorama il y a quelques jours.

Je souhaite que la douleur s’apaise pour les trop nombreuses victimes du raz de marée. J’ai beaucoup de mal à imaginer leur désastre.  Pour nous, je souhaite évidemment battre le record du tour du monde de Francis Joyon. Ce serait une belle récompense, tant pour moi que mon équipe qui a travaillé très dur " .


JOUR 33 : « On dépasse les 20 nœuds de moyenne avec un cap au 110, on est à donf ! »

 

LES CHIFFRES AU JOUR 32 A 13 h10 GMT :
- 2 jours 6 heures 32 minutes d’avance sur le record de Francis Joyon
- Latitude : 52 40 S
- Longitude : 14 4 E 
- Distance parcourue : 13, 369 milles à la vitesse moyenne de 17.3 nœuds

BONNES CONDITIONS CES DERNIÈRES 12 HEURES : vent NNW à NW 24-32 nœuds : « On dépasse les 20 nœuds de moyenne avec un cap au 110, on est à donf ! J’ai affalé la trinquette pour envoyer le Solent et descendre plus sud… Là on marche à 28 nœuds et tout à l’heure j’ai fait une pointe à 32,29 dans 28 nœuds de vent. Presque un record ! Je crois que le meilleure vitesse atteinte avec Castorama jusqu’à maintenant, c’est 36 nœuds ». Ces très bonnes conditions de navigation ont permis à Ellen de dépasser les deux jours d’avance sur le record de Francis Joyon pour la première fois depuis sa tentative de record. Bien qu’elle approche maintenant de la mi-parcours, 500 milles devant ses étraves (voir Apprendre et Comprendre pour savoir comment la marque de mi-parcours est calculée), Ellen reste pragmatique, car elle sait qu’un seul homme dans l’histoire de la voile est parvenu à boucler, sans s’arrêter, un tour du monde en solitaire sur un multicoque : « la route est encore longue, très longue. Rien n’est joué tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, et le temps de Francis est le seul et unique record ».

ENCORE DU BRICOLAGE A BORD DE CASTORAMA… Garder un multicoque de 75 pieds en ordre et en bon état de marche est une tâche quotidienne sans fin, surtout dans les conditions difficiles des Mers du Sud : « quand j’ai envoyé le solent, j’ai regardé la drisse et j’ai vu qu’elle ne tenait plus que sur deux fuseaux. Si elle avait cassé, le solent aurait terminé dans le mât. J’ai vraiment de la chance de l’avoir vue. J’ai ensuite passé deux heures à la réparer. Elle s’est cassée exactement comme la drisse de gennaker pendant le Vendée (il y a 4 ans), juste au bout de l’épissure posée sur le réa en tête de mât. C’est vraiment une chance que cela n’ait pas cassé complètement. La drisse ne tenait plus que sur 2 fuseaux, soit seulement un dixième du diamètre ! » Ellen envisage maintenant de vérifier le gréement, si les conditions le permettent, avant d’entamer la deuxième partie des Mers du Sud, le Pacifique. « J’ai refait le lashing au point d’amure du Solent. J’ai de l’eau dans le bras de liaison arrière. Mais je vais attendre d’être un peu moins toilé. J’ai aussi d’autres petites choses à faire. J’aimerais bien vérifier le gréement à l’approche de la Nouvelle Zélande, notamment les lashings en tête de mât. Ce serait pas mal de faire ça avant d’entrer dans le Pacifique. » Il est très important psychologiquement de garder le contrôle sur la liste des choses à faire à bord : « je domine bien la situation, même dans les conditions difficiles. Je continue de vérifier, de résoudre les problèmes, je ne remets jamais à plus tard. Je crois que je m’améliore beaucoup de ce point de vue là ! »

LA MER SE CALME ET APAISE L’AGONIE DU GENERATEUR… « Je viens d’effectuer la première charge complète sans avoir eu à redémarrer le générateur. Ca fait du bien ! » En raison des conditions de mer et des mouvements violents du bateau, le générateur avait tendance à s’arrêter et Ellen passait son temps à le remettre en marche. La mer est désormais un peu plus calme, mais Castorama est en train de passer au dessus d’une « montagne sous- marine » : « la profondeur passe de 3200 mètres à 1600. Je trouve cela fascinant. Nous en savons tellement peu sur les fonds sous-marins… »

LA NUIT POUR NOUS, LE JOUR POUR ELLEN… Castorama se trouve de l’autre côté de la planète. Quand il fait nuit en Europe, il fait donc jour pour Ellen. Le soleil se lève vers 18h00 GMT et se couche à 11h00 GMT, offrant des journées de 17 heures (c’est l’hiver pour nous, mais l’été dans l’hémisphère sud, donc les journées sont plus longues).

