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Transa AG2R

Pellecuer & Mouren l’emportent à Saint Barth

Les Méditerranéens gagnent la transat en double

mardi 13 mai 2008Information Transat AG2R

Après 22 jours, 19 heures, 13 minutes et 56 secondes de course, Jean-Paul Mouren et Laurent Pellecuer ont coupé la ligne d’arrivée de la Transat AG2R Concarneau-Saint Barthélémy à 9 heures, 13 minutes, 55 secondes (Heures française) soit 3 heures 13 minutes 55 secondes (heure St Barth).

S’il fallait trouver un dénominateur commun aux cinq équipages déjà arrivés à saint-Barth, c’est bien la joie qu’ils éprouvaient tous à poser pied à terre sur l’île antillaise. Non par lassitude d’être en mer, mais parce que tous avaient ce sentiment d’avoir bien fait le boulot. Joie teintée de retenue pour certains, débordante voire exubérante pour d’autres, malicieuse encore pour les derniers. Vainqueur final du Trophée AG2R de la performance solidaire : Concarneau Saint-Barth avec Cinq victoires.

A chacun son tempérament : quand un Jean-Paul Mouren exulte de remporter sa première grande victoire sur un circuit Figaro où il a usé nombre de fonds de cirés, c’est tout en pudeur et retenue. Un brin de malice dans le fond de l’œil, quelques rides sur le coin de l’œil trahissent le bonheur immense d’avoir cru dans son option, d’avoir tracé un bout de chemin culotté mais couronné de succès. Quand un Laurent Pellecuer savoure son bonheur, c’est en débit de parole sans retenue comme s’il avait encore de l’énergie à évacuer. Quand les deux jeunots de Concarneau – Saint-Barth le vivent, c’est excessif, démesuré et terriblement touchant. Quand des vieux routiers comme Luc Poupon, Jean Le Cam ou Gildas Morvan, c’est tout en satisfaction d’être fier de leur route, en ironie mordante parfois quand les analyses divergent… Bref ! Ils sont si contents d’être là qu’on s’en voudrait de gâcher ces instants qui n’appartiennent qu’à eux.

C’est SNEF & Cliptol Sport qui ouvrait donc le bal en arrivant de leur voyage au bout de la nuit, visiblement fatigués mais heureux de pouvoir toucher enfin leur Graal. A la barre Jean-Paul Mouren, toujours aussi sage mène les derniers bords du bateau vainqueur entre vedettes venus à leur rencontre et bateaux au mouillage, aux écoutes Laurent Pellecuer semble avoir découvert la recette du mouvement perpétuel. Il est trois heures du matin à Saint-Barth, mais l’île est déjà en ébullition.

Quand Luc Poupon et Ronan Guérin arrivent, la pression est montée d’un cran. A quelques milles seulement, suit l’enfant prodige de Gustavia, Miguel Danet… Luc, en bon frère de la côte ne s’en offusque pas plus que çà, qui doit attendre que les jeunots lâchent la bonde d’une euphorie débordante. Tours d’honneurs, plongeons dans le port, chorale des enfants des écoles, on trouve toute la panoplie des monômes consécutifs à un examen de passage réussi. Quand les deux compères de Cercle Vert passent à leur tour la ligne, le soufflé est retombé… Quatrième, la place du c… Comment maître Jean et son camarade Gildas vont-ils réagir ? Assistera-t-on à la première saillie du clan des déçus ? Que nenni ! Ils débarquent de leur monotype frais comme des gardons, l’oeil vif, l’écaille luisante, fiers du sillage qu’ils ont laissé derrière eux. Ils sont les premiers de la route intermédiaire, n’ont pas voulu jouer leur course à qui-perd-gagne. Ils n’ont pas gagné, mais ils n’ont pas perdu non plus. La route de leurs adversaires sudistes, ils l’analysent au bout du compte comme le choix de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Et puis, la course au large, n’est-elle pas un sport qui laisse encore une large part aux caprices de Dame Météo…

Un verre de ti-punch, un bon steak frites, un autre verre de ti-punch, ils redécouvrent la liste des plaisirs qu’ils s’étaient interdits depuis trois semaines. Pouvoir s’arrêter, refaire le monde de la course au large entre adversaires parfois complices, retrouver femmes et enfants, compagnes et copains de comptoir, la vie est parfois si simple qu’il serait ballot de ne pas en profiter.

