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Trophée Alain Colas

Record sur 24h puis abandon pour Thomas Coville

"Je me dirige vers Cape Town. Ensuite, on va rentrer aux Sables d’Olonne"

dimanche 6 janvier 2008Redaction SSS [Source RP]

Thomas Coville venait de battre - à 0H45 UTC soit 1H45 heure française - le record des 24 heures en solitaire. Thomas venait de parcourir 619,3 milles à la moyenne de 25,8 nœuds battant ainsi de trois milles le record détenu par Francis Joyon (616,03) quand il a décidé de faire demi-tour.

Exactement 5 minutes après avoir battu le record de distance sur 24 heures et alors qu’il naviguait à la latitude des Iles Kerguelen, Thomas monte sur le pont pour réduire et découvre qu’il a perdu la crash box du flotteur tribord.

Même s’il est trop tôt pour dire si c’est suite à un choc ou pas, Thomas qui avait vu hier deux icebergs de plusieurs centaines de mètres de long, constatait qu’il y avait des growlers – morceaux de glace flottant entre deux eaux - autour du bateau. Sorte de pare-choc, la crash box est là pour éviter de casser tout le bateau en cas de choc et doit garantir l’étanchéité du flotteur.

Thomas Coville : « Je venais d’avoir la nouvelle que j’avais établi un nouveau record sur 24 heures quand j’ai senti comme un coup de frein. Je sors immédiatement et je vois une gerbe d’eau qui monte à 3 mètres au-dessus du flotteur tribord. Je choque les voiles d’avant. En quelques secondes, tu comprends ce qui se passe sans savoir comment. Dans l’urgence, j’ai affalé pour gérer la sécurité. Je ne sais pas ce qui est arrivé. Quelques instants plus tard, j’ai vu un morceau de glace mais je pense que le choc aurait été plus franc, plus violent si j’avais heurté de la glace. Et là, je suis resté sur le trampoline, les bras ballants, concentré sur l’action même si une partie de moi est très déçue.

Tout le film se déroule : ce que tu as fait et ce que tu ne feras pas. 20 jours de course ! Comme un scénario de film tragique ! Comme je n’avais pratiquement pas dormi depuis 3 jours, j’ai essayé. Sans succès. J’ai quand même fini par sombrer. Quand je me suis réveillé, il faisait grand jour et là je me suis demandé si ce n’était pas tout simplement un cauchemar. Le bel oiseau est bien là, atrophié.

Je suis à mi-chemin entre les Kerguelen et l’Afrique du Sud au milieu de nulle part. Je me dirige vers Cape Town. Ensuite, on va rentrer aux Sables d’Olonne.

C’est un projet engagé donc très exposé. J’accepte cet abandon car il fait partie des règles du jeu. J’ai pris un réel plaisir à naviguer sur ce bateau. Plus ça allait, plus je me sentais libre dans cette partie du globe où on ne survit que toléré ; je me sentais en osmose. Le compétiteur est forcément déçu. Il me faudra du temps pour analyser tout cela. J’ai envie d’y retourner car j’ai trop d’amertume que cela se termine aussi tôt ».

Le trimaran se déroute actuellement vers Capetown (Afrique du Sud) distante de 1300 milles.

A noter que Thomas a battu le record lors de sa 20 ème journée de navigation, tout comme Francis Joyon, et dans la même zone de l’Océan indien, avec qui plus est un schéma météo assez similaire, en avant d’une dépression.

Réaction de Francis Joyon, suite à l’abandon de Thomas Coville : " Tout d’abord, comme le veut la tradition, je félicite Thomas de m’avoir repris le record des 24 heures , ce qui prouve le gros potentiel de son bateau, et la volonté de vouloir l’exprimer dans ces latitudes difficiles ... pour ce qui est de l’avarie de Sodeb’O, c’est la hantise pour tous les tourdumondistes, l’avarie qui oblige à l’abandon, sur un trajet aussi long et difficile. J’imagine que thomas doit être contrarié, et moi je suis déçu de perdre un concurrent et l’aiguillon sportif qu’il représente. "

Info presse Champs Média / www.sodebo-voile.com



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