SeaSailSurf®

Du grand large à la plage : Toute l’actualité des sports de glisse depuis 2000

#FigaroBénéteau #TALM

Transat AG2R La Mondiale : 2 démâtages et Sébastien Simon et Morgan Lagravière en leaders

mercredi 25 avril 2018Information Transat AG2R

Au tout petit matin, ce mercredi, Macif et Sateco – Team Vendée Formation ont démâté. Indemnes mais déçus, les deux tandems étaient sur le point de rejoindre les côtes portugaises en fin d’après-midi. L’imposant empannage qui lui a permis de se recaler entre ses rivaux n’a pas privé Bretagne CMB Performance de son leadership.

La nuit dernière a tenu ses promesses, au-delà de l’espéré ou, plus précisément, au-delà du redouté. Oui, le vent de nord était bien là, soufflant à 30 nœuds réguliers avec des pointes à 40, et soulevant une houle de 3 à 4 mètres de sa rugueuse caresse. Mais rien n’obligeait ce souffle du nord à emporter deux mâts dans sa furie. Avec la fin de la nuit sans lune s’achevait une cavalcade à l’aveugle qui avait fait naître un frisson jusque sur l’échine de Corentin Douguet (NF Habitat) qui, ce matin, partageait son hypnotique sentiment :

« C’était engagé, cette nuit, en termes de pilotage, dans ces 30-35 nœuds établis et ces vagues pas bien rangées du tout ».

Et c’est dans les premières lueurs du jour que les ennuis ont commencé. Les premiers, Martin Le Pape et Yoann Richomme ont averti la direction de course de leur démâtage. C’est la potence, qui tient le mât vers l’arrière en son sommet, qui a lâché, sans qu’un départ au vrac vienne suggérer une surcharge de contraintes.

« On ne pouvait rien faire contre ça, commentait ce midi Martin Le Pape. On renonce la mort dans l’âme. On avait fait ce qu’il fallait pour être sereins. On avait joué la prudence, on était tous les deux sur le pont… et, en trois secondes, la course s’est arrêtée ».

« La tête de mât a cassé, racontait à son tour Yoann Richomme. Le mât a continué tout droit désolidarisé du bateau, puis il est tombé. Il y avait 35 nœuds, des rafales à 40. C’était sport mais ça allait : nous avancions avec un ris dans la grand-voile sous petit spi, c’était plutôt safe. C’est… dommage ».

Macif avait à peine eu le temps de sécuriser le bateau, de prévenir la direction de course et de choisir Porto comme port de ralliement que, à son tour, Sateco – Team Vendée Formation annonçait son le démâtage. Dans les mêmes conditions de vent, de mer, et sans confesser plus de manœuvre hasardeuse :

« L’incident est arrivé à 05h43 TU au large des côtes portugaises, racontait Benjamin Dutreux. Nous naviguions alors en mode sécurité, puisque nous étions bien placés ». La scène ? « Le vent souffle à 25-35 nœuds. Nous sommes sur le pont tous les deux. Quand soudain, on entend un gros "Crac" ... Puis le mât se brise en deux ».

« Il faut faire vite, le mât est dans l’eau, tape contre la coque… »

Là, même pas le temps d’accuser le coup ni de regarder la scène, bouche bée, ne serait-ce qu’un instant : les réflexes de bons marins prennent le pas :

« Il faut faire vite, le mât est dans l’eau, tape contre la coque et risque de la perforer. C’est notre sécurité qui est maintenant en jeu ». En un quart d’heure, la situation est stabilisée et la direction de course prévenue. « C’est la fin d’une aventure Aventure qui avait pourtant bien commencé, prolonge Benjamin Dutreux. (Avec Frédéric Denis) on s’entendait très bien sur le bateau et notre position (5e au moment de l’avarie, ndlr) était plutôt correcte pour des bizuths sur cette Transat AG2R Transat AG2R #TALM LA MONDIALE... En quelques secondes, tout s’arrête. Le pire, c’est de ne pas savoir réellement pourquoi, comment… »

La veille au soir, Francis Le Goff, le directeur de course, avait rappelé toute la flotte à une vigilance de bon marin :

« Pour être proactifs sur la sécurité, nous avons envoyé un mail hier soir à toute la flotte, pour rappeler aux marins que ça allait se durcir, d’une part, et pour leur rappeler quelques consignes de sécurité d’autre part. Ce sont de grands marins, mais c’est toujours mieux de rappeler qu’il faut porter le gilet de sauvetage, porter le harnais de sécurité attaché court et avoir sur soi les balises AIS et PLB (balises de détresse qui servent notamment à transmettre une position GPS). Surtout quand, comme ce fut le cas hier soir, la nuit est noire. Cela va rester valable encore une trentaine d’heures, puis ça mollira. En attendant, la vigilance reste de mise ».

Bretagne CMB Performance a bien souvent raison

Le dernier bulletin de Météo Consult incitera en effet la flotte à serrer les dents encore plusieurs heures. Ce soir, le vent restera établi à 30 nœuds avec une mer toujours forte et des vagues de 4 mètres. L’amélioration viendra par le bas, pour la tête de course, décidément bien servie par les conditions, tandis que les retardataires, qui seront prisonniers quelques heures de plus dans la tourmente, devront patienter pour retrouver des conditions de glisse apaisées.