CASTORAMA PROGRESSE RAPIDEMENT DANS L’EST, MAIS DOIT BIENTOT PLONGER DANS LE SUD… un anticyclone se développe au nord et va barrer la route d’Ellen dans le sud-est de la Tasmanie à 50-51S et 160-165E. Les routeurs de Commanders Weather lui conseillent de contourner cette zone par le sud puis de remonter pour passer dans le nord de l’île Campbell dimanche. Ce changement de cap va creuser la différence nord-sud entre IDEC et Castorama, mais pas à l’avantage d’Ellen qui va devoir parcourir plus de milles pour éviter l’anticyclone. L’objectif est également de rester à l’écart de la zone de glaces, située dans l’ESE de l’île Campbell, 350 milles au sud de la Nouvelle Zélande…


JOUR 32 : A une vitesse moyenne de 17,2 nœuds, Ellen se rapproche maintenant de la mi-parcours

LES CHIFFRES AU JOUR 31 A 14 h10 GMT :
- 1 jour 20 heures et 51 minutes d’avance sur Francis Joyon
- Latitude : 50 46 S
- Longitude : 132 E -Distance parcourue : 12 916 milles à la vitesse moyenne de 17.2 nœuds

35-45 NŒUDS DE VENT CETTE NUIT, RAFALES JUSQUE 50 (100KM/H). La tempête qui a touché Castorama la nuit dernière (la journée pour Ellen) commence maintenant à se calmer, mais ces dernières heures ont été particulièrement éprouvantes pour Ellen, qui s’est battue pour limiter les dégâts et continuer de faire avancer son trimaran : « j’ai eu des rafales à plus de 45 nœuds et la mer était vraiment mauvaise. Les vagues déferlaient de partout ». Pour savoir ce qu’Ellen fait pendant une tempête comme celle-ci, vous pouvez lire ci-dessous l’email qu’elle a envoyé à 3h30 GMT aujourd’hui…

CASTORAMA GARDE L’AVANTAGE et creuse son avance à 44 heures ce matin… Ellen a été contrainte de suivre un cap un peu plus sud que souhaité (elle est maintenant pointée par 50S) pour éviter la forte houle de nord qui aurait pu s’avérer dangereuse en venant frapper les coques par le côté. Depuis, le vent a tourné nord-ouest et Ellen a pu reprendre sa route vers l’est. L’objectif est de se tenir à l’écart des risques de glaces plus au sud et notamment dans le sud-est de la Nouvelle Zélande. La température de l’eau est déjà passée de 10 degrés hier (par 47S) à 7,9 ce matin.

830 MILLES DANS LE SUD-OUEST DE LA TASMANIE. Castorama a couvert 12 916 milles depuis le départ à une vitesse moyenne de 17,2 nœuds et il se rapproche maintenant de la mi-parcours. Le vent de NW devrait se stabiliser entre 22-32 nœuds au cours des prochaines 48 heures et permettre à Ellen de progresser vers l’est à bonne allure. La difficulté sera de trouver un passage entre la zone d’icebergs au sud et les vents faibles au nord. Avant le réveillon du Nouvel An, une dorsale anticyclonique va en effet s’étirer du sud-est de l’Australie jusque 50 degrés S / 160-163 degrés Est et générer des vents faibles qui pourraient ralentir Ellen sous la Nouvelle Zélande. Les routeurs de Commanders Weather lui conseillent pour l’instant de passer entre les îles Auckland et l’île Campbell, comme Francis Joyon l’avait fait lors de son tour du monde.

EMAIL D’ELLEN – 03h30 GMT le 29.12.04

Me voilà assise à la table à carte, absolument trempée, une fois de plus. Ces 10 dernières heures, j’ai déjà changé de vêtements deux fois… Hier, le vent était beaucoup plus faible que prévu, donc j’ai du effectuer de nombreux changements de voiles. C’est assez stressant d’aller renvoyer un ris en pensant que vous allez sans doute devoir le reprendre à peine une heure plus tard. Hier soir, on sentait bien qu’une tempête se préparait dans l’ouest et qu’elle allait à nouveau nous toucher violemment. Les heures passant, cette tempête s’est avérée pire que celle de Noël. Des rafales à plus de 45 nœuds, une mer déchaînée, des vagues qui déferlaient de partout, et un tourmentin de 15m_ qui nous semblait gigantesque. On n’a pas arrêté une minute. A la tombée de la nuit, j’ai envoyé le tourmentin et j’ai passé une demi heure à ajuster le 3e ris, puis j’ai abattu pour éviter au bateau d’être frappé par les vagues, même s’il y en a toujours une dans le lot qui va vous rattraper. Tout à l’heure, j’étais en train de ranger le gennaker dans son sac et une vague de face m’a littéralement submergée. Et comme les filets de protection se sont détachés, on reçoit beaucoup plus d’embruns sur le visage… J’ai envoyé le tourmentin sans trop de problèmes, puis je suis descendue pour lancer la charge des batteries pendant trois heures.. Tiens, le générateur vient encore de s’arrêter… Attendez, ça y est, il est reparti.. Si mon estomac me remonte dans la gorge à chaque fois que le bateau dévale une vague, il ne faut pas demander comment ça se passe pour l’essence et l’huile dans le générateur ! J’ai quand même réussi à charger les batteries à 70%, ce qui, vu les circonstances, n’est pas trop mal. Ensuite je suis retournée sur le pont. Malheureusement, la grand voile avait emmagasiné une poche d’eau donc j’ai du abattre un peu et pomper cette eau pendant 40 minutes. Mais je ne pouvais pas être debout sur le pont pour tenir la pompe de cale et pomper en même temps. J’ai du faire au moins 20 tentatives avant que cela fonctionne. Finalement j’ai pu replacer la voile sur la bôme avec 100 kilos d’eau en moins.