Ils ont dit

SNEF & Cliptol Sport, Jean-Paul Mouren et Laurent Pellecuer, 1er au classement général
- Laurent Pellecuer : « Enorme ! Un grand bonheur. Les vainqueurs de course nous ont toujours fait rêver et là c’est à notre tour de le vivre. Je ne suis pas sûr d’être encore dans la réalité. Nous avons fonctionné comme un vieux couple qui s’engueule pour un coup d’éponge et se retrouve dans des grosses glissades sous spi. »
- Jean-Paul Mouren : « Merci Saint Barth ! On jouit d’un privilège fantastique. On a eu de la réussite, à présent nous avons un peu de champagne et nous sommes accueillis par le sourire de nos amis. J’ai l’impression d’être sur un petit nuage. Dix ans après notre première participation ensemble où nous avions terminé 3è, on peut dire que nous avons bien vieilli, nous sommes confiants sur notre maturité. »

SOLARINOX – Luc Poupon et Ronan Guérin , 2e au classement général
- Luc Poupon : « La route du sud, c’est un choix qu’on a arrêté au large de Lisbonne. On n’avait pas envie de chercher des fronts comme ils font à Port-la-Forêt. On a essayé de se démarquer de la meute commune. L’AG2R, ce n’est pas le Figaro… »
- Ronan Guérin : « On ne se connaissait pas tant que ça. Par rapport aux heures d’entraînement, le résultat est plutôt satisfaisant. Moi j’aime bien naviguer avec des Luc Poupon, des Christophe Auguin… Leur caractère d’aventurier me convient bien. »

CONCARNEAU SAINT-BARTH Eric Péron & Miguel Danet , 3e au classement général
- Miguel Danet : « L’objectif de cinquième au classement général, on se l’était fixé avant le départ. Je ne pense pas que je ferai carrière en Figaro Bénéteau, tout au moins pas tout de suite. »
- Eric Péron : « On a eu un accueil fantastique à Saint-Barth. On s’est bien entendu dès le début du projet et du coup on peut chercher nos limites. Miguel déborde d’enthousiasme ; nous avions cru dans notre option dès le début… »

CERCLE VERT Jean Le Cam – Gildas Morvan, 4e au classement général
- Gildas Morvan : « Après Madère, on partait par temps fort, cap à l’ouest. Mais quand tu regardais, il apparaissait que la route du nord était bouchée. »
- Jean Le Cam : « En Figaro, l’intérêt, c’est que ton analyse est brute. Comme tout le monde va à la même vitesse, l’explication qui t’arrange pour justifier ton échec, elle n’existe pas… la prise de décision, elle se fait à Madère. Tous les premiers ont choisi de partir à droite, ce n’est peut-être pas un hasard. Il fallait juste trouver le moment pour basculer vers le sud. »

Photos A.Courcoux / www.stichelbaut.com


Ordre d’arrivée

Rg Bateau Equipage Teamps date Vit
1 SNEF et Cliptol Sport PELLECUER Laurent - MOUREN Jean 22j 19h 13m 55 13/05/08 9:13 6,78
2 SOLAR INOX GUERIN Ronan - POUPON Luc 22j 23h 45m 4s 13/05/08 13:45 6,72
3 CONCARNEAU - ST BARTH PERON Eric - DANET Miguel 23j 0h 9m 26s 13/05/08 14:09 6,72
4 CERCLE VERT MORVAN Gildas - LE CAM Jean 23j 1h 31m 45s 13/05/08 15:31 6,7


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