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Organisation

A.S.O. monte en danseuse sur le Tour de France à la voile

jeudi 31 mai 2012Christophe Guigueno

Amaury Sport Organisation, filiale du Groupe Amaury, propriétaire du quotidien L’Équipe et de sa chaine TV du même nom, organisateur du Tour de France cycliste et du Dakar, a présenté ce matin sa nouvelle « danseuse », le tour de France à la voile. Avec pour objectif « l’internationalisation et une médiatisation renforcée » de la course.

Au dernier étage du vaisseau du groupe, l’équipe d’A.S.O. a donc présenté à la presse et aux skippers qui avaient fait le déplacement, leur vision du Tour de France à la voile. « Contactés par les éditions Larivère en décembre dernier » comme l’a rappelé Yann Le Moënner, le directeur général d’A.S.O., les organisateurs de compétitions cyclistes et automobile (entre autres), se sont offert « un cinquième univers » avec la voile.

Disposant d’une réputation de classique avec un beau parcours et un nouveau bateau - le M34 d’Archambault -, le Tour de France bénéficiait du support des étudiants concourants pour un classement spécifique et du passage régulier de professionnels de haut niveau. Avec le nouveau bateau, les étudiants ont quelque peu lâché prise sur cette épreuve devenue coûteuse au profit du circuit des Longtze, ces petits sportboats transportables. Le classement “étudiants“ ayant disparu, le Tour devient une épreuve principalement professionnelle avec des navigateurs issus des circuits solitaires, équipage ou voile légère. De quoi bien se rapprocher de l’esprit A.S.O.. Mais avec un classement “amateur“ toujours en jeu, c’est de l’ambiance “Dakar“ que semble s’inspirer la nouvelle équipe afin de mêler sport pro, à dimension de haut niveau, et international, avec du sport amateur pour étoffer la participation.

Le Tour de France à la voile, mélangeant haut niveau, étudiants et amateurs avec ses trois classements n’était pas facile à couvrir. A.S.O. en garde deux et en ajoute pourtant… deux autres, façon Tour de France cycliste.

Ainsi, de nouvelles couleurs apparaîtront dans les spis pour identifier les leaders des différents classements. Aux côtés du classement général (spi bleu) et du classement amateur (spi rose), deux classements spécifiques permettront d’identifier les spécialistes : classement au large (spi vert) et classement technique (spi rouge). [1]

L’idée est intéressante de promouvoir les bons offshoristes (large) des bons régatiers (techniques). Faudra-t-il encore que ces deux classements mettent en valeur des équipages différents à la façon des classements montagne et sprinters en vélo.

Par ailleurs, le classement « à rebours », qui sacrait le concurrent ayant le minimum de points, sera remplacé par un classement où comme dans de nombreux sports, il faudra cumuler le maximum de points pour être sacré vainqueur.

Pour les points, A.S.O. a choisi le cumul, plus compréhensible que le système olympique. Bonne idée pour en faciliter la compréhension de la course auprès du grand public et des fans mais… pourquoi mettre des coefficients aux courses au large ?

Enfin, les coefficients ont eux aussi été modifiés avec l’apparition d’un coefficient 4 pour les étapes les plus longues (supérieures à 150 milles). Pour Christophe Gaumont, directeur de course : « ces coefficients vont permettre de rétablir l’équilibre entre les courses au large et les parcours techniques d’une heure et demi. Le vainqueur du Tour de France à la Voile 2012 devra être polyvalent ! ». 


La réflexion menée est compréhensible. Quoique. Le Tour de France à la voile est-t-il une course au large ou une course en baies ? Ils n’ont pas tranché et ce sera 50 – 50 au niveau des points. Avec des coefficients selon la taille des six étapes. La Volvo Ocean Race, course au large autour du monde en équipage a fait un choix inverse. Toutes les étapes offrent le même nombre de points (30 pour le premier des 6 bateaux) et toutes les inshores apportent des points modérés (6 au premier). Pourquoi ne pas s’en être inspiré ? La VOR est ainsi assez facile à suivre et chacun peut aisément estimer les classements en fonction des positions.

Reste qu’A.S.O. n’a disposé que de cinq mois pour préparer ce tour 2012 et il s’agit donc là d’une copie de prise en main. Son équipe organisatrice pense aussi au futur avec de nombreux projets comme celui d’apporter « une aide logistique » pour les équipes et, en particulier, pour les équipes internationales en proposant « avec l’inscription, des offres d’hébergement et une assistance pour le bateau à la façon de ce qui se fait pour le Dakar » a ajouté Baptiste Kern, le nouveau directeur du Tour de France à la voile. « Une aide commerciale », toujours inspirée de ce qui est fait pour le Dakar et un « kit de communication » seront aussi fournis aux concurrents pour monter leurs projets.

Avec de nombreux soutiens au sein groupe en ce qui concerne la couverture média avec L’Équipe, L’Équipe TV et les partenaires, plus la force commerciale d’A.S.O. et son expérience internationale, le Tour de France à la voile devrait monter de quelques crans dans le classement des épreuves sportives. Bénéficiant du soutien de la FFV pour promouvoir l’équipage déjà mis en valeur par les performances de l’équipage de Franck Cammas sur la Volvo Ocean Race, le Tour pourrait faire de l’ombre à sa concurrente estivale, la Solitaire du Figaro. Et si Nicolas Troussel ou Corentin Douguet, transfuge du solo à l’équipage avaient fait le bon choix ?


[1Extrait du communiqué de presse



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