Quand je suis redescendue à l’intérieur j’ai pu dormir environ une heure à même le sol, après avoir à nouveau changé de vêtements. J’ai dormi, c’est déjà ça. Quand je me suis réveillée, j’avais très faim mais cette fois j’ai décidé de ne pas trop y penser et je me suis rallongée pour dormir un peu plus. Après un repos bien mérité, j’avais encore 2 heures de travail à faire. J’ai du écoper l’espace situé sous mes pieds , mais je n’arrivais pas à comprendre d’où l’eau venait. Finalement je me suis aperçu que cette eau arrivait du moteur principal. Il y a près d’une demi tonne qui coule directement de l’ancien tuyau d’échappement. Or celui ci doit rester ouvert pour laisser passer l’air qui vient refroidir le générateur. Bref, donc j’ai tout pompé jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’eau. (le générateur vient encore de s’arrêter). Me revoilà. Je viens de manger des céréales et de prendre une boisson énergétique, et je vais passer les trois prochaines heures à m’occuper du générateur. Je suis vraiment épuisée, mais bon, rien que de sécher le bateau et de dresser la liste des choses à faire, je me sens déjà un peu mieux… A plus tard

Ellen "

 


JOUR 31 : Après l’équateur et le cap de Bonne Espérance, Ellen MacArthur s’adjuge le Cap Leuuwin

 

LES CHIFFRES AU JOUR 30 A 15 h10 GMT :
- 1 jour 15 heures 49 minutes d’avance sur le record de Francis Joyon
- Latitude : 48 17 S
- Longitude : 122 1 E 
- Distance parcourue : 1 2. 487 milles à la vitesse moyenne de 17.1 nœuds

TROISIEME RECORD POUR CASTORAMA Depuis son départ de Ouessant il y a un mois, Ellen MacArthur a battu trois records en solitaire. Le premier jusqu’à l’équateur, en 8 jours, 18 heures et 20 minutes. Le deuxième entre Ouessant et le Cap de Bonne Espérance en 19 jours, 9 heures et 46 minutes. Et enfin, le troisième la nuit dernière entre Ouessant et le cap Leuuwin en 29 jours, 14 heures et 46 minutes. Autant dire que l’exploit est de taille car améliorer les excellents temps réalisés par Francis Joyon n’était pas évident, loin s’en faut. Sacrée Ellen...

REACTION D’ELLEN « Je suis tout d’abord super contente d’avoir battu ce record. Ca fait du bien mais la route est encore très longue et la situation météo à venir n’est pas très claire ». On le voit, la navigatrice n’est pas du genre à se satisfaire du travail déjà accompli. Ce qui l’intéresse, c’est l’avenir, le futur proche et donc les prévisions météo qui dictent ses conditions de vie en même temps que sa vie à bord.

PAR RAPPORT A FRANCIS JOYON « C’est sur qu’on essaye de faire le mieux possible. Le bateau va bien et il a une très bonne vitesse moyenne. Quand à la météo, elle nous est parfois favorable, parfois défavorable. Il faut s’adapter. A chacun des trois points de passage, nous sommes parvenus à garder de l’avance sur Francis et ca, c’est bien même si ca a parfois été très juste ».

A BORD DE CASTORAMA ... « Nigel Irens et Benoit Cabaret ont vraiment bien travaillé car Castorama est un bateau très complet. Plus sage que les trimarans de 60 pieds mais malgré tout très rapide. Avec 75 pieds de long et moins de 60 de large pour environ 8 tonnes, il va vite. Mais il faut quand même faire gaffe, bien refléchir et ne jamais oublier que l’on est sur un multicoque qui peut chavirer. Si ce devait arriver, ce serait plus par l’avant que sur le côté sauf si une grosse vague nous prend comme c’est arrivé l’autre jour. Le bateau n’avancait ni ne reculait. Il a été jeté sur le côté, de travers. Je serai super heureuse quand on aura quitrté les mers du sud car c’est vraiement très stressant. Heureusement, Castorama est bien adapté au sud. J’y suis déjà passé en revenant d’Australie où il a été construit. Dans l’océan Indien, nous avons un peu souffert mais beaucoup moins qu’avec le gros cata lors de notre tentative de Trophée Jules Verne. Les bras tapent beaucoup moins dans la mer et il passe beaucoup mieux dans les vagues ».

LE MODE DE CALCUL DE L’ECART AVEC FRANCIS JOYON ... Il est toujours difficile de calculer un écart entre un temps déjà réalisé et une tentative de record. Pour y parvenir et tenter de faire vivre le plus justement possible la tentative de Castorama, nous avons procédé de la manière suivante sous le contrôle de René Boulaire de l’Union Nationale de la Course au Large (UNCL) : Nous prenons, au même moment, la distance restant à parcourir pour chacun des deux bateaux, Idec et Castorama (cette distance est calculée suivant un parcours théorique identique à celui du Vendée Globe, soit 24.000 milles). Puis, nous calculons l’écart auquel nous appliquons la vitesse moyenne réalisée par Francis Joyon sur ce parcours de 24.000 milles (13,8 noeuds). Cela nous donne alors l’écart en temps.

Par exemple, aujourd’hui, Ellen est à 13230 milles de l’arrivée. Imaginons que Francis Joyons ait été à 13500 milles. Nous faisons 13230 - 13500 = 270/13,8 = 19,56 soit 19 heures et 33 minutes qui serait l’écart en temps.


JOUR 30 : PLUS GRANDE AVANCE DEPUIS LE DEPART POUR CASTORAMA...

