SeaSailSurf®

Du grand large à la plage : Toute l’actualité des sports de glisse depuis 2000

Transat AG2R 2002

Un quart de la route vers Saint Barth en trois jours

Le premier de Lorient - Madère se place

lundi 29 avril 2002Information Transat AG2R

image 300 x 158Photo : F.Mousis
Paris, le 29 avril 2002. Après trois jours de course, les voiliers de la sixième Transat AG2R ont déjà parcouru plus du quart du chemin vers Saint Barthélemy. Les plus rapides d’entre eux alignent plus de 200 milles par jour. Au sein de la flotte, le vainqueur de la première étape gère l’euphorie.

Hervé Laurent, associé à Rodolphe Jacq sur Colbert Orco, possède depuis Madère une large avance sur ses poursuivants. Thales Armor Lux (Vicariot & Tabarly) et Petit Navire (Chabagny & Douguet), les deux leaders actuels, comptent plus de 18 heures de retard. C’est dire que Laurent & Jacq sont confortablement installés à leur cinquième position. Leurs 17 milles de retard actuels les place à légèrement moins de deux heures de route des premiers.

"Je suis obligé de marquer tout le monde" explique ce midi le skipper lorientais. "On va un peu entre les deux routes. Je voulais aller un peu au Sud car il y a plus de vent mais les autres sont au nord." Dans cette position plus stratégique que météorologique, son Figaro-Bénéteau est en attente. Le vent stable de nord-est empêche toute option extrême. "Il faut faire de la vitesse, il faut faire un marquage. Les réglages des voiles, la concentration à la barre sont hyper importants alors on fait attention à bien se relayer à la barre." Telle est donc la tactique du leader virtuel de la course.

Pour les autres, il faut tout aller le plus vite possible pour tenter de reprendre le retard perdu. "La seule manière de revenir c’est de cravacher" explique le Suisse Philippe Cardis (Happycalopse). "On a fait une route plus nord que les autres mais ce matin c’est un peu dur, il n’y a pas trop de vent !" Cardis & Schneiter ont perdu du temps sous le vent de l’île de Madère lors du départ de vendredi dernier. Les premiers à s’en dégager et à rejoindre l’alizé établi au large ont pu envoyer les spinnakers en premier. Ils ont alors creusé un écart significatif qui a peu évolué depuis ce jour.

Les grands battus de la première étape (ils ont remporté le Trophée Banque Privée Européenne Saint Nazaire - Porto Santo - Dakar 2001) sont dans cette même situation. Si Gildas Morvan & Charles Caudrelier-Bénac (Cercle Vert) ne sont pas en arrière des premiers, ils sont décalés à leur vent. "Notre positionnement est le même que celui que l’on avait quand on est sorti de Madère" explique Charles. "On aimerait être 30 milles plus Sud alors on pense que dans les prochaines heures ce sera plus dur. On est tous sur un bord obligatoire. On a un peu moins de vent que ceux du Sud. C’est bien d’être au Nord pour la rotation mais pas pour la force du vent !"

D’après les derniers relevés de vitesse, les voiliers qui naviguent sur cette trajectoire légèrement plus nord comme Jean Floc’h (Drouglazet & Riou), Cercle Vert ou Entreprendre au Pays de Lorient (Livory & Massot) ne vont plus aussi vite que ceux du Sud. Le fautif est l’anticyclone des Açores qui donne des signes de faiblesse. Les alizés ne sont pas, pour le moment, remis en cause. Mais si le centre de la haute dépression continue à se dégrader comme le montrent les prévisions et qu’il se décale vers l’ouest pour rejoindre l’anticyclone des Bermudes les 2 et 3 mai prochains, la route nord sera pénalisée. "La partie d’échec a commencé à la dernière bouée du parcours de Madère et on commence maintenant à positionner les pions. La météo va nous dire si on a raison ou pas. Mais pas tout de suite !" conclue Hervé Laurent.

En arrière de la flotte par contre, les esprits ne sont pas tous à la tactique. SOS Enfance en Danger (D’Eudeville & Merlin), l’équipage qui n’a bénéficié que de trois heures d’escale à Madère, a pratiquement réintégré la flotte. Par contre, le bateau basque Uhartz Absolut(e) vogue de galère en galère. Après avoir perdu son sponsor et être parti sans l’assurance de payer le retour cargo, voir même la location du bateau, Amaiur Alfaro & Vincent Laumaille sont victimes d’une voie d’eau. "On a refait l’étanchéité du safran. La quille nous inquiète toujours un peu, mais c’est vraiment avec la vitesse que l’on prend de l’eau. On sort deux seaux d’eau toutes les 24 heures" concède Amaiur ce midi. Depuis le départ, ils écopent deux à quatre seaux d’eau par jour. Ils ont aussi explosé un de leurs grands spinnakers. Mais ils continuent vers Saint Barthélemy.

 » Extrait des vacations

Hervé Laurent (Colbert Orco) : "Finalement, on a toujours l’oeil dessus les autres et on surveille la situation. Ils m’empêchent de faire un peu ce que je veux mais on ne peut pas trop les laisser partir. En plus il n’y a pas trop d’option possible. Cela va être pire plus tard. Je prends les positions des autres bateaux, c’est une grande nouveauté à bord ! Je prends tous les bateaux car ils sont tous dangereux. On n’est pas à l’abri d’une bulle de calme à l’arrivée. "

Arnaud Boissières (Département de l’Aisne) : "On est au portant comme tout le monde. On est au contact avec Game Boy et deux autres bateaux. Cela se passe bien, c’est plutôt tranquille. On a régulièrement des dauphins qui viennent jouer avec le bateau."

