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Voile légère

Ces skiffs qui squizent les "anciens" dériveurs

Le 29er dériveur officiel jeune à la FFV • Un autre skiff pour les femmes aux JO 2012

lundi 26 mars 2007Redaction SSS [Source RP]

Voile légère, le temps de la rupture ? En ces temps de campagne électorale, le thème de la rupture touche également le monde de la voile légère. En effet, que ce soit avec les nouvelles orientations de la FFV en matière de voile légère ou avec les tests organisés en France par l’ISAF afin de choisir un nouveau dériveur olympique pour les femmes, ce sont des bouleversements qui s’annoncent… Un gagnant, le skiff !

Soucieux de prendre en compte les évolutions de la pratique de la voile légère et de redynamiser la pratique du dériveur, les dirigeants et l’équipe technique de la Fédération Française de Voile se sont engagés depuis plus d’un an dans un gros travail de réflexion et de consultations sur l’enseignement de la voile, la pratique de loisir et de compétition. Ce vaste chantier commence à porter ses fruits et traduit une rupture philosophique importante dont le signe le plus marquant est la création d’un championnat de France glisse et l’apparition du 29er comme dériveur officiel jeune.

Une (r)évolution à la FFV ?

Petit frère du 49er olympique, ce skiff tend à remplacer de par le monde le bon vieux 420. Il a notamment été choisi par l’ISAF pour les championnats du monde jeunes des deux prochaines années et de nombreuses fédérations nationales sur tous les continents l’ont substitué au presque cinquantenaire 420. Etrangement, la France s’était tenue à l’écart de ce mouvement de renouveau de la voile légère et de toute une génération de nouveaux dériveurs qui sont devenus la norme à l’international depuis une bonne dizaine d’années.

Sans remplacer le 420, là n’est pas l’objectif, la promotion en France du 29er vient donc mettre un terme à cette exception culturelle française et devrait offrir de nouvelles perspectives de promotion de la voile légère, en recherche d’un nouveau souffle et de bateaux vecteurs de sensations plus en adéquation avec les valeurs et l’esprit du temps, la glisse, la simplicité, la technicité et la vitesse. Au mois d’avril, lors du week-end de Pâques, l’Eurocup 29er au Lavandou servira d’épreuve de sélection pour le mondial ISAF aux équipages français qui, depuis plusieurs mois, commencent à découvrir les joies du skiffs et des sensations que seuls ces dériveurs sont capables de procurer. En juillet, à La Rochelle, ce sont une vingtaine de 29er aux couleurs de la Banque Populaire qui disputeront un championnat de France jeunes.

Entre temps, et c’est une innovation voulue par la FFV, les 29er pourront rejoindre certaines épreuves du trophée Breizhskiff.com qui rassemblent en interséries depuis plus de cinq ans tous les pratiquants de skiffs et de nouveaux dériveurs avec un succès grandissant d’année en année. Cette cohabitation entre les jeunes issus des filières fédérales et une population d’adultes amateurs, adeptes du skiff est une réelle innovation et participe d’un décloisonnement nécessaire dans la pratique de la voile légère et pour son renouveau.

Un skiff comme dériveur olympique pour les femmes ?

Si la voile légère olympique s’est ouverte depuis les JO de Sydney au skiff avec le 49er, si le 29er tend à devenir le « support » de référence pour les jeunes, les femmes devraient également bientôt découvrir les joies et les plaisirs du skiff. En effet, dans la perspective des JO de Londres en 2012, l’ISAF organisera le 14 et le 15 avril à Hyères un test de plusieurs skiffs destinés aux femmes. Ce sont 6 dériveurs hautes performances qui seront confrontés et soumis à des spécialistes qui auront la lourde charge et le privilège de faire des recommandations en vu de l’adoption pour 2012 de ce nouveau dériveur olympique.

Ces six skiffs sont tous produits par des chantiers anglais et issus du dessein des meilleurs architectes de voile légère. Le légendaire Julian Bethwaite, déjà père du 49er et du 29er présentera le 29er XX. Ce bateau a l’avantage de reposer sur un nouveau gréement avec double trapèzes sur une coque de 29er. Ce dernier sera également en compétition sans réelle chance de l’emporter mais avec l’unique objectif de montrer la complémentarité de la gamme 29er, 29er XX et 49er.

Le RS 800 est un skiff double trapèzes déjà fortement développé en Europe. Il est construit par le chantier LDC qui en l’espace de 13 ans a su développer une gamme complète de nouveaux dériveurs et s’est imposé sur le marché mondial comme le constructeur de dériveurs le plus dynamique à l’heure actuelle. Le choix du RS 800 viendrait donc récompenser une fabuleuse success story dans le monde de la voile légère. A côté de ces poids lourds, preuve du dynamisme de la voile légère Anglaise, des chantiers de plus petite taille présenteront des bateaux intéressants.

Le Cherub Daemon fait office d’outsider principal : version monotype de la jauge anglo-saxonne des Cherub, le Dameon a tiré ses premiers bords il y a quelques semaines et a déjà impressionné l’ensemble des observateurs. Ne pesant que 65 kg, doté d’un T-foil, ce skiff semble en navigation et sur le plan technique le plus intéressant de tous, tout en étant le moins cher. Cet argument compte à l’heure ou la voile doit faire des économies pour se maintenir comme discipline olympique.

Autre évolution monotype de la jauge des Cherub, le GT 60 devrait tirer ses premiers bords à Hyères. Beaucoup d’incertitudes pèsent néanmoins sur la viabilité de ce projet.

Enfin, plus pour le symbole que pour la gagne, le 14 Pieds International, le plus ancien et pourtant le plus moderne des skiffs, devrait également être présent à Hyères. Handicapé par son prix, par sa jauge ouverte et les gabarits qu’il exige pour être mené à son maximum, il semble n’avoir que peu de chance de décrocher un jour les anneaux olympiques, mais sa présence à Hyères témoignera de la vitalité des skiffs dans le monde de la voile légère moderne.

Le choix définitif de ce nouveau dériveur olympique sera entériné lors du congrès 2008 de l’ISAF. D’ici là, nul doute que les lobbys et les représentants de différentes séries se livreront en coulisses à une lutte sans merci auprès des instances de l’ISAF. Le spectre de Yngling hante encore les congrès de la vénérable institution qui organise à l’international la pratique de notre sport.

Info presse Cédric Fraboulet / www.breizhskiff.com



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