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Vendée Globe

Bernard Stamm : "J’ai le droit de demander la réouverture du dossier donc c’est ce que je vais faire"

Les réactions d’Alain Gautier, Mike Golding et Jean Le Cam

mercredi 2 janvier 2013Christophe Guigueno

Bernard Stamm a répondu à la vacation officielle de l’organisation Organisation #organisation après que le jury international du Vendée Globe ait décidé de l’exclure du classement. Le skipper de Cheminées Poujoulat est forcément abattu par la décision intransigeante. Hélas, cette règle, si dure soit-elle, fait du Vendée Globe ce qu’il est. Une course exceptionnelle. Dans le cas particulier de Stamm, cette "assistance" s’est produite sans son consentement. C’est peut-être ce qui pourrait faire changer d’avis au jury puisque le skipper demande la réouverture du dossier. Et, comme il le dit, alors qu’il jouait le podium, son classement est fichu depuis qu’il a décidé de s’arrêter réparer...

Les réactions d’Alain Gautier, Mike Golding et Jean Le Cam

Alain Gautier (vainqueur en 1993 et consultant sécurité) : Le jury international est composé de membres venant d’autres pays que la France, nommés par la Fédération Française de Voile. C’est un jury totalement indépendant de la direction de course et du reste de l’organisation Organisation #organisation . Leurs textes sont très clairs et dans le cas de Bernard, ils ne peuvent aller que dans ce sens là. Malheureusement leurs décisions ne conviennent pas toujours, il y a souvent un sentiment d’injustice. Mais hélas c’est comme ça, le jury est souverain. Comme dans tous les sports, c’est l’arbitre qui a raison. Comme Mike Plant en 1989 dans l’île de Campbell, qui s’était arrêté pour réparer. Des gens de l’île étaient venus l’aider pour sauver son bateau. Mike Plant s’était en quelque sorte auto-disqualifié et a continué sa course en arrivant aux Sables d’Olonne hors course. Bernard est un redoutable marin, il va se battre, j’espère qu’il va trouver des solutions mais il faudra malgré tout accepter la décision du jury après cet « appel ». Les gens viendront l’acclamer de toute façon, ils viennent toujours accueillir les marins aux Sables : classés ou non classés, premiers ou derniers.

Mike Golding (GBR, Gamesa) : Le Vendée Globe est LA course ultime en solitaire. Nous devons en accepter les règles et l’absence d’assistance nous oblige à une totale autonomie. Je pense que je comprends le processus derrière la décision. Les règles sont les règles, etc. Mais quand vous connaissez l’histoire Histoire #histoire de Bernard et la situation dans laquelle il est, avec une grande partie du Pacifique Sud à parcourir, puis le Cap Horn et la menace des icebergs, ça parait très injuste. Ça semble ne pas être une bonne décision. Mais comme je l’ai dit, les règles sont claires et malheureusement avec les informations que j’ai, il semble que ces règles ont été violées par inadvertance. Et c’est, je pense, un point considérable : par inadvertance. Je suis vraiment réservé sur cette décision, elle ne me semble pas correcte et je suis vraiment, vraiment très triste pour Bernard. J’espère qu’il pourra faire appel et rester en course. La course pour les leaders, c’est d’être leader, mais pour une majeure partie de la flotte - dont moi - cette course c’est d’abord l’atmosphère du départ, de l’arrivée et la fantastique aventure Aventure qu’il y a entre les deux. Les classements, les positions sont bien sûr des choses que vous suivez avec intérêt, ça vous oblige à continuer de pousser le bateau, de vouloir rattraper ceux qui sont devant etc, mais ce n’est pas l’unique objectif du Vendée Globe. À son retour aux Sables d’Olonne, je suis sûr que Bernard sera accueilli comme tous les autres bateaux, peut-être même plus. Bernard est un skipper très populaire, et un homme adorable, il a travaillé si dur pour ce projet. Toutes les personnes qui l’ont accompagné dans cette aventure Aventure et toutes les personnes qui le suivent vont être véritablement déçues par ce qui va leur sembler être une décision sans cœur. Bernard doit être accablé. Je comprends vraiment et c’est presque une réplique de ce qu’il s’est passé il y a quatre ans, quand la sécurité du bateau et de ce qui l’entoure passe d’abord.

Jean Le Cam (Synerciel) : « Je suis remonté comme une pendule sur cette histoire Histoire #histoire -là. Pour moi, Bernard a agi en bon marin, il a tout fait pour sauver son bateau et on le pénalise ! Pour vous donner une image, c’est comme si un mec se retrouve au bord de la falaise, il risque de tomber, il y a quelqu’un qui lui tend la main et il devrait lui répondre : « ben non, parce que c’est le règlement, alors tu ne me tends pas la main », et il tombe de la falaise ! Ça me désespère. Si ce qu’a vécu Bernard n’est pas un cas de force majeure alors je ne sais pas ce que c’est. J’ai envoyé un mail au jury ce matin car on ne peut pas prendre des décisions pareilles. Il faut se rendre compte qu’à l’avenir on ne pourra plus se porter assistance en cas de danger immédiat, de peur d’être disqualifié. Devrions-nous laisser nos bateaux aller au carton ? »



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