 

LES CHIFFRES AU JOUR 29 A 15 h10 GMT :
- 1 jour 9 heures 31 minutes d’avance sur le record de Francis Joyon
- Latitude : 45 40 S
- Longitude : 111 5 E 
- Distance parcourue : 1 2.028 milles à la vitesse moyenne de 17.1 nœuds

CASTORAMA CREUSE SA PLUS GRANDE AVANCE SUR LE RECORD... Cette nuit, le trimaran a progressé à une vitesse de 20 nœuds le long de la route directe et a porté son avance à 1 jour, 9 heures et 10 minutes sur le record de Francis Joyon. Cet avantage, le plus grand depuis le départ, prouve la ténacité d’Ellen qui depuis Noël, navigue dans des conditions très dures tout en continuant de mener son trimaran de 75 pieds Castorama au maximum de son potentiel...

NOËL REPORTE POUR MACARTHUR... A bord de Castorama, Noël a à peine été mentionné et encore moins célébré. La raison : des vents de nord-ouest compris entre 35 à 40 nœuds avec des rafales à 50 le 24 et le 25 décembre. La mer très agitée n’a pas offert à Ellen la chance de sortir son sac de cadeaux rangé à l’intérieur. L’objectif pendant ces deux jours était purement et simplement de préserver le bateau et le marin… Le plus gros de la dépression est passé le soir de noël, après quoi le vent est tombé autour de 20-25 nœuds. Mais cela n’a fait qu’ajouter un peu plus de stress à Ellen qui cherche à faire progresser le trimaran le plus vite possible vers l’est. Résultat : 12 changements de voile pendant la nuit ! Elle a pu ensuite retraverser la dépression ralentie devant elle. Le vent est revenu à 30-35 nœuds avec de rafales à 40 et il a fallu à nouveau changer la configuration des voiles. On comprend pourquoi les marins appelle ces latitudes les « Quarantièmes Rugissants ! »

A L’APPROCHE DU CAP LEEUWIN, POINTE SUD-OUEST DE L’AUSTRALIE... Castorama se trouve ce matin à 715 milles dans le SSW du Cap Leeuwin (pointe sud-ouest de l’Australie). Francis Joyon avait passé la latitude de ce cap par 39S, une tempête l’empêchant de descendre plus sud sur une route plus courte. Le trimaran Castorama est donc actuellement à 370 milles dans le sud de la route de Joyon et il devrait garder cette distance jusqu’au sud de la Nouvelle Zélande où la route des deux bateaux pourrait converger à nouveau. Francis Joyon avait décroché un nouveau temps de référence de 30 jours, 7 heures et 29 minutes entre le départ et le cap Leeuwin. Pour le battre, Ellen devra donc franchir la longitude de ce cap, à environ 275 milles dans son est, avant 15h39 demain (28 décembre). Si elle garde la même vitesse (19,7 nœuds ces dernières 24 heures, soit 473 milles parcourus), elle pourrait l’atteindre en fin de soirée aujourd’hui.

CASTORAMA REVIENT A L’AVANT DU FRONT FROID sur une route plein est, mais pourrait être contraint de descendre plus au sud dans un vent qui va progressivement tourner nord dans les prochaines 12-24 heures. Ellen devra veiller à ne pas aller trop au sud car elle risquerait alors de se retrouver du mauvais côté de la prochaine dépression qui va la rejoindre ce week-end. Le vent soufflera entre 30 et 35 nœuds de secteur nord-ouest avec des grains...

CASTORAMA N’A PAS ETE TOUCHE PAR LE TSUNAMI... Ellen a été choquée lorsqu’elle a appris le terrible raz de marée qui a touché le sud de l’Asie et fait des milliers de victimes. Des centaines de personnes ont pris contact avec son équipe à Cowes pour savoir si le tsunami avait eu des conséquences dans le sud de l’océan indien où se trouve actuellement le trimaran. Mais les vagues créées par le tremblement de terre ne sont dévastatrices que lorsqu’elles rencontrent des hauts fonds, donc à proximité des côtes. En haute mer, elles sont à peine perceptibles. Les pensées d’Ellen et de toute notre équipe vont aux personnes qui ont souffert de cette terrible catastrophe.


28 ème jour : « Les conditions météo sont atroces. Castorama est le jouet des vagues » 

Position du trimaran Castorama à 13h10 GMT le 25 décembre 
- Latitude / Longitude : 43°58 9 S / 91°38 E 
- Distance parcourue  : 11109 milles
- Meilleure distance en 24h : 481,6 milles ( record = 540 milles )
- 12h11 d’avance sur le record de Françis Joyon.

Les actualités du bord 

En mer depuis bientôt 28 jours à bord de Castorama, la navigatrice Ellen MacArthur navigue dans des conditions épouvantables. Jointe par téléphone satellite ce samedi matin, elle nous disait  : « Les conditions météo sont atroces. Castorama est le jouet des vagues. Il se fait jeter d’une vague à l’autre sans que je puisse rien faire. La mer se creuse, elle est très agitée. C’est très stressant . Je pense plus à sauver le bateau qu’au record autour du monde. J’en ai encore pour quelques heures puis le vent devrait se calmer. Seul problème, la mer restera forte et ce sera difficille d’aller vite. Autant vous dire que je n’ai pas vraiment le temps de penser à Noël. Ce soir, si le vent se calme un peu, j’essaierai d’appeler mes parents pour leur souhaiter un joyeux Noël  ». 

Dehors, le vent souffle en furie entre 35 et 45 noeuds, parfois 50 dans les rafales. L’océan Indien est donc fidèle à sa réputation, intraitable avec ceux qui tentent de s’y frayer un chemin.

En se lancant à la conquête du record autour du monde en solitaire détenu par Francis Joyon, Ellen MacArthur savait que la partie serait difficile. Elle ne s’est malheureusement pas trompée.