En tête quasiment depuis le départ de cette 14e édition de la Transat AG2R Transat AG2R #TALM LA MONDIALE, dimanche, Sébastien Simon et Morgan Lagravière (Bretagne CMB Performance) semblent avoir pris l’habitude d’avoir raison. Lorsque, dès les premières heures, ils se sont aventurés sur une route assez directe, les deux co-skippers avaient vu juste, puisque cette ligne occidentale les a poussés jusqu’à 15 milles devant leurs rivaux. Ils ont également vu juste lorsque, un peu avant midi, ils ont entamé un long empannage pour se recaler plus à l’est, pile entre Breizh Cola, dans l’ouest, et désormais troisième, et Agir Recouvrement, deuxième grâce à son option orientale. Si l’écart s’était réduit à peau de chagrin en début d’après-midi, le duo Simon-Lagravière n’a cessé depuis d’être le plus rapide. A 16 heures, Bretagne CMB Performance comptait à nouveau 2,9 milles d’avance sur Adrien Hardy et Thomas Ruyant (Agir Recouvrement) et 3,2 milles sur Gildas Mahé et Nicolas Troussel (Breizh Cola). Derrière eux, Groupe Royer – Secours Populaire poursuivait sa route dans l’est à quelque 12 milles du leader, qui devrait faire mieux ce jour que les épatants 148,8 milles en 24 heures comptabilisés hier. Une sacrée moyenne pour des Figaro Bénéteau 2.

A LIRE AUSSI

Martin Le Pape (Macif), pendant « Le Grand Direct de la Transat » sur Sport+ :

« C’est compliqué (à vivre) au-delà de la déception de l’abandon. On ne pouvait rien faire contre ça, on renonce la mort dans l’âme. On avait 40 nœuds sur une mer hachée et on avait fait ce qu’il fallait pour être sereins : un naviguait un ris dans la grand-voile et le petit spi. On avait joué la prudence, on était tous les deux sur le pont… et, en trois secondes, la course s’est arrêtée ».

Benjamin Dutreux (Sateco – Team Vendée Formation) : « Quand soudain… »

« L’incident est arrivé à 05h43 TU au large des côtes portugaises. Nous naviguions alors en mode sécurité car bien placés. Le vent souffle à 25-35 nœuds. Nous sommes sur le pont tous les deux. Quand soudain, on entend un gros "Crac" ... Puis le mât se brise en deux ». Là, même pas le temps d’accuser le coup ni de regarder la scène, bouche bée, ne serait-ce qu’un instant : les réflexes de bons marins prennent le pas : « Il faut faire vite, le mât est dans l’eau, tape contre la coque et risque de la perforer. C’est notre sécurité qui est maintenant en jeu ». En un quart d’heure, la situation est stabilisée et la direction de course prévenue. « C’est la fin d’une aventure Aventure qui avait pourtant bien commencé, prolonge Benjamin Dutreux. On s’entendait très bien sur le bateau et notre position (5e au moment de l’avarie, ndlr) était plutôt correcte pour des bizuths sur cette Transat AG2R LA MONDIALE... En quelques secondes, tout s’arrête. Le pire, c’est de ne pas savoir réellement pourquoi, comment… »

ILS ONT DIT

Erwan Tabarly (Armor Lux-Gedimat) : « Le vent est bien rentré. Nous sommes sous spi. Il y a 30 nœuds de vent avec une bonne mer. En début de nuit c’était très agréable mais là le vent rentre progressivement. Il y a une bonne houle qui prend par l’arrière avec des vagues. Ça va vite. Nous sommes attentifs. On avait de la lune en début de nuit et là j’aperçois des nuages mais honnêtement, je n’ai pas mis le nez dehors depuis une bonne heure : j’étais en train de dormir mais je vais aller relayer Thierry (Chabagny). Cette situation de vent fort va durer quasiment deux jours, après ça devrait diminuer. C’est tout droit. On a empanné en début de nuit pour se mettre sur la route et a priori il n’y a pas de recalage prévu pour l’instant. »

Anthony Marchand (Groupe Royer – Secours Populaire), à la vacation du matin :

« Il y a toujours pas mal de vent, mais ça va. On a entre 25 et 35 nœuds, mais les difficultés viennent surtout de la mer, grosse et hachée, et ce n’est pas évident de passer à travers. (Dans le coup de vent) nous naviguons avec le petit spi et un ris dans la grand-voile. Nous avons passé une demi-heure sous grand-voile seule au moment où ça cognait, pour limiter les risques. (Concernant la trajectoire à l’est), nous avons pris l’option de garder la pression le plus longtemps. On n’est pas forcément dans le bon sens par rapport à la bascule, mais la mémoire nous fait nous rappeler que ça passe souvent par ici. C’est un petit risque, mais ça peut être payant ».

CLASSEMENT du mercredi 25 avril à 16H

  • 1 - Sébastien Simon et Morgan Lagravière (Bretagne CMB Performance) à 3233,2 milles de l’arrivée
  • 2 - Adrien Hardy et Thomas Ruyant (Agir Recouvrement) à 2,89 nm du leader
  • 3 - Gildas Mahé et Nicolas Troussel (Breizh Cola) à 3,24 nm du leader
  • 4 – Anthony Marchand et Alexis Loison (Groupe Royer Secours Populaire) à 12,44 nm du leader
  • 5 – Erwan Tabarly et Thierry Chabagny (Armor Lux – Gedimat) à 15,66 nm du leader

Portfolio



A la une