Jeanne Grégoire (Département de l’Aisne) : "Au départ de Funchal, le petit parcours s’est bien passé puis on est parti au large. On est parti sous spi puis on a empanné mais on s’est retrouvé au près. C’était un peu compliqué. Maintenant, on est dans une position pas trop mal mais on est un peu loin des premiers. Pendant trois - quatre jours, cela ne va pas bouger. On régate avec Game Boy mais à cause d’un cocotier et d’un casier dans le safran ils sont revenus. Cela met la pression !"

Philippe Cardis (Happycalopse) : "Notre problème, c’est de prendre le rythme de sommeil entre le jour et la nuit. Cela va venir mais on n’y est pas encore ! Il faudrait qu’on dorme un peu plus en journée. J’avais pris des bouquins mais on n’a pas le temps de lire !"

Amaiur Alfaro (Uhartz Absolut(e)) : "On a eu un départ musclé et on se retrouve avec un vent de 35 noeuds sous spi. On avançait bien. Mais on prenait un peu d’eau et on sortait deux seaux toutes les douze heures puis on est parti au tas, on a affalé. On a pensé faire demi tour vers Funchal. Mais dès que le vent s’est calmé on a pris moins d’eau. Puis on s’est retrouvé au près, on n’a rien compris ! Puis l’autoroute s’est installée. Mais on a explosé un spi alors on va préserver le vieux qui nous reste pour la pétole. On met le spi lourd quand il y a plus de 15 noeuds de vent."

Charles Caudrelier-Bénac (Cercle Vert) : "La Transat AG2R 2000 restera une des plus dures pour tout le monde. Pour moi qui suis d’un naturel stressé, on a fait des heures à 2 noeuds.... Mais la pression est différente cette fois-ci et la météo n’a rien à voir puisqu’on a fait quasiment 10 noeuds de moyenne depuis le départ. Dix noeuds sur ces bateaux là, c’est quasiment le maximum que l’on puisse faire. Le bateau est assez dur à barrer alors cela pèse sur le dos, les bras etc, mais c’est pour tout le monde pareil !"


classement Argos du : 29-avr-2002 : 13h00 HF

Position Bateau Latitude Longitude Dist.au but

- 1 PETIT NAVIRE LE BON GOUT DU LARGE Thierry CHABAGNY Corentin DOUGUET 30 00 N 027 39 W 2054
- 2 THALES - ARMOR LUX Erwan TABARLY Philippe VICARIOT 30 11 N 027 41 W 2055
- 3 CERCLE VERT Gildas MORVAN Charles CAUDRELIER -BENAC 30 34 N 027 21 W 2062
- 4 MARSEILLE ENTREPRISES Jean-Paul MOUREN Alexandre TOULORGE 29 58 N 027 27 W 2064
- 5 COLBERT ORCO Hervé LAURENT Rodolphe JACQ 30 06 N 027 02 W 2071
- 6 ENTREPRENDRE AU PAYS DE LORIENT Yannig LIVORY Laurent MASSOT 30 39 N 027 08 W 2077
- 7 JEAN FLOC’H Eric DROUGLAZET Vincent RIOU 30 34 N 027 19 W 2078
- 8 ESCAL’ ATLANTIC SAINT - NAZAIRE Ronan GUERIN Ronan COINTO 30 18 N 027 14 W 2079
- 9 POLIMMO François GUIFFANT Guillaume VOIZARD 30 24 N 026 58 W 2080
- 10 VAR MEDITERRANEE - EJO Gérard NAVARIN Pierre-Laurent GARNERO 30 31 N 026 55 W 2084
- 11 DEPARTEMENT DE L’AISNE Jeanne GREGOIRE Arnaud BOISSIERES 30 00 N 026 57 W 2090
- 12 ONLY Thierry LUNVEN Thierry FOURNIER FOCH 31 40 N 027 24 W 2090
- 13 GAME BOY ADVANCE Bruno JOURDREN Jérémie BEYOU 30 03 N 026 38 W 2091
- 14 PILOT Antoine CANOVAS Pierre PECCOUD 30 01 N 026 50 W 2096
- 15 AFFICHES PARISIENNES Jean-Christophe CASO Daniel VALLANCIEN 29 59 N 026 48 W 2097
- 16 HAPPYCALOPSE Philippe CARDIS Alexandre SCHNEITER 31 03 N 026 41 W 2102
- 17 AVIS - ILE DE ST BARTHELEMY Luc POUPON Jean-François LEDEE 30 01 N 026 42 W 2103
- 18 ST BARTH ASSURANCES Markku HÄRMÄLÄ Richard LEDEE 29 38 N 026 32 W 2107
- 19 "TRES" ROYAN Alexandre PERAUD William KOSTYRA 30 37 N 026 43 W 2109
- 20 D & J Demellier & Joulia Christophe BOUVET Olivier SERVETTAZ 30 11 N 026 17 W 2114
- 21 BDS Hacène ABBAR Jean-Claude HERVY 31 01 N 026 37 W 2120
- 22 SAIL FAST - MARFRET - Evénements Nautiques Denis LEMAITRE Yann GREGOIRE 29 46 N 025 58 W 2121
- 23 UHARTZ - ABSOLUT(E) Amaiur ALFARO Vincent LAUMAILLE 30 19 N 026 20 W 2125
- 24 SOS ENFANCE EN DANGER Alain d’EUDEVILLE Loïc MERLIN 31 24 N 026 11 W 2130


Dans la même rubrique

Transat AG2R 2002 : De petits groupes se forment

Transat AG2R 2002 : La vitesse est souvent une question de sensation

Transat AG2R 2002 : "Un long fleuve tranquille" ?

Transat AG2R 2002 : Les safrans "vibrent de bonheur" !

image 300 x 158Loic Merlin, fraichement lavé et massé, avant de reprendre la mer, vendredi soir à Funchal. Photo : Ch.Guigueno

A la une