JOUR 26 : 10 000 milles au compteur et une collision sans gravité au nord des îles Kerguelen

LES CHIFFRES AU JOUR 25 A 07h10 GMT :
- 15 heures et 57 minutes d’avance sur Joyon
- Latitude : 44 17 S
- Longitude : 068 55 E (270 milles au nord des îles Kerguelen)
- Vitesse moyenne : 14.63 nœuds (cap SE)
- Vent réel : 18.6 nœuds (direction WNW)
- Température de l’eau : 9.3° C
- Distance parcourue : 10084 milles à la vitesse moyenne de 16.8 nœuds
- (données communiquées sur le MiniC Thrane via BT Business Broadband)

COLLISION SANS GRAVITE AVEC UN OBJET NON IDENTIFIE CETTE NUIT... Moment de frayeur pour Ellen et Castorama dont la vitesse a brutalement chuté de 26 à 14 nœuds (relevées par les ordinateurs du bord Sony) dans une collision avec un objet non identifié. D’après elle, cet « objet » pourrait être un animal, compte tenu de l’aspect un peu « mou » du choc. Aucun dégât n’a été repéré pour l’instant…

PEU DE SOMMEIL POUR ELLEN QUI A PASSE 8 HEURES A REPARER SON DESSALINISATEUR… Ce matin, elle a également consacré plusieurs heures à évacuer l’eau d’un des compartiments du flotteur tribord repérée il y a quelques jours. Ellen ne sait pas d’où vient cette eau mais la quantité accumulée ne l’inquiète pas car même une petite fuite au niveau de la cadène du gréement pourrait entraîner une telle quantité d’eau en quelques jours ou quelques semaines…

10,000 MILLES AU COMPTEUR... A 7h10 GMT ce matin, après 24 jours de mer, Castorama a déjà parcouru 10084 milles (Ellen est en avance sur le record de Francis Joyon depuis le 7e jour) à la vitesse moyenne de 16,8 nœuds. Il s’agit cependant de la distance parcourue sur l’eau et non de la distance par rapport à l’arrivée (voir Apprendre et Comprendre sur la vitesse VMG)

ELLEN EMPANNE TRIBORD AMURES... Après la bascule de vent au sud-ouest hier soir, Ellen a empanné sur tribord pour remettre le cap au sud-est après avoir passé 24 heures sur un bord défavorable vers le nord. Ce matin, son avance sur le record avait chuté à 16 heures et Castorama progresse désormais à 14 nœuds dans un vent d’WNW plus faible (18 nœuds).

OBJECTIF AUJOURD’HUI : EMPANNER A NOUVEAU SUR UN CAP ENE… D’après les prévisions météo de Commanders Weather, le vent devrait souffler entre 15 et 23 nœuds. Ellen devra ré-empanner vers le nord pour se tenir à distance des conditions très fortes plus au sud. Le vent de NW généré par la dépression qui arrive de l’ouest devrait se renforcer ce soir pour atteindre 35 à 45 nœuds demain soir et le jour de Noël avec de possibles rafales à 50 nœuds (Force 10). Castorama devra donc rester au nord de 44-45 degrés S pour éviter le plus gros de la tempête. Mais si le vent tourne encore plus au nord, le trimaran aura à progresser de travers dans une mer très formée. Dans cette situation dangereuse pour un multicoque, il pourrait donc être contraint de faire route au sud…

* CASTORAMA A PASSE LES ILES KERGUELEN CE MATIN... à environ 270 milles dans leur nord. Cet archipel situé par 49 20S et 70 20E à mi chemin entre l’Afrique, l’Antarctique et l’Australie est un territoire français, habité uniquement par des scientifiques. Il est composé d’une île principale et de 300 petits îlots rocheux.

Météo et stratégie

Ellen garde une progression stable. Le vent d’WSW va basculer WNW pendant la journée et l’objectif sera de faire route ENE. Le vent sera également plus faible qu’hier, entre 15 et 23 nœuds.

Un important système dépressionnaire installé au sud, va se déplacer vers l’est. La combinaison de cette tempête et de l’anticyclone au nord et nord-est va commencer à générer des vents plus forts de secteur NW en fin de journée jeudi et vendredi. Ces vents de NW tourneront NNW puis N à l’avant du front et toucheront le trimaran le 24 au soir et le jour de Noël, avec des vents de 35 à 45 nœuds et peut être des rafales à 50 nœuds vendredi soir et samedi matin. Les vents les plus forts seront au sud de 44-45S. Il faudra donc rester au nord pour négocier au mieux les vents forts et la mer très agitée qui accompagnent la dépression.

A l’arrière du front, les vents seront faibles alors que dans son est, ils souffleront de secteur NNW et resteront très forts…

Stratégie
- 1) meilleure vitesse dans l’est ou un peu plus au sud
- 2) nouvel empannage bâbord amures dès que le vent tournera WNW, puis cap ENE et NE le plus vite possible, probablement vers 9h-11h TU
- 3) il sera préférable de rester à 43S ou plus au nord. Mais PAS au sud car il faut éviter les vents forts et la mer très agitée et garder une chance de ne pas s’enliser dans le front.

— -

25ème jour : L’Est, seul échappatoire du moment

Position du trimaran Castorama à 13h10 GMT 
- Latitude / Longitude : 44°36 S / 62°00 E 
- Distance parcourue  : 9763 milles
- Meilleure distance en 24h : 481,6 milles ( record = 540 milles )
- 18h10 d’avance sur le record de Françis Joyon.

