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America’s Cup

Paul Cayard explique pourquoi le catamaran d’Artemis Racing ne décolle pas sur ses foils

"Nous avons eu tout faux. Maintenant nous réagissons. Nous devons étudier ces foils en L"

vendredi 1er mars 2013Christophe Guigueno

La prochaine Coupe de l’America, la 34e, va se dérouler à San Francisco cet été. Conformément aux choix de Russell Coutts, le support de cette édition sera un catamaran ailé et… foilé. Ce 3e élément n’était pas forcément prévu mais l’évolution des foils et la recherche menée pour développer ces catas de 72 pieds, leur ont permis de décoller malgré les restrictions de jauge (sur la largeur hors tout en particulier). Mais tous les AC72 lancés ne volent pas…

Le catamaran du défi suédois, Artemis, mené par l’Américain Paul Cayard, n’est jamais parvenu à lever la coque sous le vent. Et pour cause ! Les Suédois n’avaient pas imaginé pouvoir voler avec leur catamaran ailé. Imaginez leurs têtes quand ils ont vu les autres 72 pieds se lever au-dessus des eaux de San Francisco ou d’Hauraki en Nouvelle-Zélande… Fort heureusement, il reste encore quelques mois d’ici les sélections des challengers et les Suédois préparent un deuxième bateau. Lui, il décollera, comme l’explique Paul Cayard dans une interview au média numérique Scuttlebutt.

Paul Cayard : "En navigant bord à bord avec Oracle (Ndr : le catamaran américain qui re-navigue après avoir chaviré il y a quelques semaines), nous avons pu vérifier que nous avions quelques modifications à apporter. Et c’est d’ailleurs ce que nous avons entrepris. La bonne nouvelle, c’est que nous avons pris cela en compte en février et pas en juillet ! Mais nous devons nous concentrer sur les foils.

A propos des foils, il faut comprendre que tout n’est pas noir ou blanc dans ce domaine. Des foils servent à diminuer le déplacement d’un bateau. L’effet de sustentation se fait par l’intermédiaire du safran et de la dérive. Sur un spectre de zéro à la totalité du poids du bateau, un pur foiler dispose d’une force de soulèvement égale au poids du bateau.

Notre catamaran dispose de dérives en J. Comme elles soulèvent le bateau pour un certain pourcentage de son poids, elles ne permettent pas de décoller. Jouer avec les foils intègre d’évaluer la trainée induite par ces dérives. Les AC72 "full foilers" utilisent des dérives en L (Ndr : en T, elles sortiraient du cadre de la largeur maxi imposée par la jauge). Pourtant, ces dérives créent plus de trainée que les dérives en J. Par contre, elles apportent plus de force de sustentation.

Ainsi, chaque équipe a fait ses calculs et nous pouvons dire que nous avons eu tout faux. Maintenant nous réagissons. Nous devons étudier ces foils en L et voir leur impact sur la manœuvrabilité du catamaran.

Pour se faire, nous allons parer un de nos AC45 d’une version foiler pour nous entraîner. Cela va nous aider à combler notre retard et à développer notre deuxième AC72. Nous n’allons pas modifier le premier bateau parce que cela prendrait trop de temps. Le second bateau était déjà prévu avec des foils à 80% mais il sera équipé d’un package permettant un décollage total. Ces changements vont un peu retarder sa mise à l’eau mai nous espérions pouvoir naviguer à son bord début mai."

Pendant ce temps-là, les autres défis décollent. Le Defender, Oracle, navigue avec son catamaran réparé et tourne autour d’Artemis en baie de San Francisco. En Nouvelle-Zélande, les Kiwis ont lancé leur deuxième bateau et s’entraînent avec les Italiens de Luna Rossa Challenge…


Voir en ligne : Source sailingscuttlebutt.com/news/13/0301/



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