Les actualités du bord 

« J’attends une grosse dépression, c’est mon cadeau de Noël. Ca peut être méchant et très fort. Mais si on avance bien, ça ira ! »

 « On est plus Sud que Françis. Lui était par 40° Sud, nous par 44°. Dans 24h, on sera à la même latitude que lui. Avec cette dépression, on est obligé de faire cap à l’Est ! C’est sûr qu’au Sud, on fait toujours moins de route. Mais, ça sert à quoi si tu fais moins de route et que tu risques de casser ton bateau… C’est pas bon. Je croise les doigts, ça va être chaud. »

Pour l’instant, Ellen MacArthur et Castorama ont un objectif : aller le plus vite possible vers l’Est. Leur progression est toujours rapide dans des vents stables de 30 nœuds. Le skipper du grand trimaran reste vigilant et recadre sa route régulièrement de façon à bien rester entre l’anticyclone au Nord et la dépression au Sud.

Le proche avenir de notre tandem favori s’annonce plus que mouvementé à cause du système dépressionnaire tant redouté que les prévisions confirment pour la veillée et le jour de Noël. Des vents de Nord souffleront entre 30 et 45 nœuds avec des rafales à 50… La stratégie que les routeurs conseillent à Ellen : remonter un peu dans le Nord autour de 42° ou 43° Sud pour aborder au mieux ce système.

Géographiquement, Castorama se situe à un peu moins de 440 milles dans l’Ouest des îles Kerguelen et compte toujours une avance de 18 heures et 10 minutes sur Françis Joyon qui se trouvait au même moment à 300 milles plus au Nord. Avec un tiers du parcours en poche, soit 9763 milles sur les 26000 milles, Ellen a t’elle déjà en tête son arrivée ? « Quand tu pars, il faut que tu penses que tu vas arriver ! Mais, pour l’instant, je pense au jour le jour. On est au début des mers du Sud, on aura ensuite 20 jours de remontée de l’Atlantique… Pour le moment, je suis dans mon record. »

Concentrée sur le record, sur la météo, vigilante, pas avare sur les manœuvres, mais à quoi fonctionne Ellen ? La réponse est simple et sans détour une alimentation qui lui apporte les 5000 calories nécessaires au quotidien pour assurer à bord… Et là, …« J’ai un vrai problème… Je suis à cours de barres de céréales et malheureusement, c’est sur elles que j’avais basé une partie de mon régime alimentaire ! Et le pire, c’est que je n’ai plus de porridge. En plus de cela, mon apport en calories dépend beaucoup de ma consommation d’huile d’olive, or je dois l’économiser pour le générateur… » Pour pouvoir alimenter son générateur principal pendant la remontée de l’Atlantique, Ellen doit économiser la moindre goutte d’huile…ainsi, elle pourrait éviter l’utilisation de son petit générateur qui n’est pas adapté dans les régions chaudes !

Vraiment le Noël d’Ellen ne s’annonce pas très réjouissant : un plat lyophilisé et une dépression… Pas très joyeux tout cela ! A moins que quelques surprises n’aient été glissées par son équipe avant le départ… Il faudra attendre le 24 pour le savoir !


24ème jour : « Hier sous les îles Marion et Saint Edouard, c’était vraiment chaud ! »

Position du trimaran Castorama à 13h10 GMT 
- Latitude / Longitude : 45°24 S / 51°21 E 
- Distance parcourue  : 9307 milles
- Meilleure distance en 24h : 481,6 milles ( record = 540 milles )
- 21H29’ d’avance sur le record de Françis Joyon.

Les actualités du bord 

« Hier sous les îles Marion et Saint Edouard, c’était vraiment chaud ! On a eu des rafales à 55 nœuds, les vagues étaient formées… On a dû empanner pour conserver un peu de vent. C’était compliqué à cause des hauts fonds. Mais, le bateau allait bien malgré tout….Aujourd’hui, ça va mieux. C’est plus plat, il y a moins de creux. C’est beaucoup plus sympa de naviguer comme ça ! » 

 Les éléments semblent enfin laisser un peu de répit à Ellen MacArthur qui profite du moment pour faire le tour du propriétaire et vérifier que tout est en ordre à bord de son Castorama. R.A.S ! Pas mal après plus de 9300 milles sous les étraves à plus de 16 noeuds ! « Je suis très contente de Castorama. Je suis très contente qu’on ait pu lui souhaiter son premier anniversaire en mer, ici, dans le Sud. Je suis proche de mon bateau. »

Malgré des conditions très défavorables hier, le tandem a bien avancé puisque le chronomètre Oméga s’affiche toujours avec un plus : à 13h10 GMT, 21 heures et 29 minutes de mieux que le temps de Françis Joyon ! Ellen a dépassé par son Nord l’archipel de Crozet en milieu de matinée sans voir une seule île. « On a dépassé les îles Crozet il y a deux heures. J’étais à 44 milles des îles que je n’ai pas vues. Il y a toujours de nombreux oiseaux. » On savait Ellen très proche de la nature ; là, elle semble totalement fascinée : « Je suis littéralement subjuguée par cet endroit... La beauté de ces vagues qui déferlent sans fin... Il y a un sentiment d’éternité dans leur mouvement perpétuel... Je suis sous le charme de l’endroit, comme grisée...C’est comme si j’étais proche de la fin du monde. On est totalement isolé et totalement libre à la fois ! Je suis heureuse d’être ici. »

Et pourtant, la nature ne l’épargne pas ! Depuis le départ, les conditions rencontrées ont souvent été très dures et ce n’est pas fini : encore plus de 15000 milles sont à parcourir et, pour la fin de la semaine, une tempête est en vu …Une douche salée comme cadeau de Noël… ?

En attendant, Castorama suit une route plus Sud que celle d’IDEC afin de ne pas butter dans l’anticyclone qui se trouve non loin de la route empruntée par Françis Joyon il y a un an (41° Sud). Dans le même temps, le centre de la dépression se trouve, quant à lui, autour de 55 et 60 Sud. L’objectif d’Ellen est donc de rester au milieu de ces deux systèmes de pression aux alentours du 45° Sud ce qui lui permettra de s’adapter en fonction de l’intensité du vent : une remontée au Nord, si les vents sont trop forts, une descente vers le Sud s’ils sont trop faibles !

Ellen MacArthur devra conserver un rythme soutenu jusqu’à la fin de la semaine de façon à se maintenir à l’avant des fronts froids et ainsi avoir une chance d’échapper à la tempête prévue pour Noël… et, qui sait, peut être que les prévisions se seront améliorées d’ici là !


23ème jour : « 40 à 45 nœuds de vent avec des pointes à 53… une mer gigantesque »

Position du trimaran Castorama à 13h10 GMT 
- Latitude / Longitude : 46°48 S / 41°55 E 
- Distance parcourue  : 8889 milles
- Meilleure distance en 24h : 481,6 milles ( record = 540 milles )
- 19h24 d’avance sur le record de Françis Joyon.

Les actualités du bord 

En fin d’après-midi hier dimanche, le vent tombait et l’avance de Castorama s’étiolait de quelques heures… Cette accalmie n’était que passagère puisque, dès 23h00, Eole se réveillait générant un vent de 33 nœuds ce qui permettait à Castorama de progresser à 19 nœuds et de rattraper les heures perdues dans la journée.

Aujourd’hui, les condition rencontrées sont très dures et la mer est démontée… « 40 à 45 nœuds de vent avec des pointes à 53… une mer gigantesque, des montagnes de vagues…et je ne peux rien faire ! Je ne veux pas encore empanner au Nord Est parce que ça voudrait dire traverser une zone où la profondeur de l’eau passe de 2000 mètres à 200… Ca bouille comme dans une vraie marmite ici ! Mais, plus au Sud, ce n’est guère mieux. Je me fais secouer par les vagues. Les prochaines 24 heures s’annoncent difficiles… »

Tel est le tableau dépeint par le skipper de Castorama lors d’un très bref appel téléphonique. Les prévisions des routeurs du Commanders’Weather corroborent les dires d’Ellen. Ces derniers annoncent une mer très forte. La raison ? Une rotation de vent au Sud Ouest créée une houle énorme qui vient se mélanger aux vagues de Nord Ouest. Les vagues peuvent atteindre entre 25 et 30 pieds ( 8 à 10 mètres)

A par cette houle, les conditions semblent vouloir s’améliorer : le vent va progressivement faiblir. Ellen prévoit tout de même pour la fin de journée un empannage cap à l’Est Nord Est, de façon à rester au Nord du 45° Sud. Castorama pourra ainsi naviguer dans un vent plus modéré de 20-25 nœuds. La seule contrainte de cette route : savoir viser ! En effet, juste au dessus du 43° Sud, il existe une bande de vent faible qu’il vaudrait mieux éviter ! En cela, Ellen pourrait être aidée par une rotation de vent au Nord Ouest qui lui permettrait de faire un cap plein Est.

Actuellement, Castorama est situé à un peu moins de 400 milles dans l’Ouest de la réserve naturelle des îles Crozet. Ellen privilégierait un passage au Nord de cet archipel sans doute demain mardi en fin de journée.

Ellen MacArthur est très concentrée et étudie la meilleure route à suivre pour conserver son avance, en ayant en tête la grosse dépression annoncée pour la fin de la semaine dans l’Est des Kerguelen. Ambiance plus que jamais studieuse à bord de Castorama et un skipper la tête dans le guidon…


22ème jour : Castorama fête ses un ans entre Marion et Saint Edouard

Position du trimaran Castorama à 13h10 GMT 
- Latitude / Longitude : 44°08 S / 33°44 E 
- Distance parcourue  : 8478 milles
- Meilleure distance en 24h : 481,6 milles ( record = 540 milles )
- 18h38 d’avance sur le record de Françis Joyon.

Les actualités du bord 

Ellen MacArthur et son Castorama rentrent dans leur quatrième semaine de navigation avec 8500 milles engrangés, deux records en poche et une avance, aujourd’hui à 13h10 GMT, de 18 heures et 38 minutes. Quel plus beau cadeau d’anniversaire pouvait-elle rêver d’offrir à son bateau ? Un an déjà que le trimaran 75’ touchait l’eau pour la première fois en Australie après un chantier de sept mois…Gageons que si le carbone a de la mémoire, il se souviendra de ce premier anniversaire passé dans l’eau très froide de l’Océan Indien : « On a fêté ça à bord ! » 

Au petit matin, Ellen comptait une journée d’avance sur le temps de Françis à la faveur d’une nuit propice à la progression : « On a bien avancé cette nuit. Notre vitesse dépassait la plupart du temps les 20 nœuds. Ca fait du bien. » Castorama se situe au Nord des îles Marion et Saint Edouard et suit un cap plein Est. Sa route est plus directe que celle empruntée par Françis Joyon positionné alors plus au Nord.

En milieu de matinée et contrairement aux prévisions, le vent est tombé surprenant Ellen : « Le vent est tombé, je ne sais pas pourquoi, je ne comprends pas ! » Ceci a pour conséquence un ralentissement du rythme de Castorama et une petite perte de temps sur le chronomètre Oméga. Toujours poussée par des vents de Nord Ouest à l’avant de la dépression, Ellen rencontre une mer assez formée qui pourrait encore grossir pendant la nuit à venir avec des vents se renforçant…Il se pourrait que les difficultés soient semblables à celles rencontrés il y a à peine 48 heures… !

Le train des dépressions fera une halte probablement lundi en fin de journée… La zone de vent plus faible ( Talweg ) entre la dépression actuelle et celle qui se dessine d’ici à six jours devrait passer derrière Castorama et être accompagnée d’une rotation du vent à l’Ouest Sud Ouest. Ellen sera alors contrainte d’empanner vers le Sud, sous le 45° Sud… Le jeune skipper devra alors se décider à passer soit au Nord, soit au Sud des îles Crozet. Les deux présentent un avantage et un inconvénient : au Nord, le vent sera plus faible et la mer meilleure ; au Sud, le vent sera plus favorable et la mer déchaînée ! Il y a un an et dans une météo différente, Françis Joyon était passé au Nord de ces îles.

Après cette zone d’accalmie, une autre dépression arrivera qui, elle, inquiète Ellen dès à présent : « Un grosse dépression va se former au milieu de notre route et je ne crois pas que nous pourrons l’éviter… » Cette zone de basse pression est prévue dans six jours ; Ellen sera alors dans l’Est des îles Kerguelen : « Je ne sais pas comment y échapper. Il faut éviter les vents de 50 à 60 nœuds, quitte à nous arrêter complètement ! »

Dans cette zone, la nature à libre cours puisque quasiment aucune terre n’est là pour arrêter la progression des flux d’air et de la mer… de facto les îles rencontrées sont apparentées à des terres inhospitalières où la domination de la nature n’a jamais été contestée ! Ellen sur Castorama, sa petite île de 22,9 mètres de long et 16,2 mètres de large, se prépare à un Noël qui ne sera pas très joyeux…


Record à battre : 72 jours 22 heures 54 minutes 22 secondes

Pour cela, Ellen doit arriver avant le 9 février 2005, 7 heure 04 minutes 06 secondes GMT.


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Transat AG2R La Mondiale
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Depuis l’arrivée de Cercle Vert hier dans la soirée, un flot ininterrompu de Figaro s’est engagé dans le port de Gustavia à Saint-Barthélemy. Rarement dans l’histoire de la course autant de bateaux sont arrivés en si peu de temps. Derrière Cercle Vert et Nacarat, le formidable duel entre Banque Populaire et Skipper Macif n’était que l’apéritif du festin qui s’annoncait somptueux. Durant 6 heures, c’est une moyenne d’un bateau toutes les 30 minutes qui se présentait sur la ligne. Un rythme effréné qui contribue aussi au succès de cette édition car les spectateurs ont pu bénéficier de ces moments uniques. Les arrivées se sont succédé au fil de la nuit et désormais seuls 2 Figaro restent encore en course à savoir, Armor-Lux / Père Loustic / Clown à l’Hôpital et Hôtel Emeraude Plage Saint-Barthélemy.
lundi 14 mai • Information Transat AG2R : Ce n’est pas un dimanche à la campagne mais bel et bien un dimanche au port que les Saint-Bart ont vécu en cette journée de dimanche après-midi. C’est à l’heure du goûter à Saint-Barthélemy que Cercle vert a ouvert le grand bal des arrivées de la Transat AG2R LA MONDIALE. Il faisait déjà nuit en France, mais c’est sous le soleil et de jour que Gildas Morvan s’est (...)
Après avoir quitté Tahiti pour rejoindre Santiago du Chili, Moz a enchaîné directement sur Antofagasta, jolie petite vague Chilienne pour un GQS 6 Stars doté de 40.000$ de prix. Avant la grosse épreuve Grand Slam d’Arica (Chili) qui va commencer dans quelques jours. En quittant Papeete où il a eu l’occasion de profiter en free-surf d’une houle divine, l’envie de (...)
Pendant plus de 24h, les skippers Macif ont été à lutte, bord à bord, avec Jeanne Grégoire et Gérald Véniard. Après trois semaines de course et un Atlantique dans leur sillage, ils ont conclu cette Transat AG2R LA MONDIALE par un mano a mano d’une rare intensité et accrochent la 4ème place, à 1’36 du podium ! Il a fallu aller la chercher loin, très loin cette 4ème place ! Paul (...)
Au terme de 22 jours 11h 37mn et 24s de course à la vitesse moyenne de 7,21 nœuds, Jeanne Grégoire et Gérald Véniard ont franchi cette nuit la ligne d’arrivée de La Transat AG2R LA MONDIALE à Saint-Barthélemy, à 00h37mn24s, heure française. Le Figaro Banque Populaire prend la 3ème place de l’épreuve devant Skipper Macif 4ème à 1mn38. C’est à la lueur des derniers (...)
Il était exactement 23h10’08’’, heure française, dimanche soir, lorsque Erwan Tabarly et Eric Péron ont franchi la ligne d’arrivée dans le port de Gustavia à Saint Barthélémy. Le duo de Nacarat boucle le parcours de 3890 milles de la Transat AG2R La Mondiale entre Concarneau et Saint Barthélémy en deuxième position après 22 jours 10 heures 10 minutes et 8 secondes (...)
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