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Industrie nautique

Le Groupe Bénéteau est toujours le First

Avec de nombreuses nouveautés dans ses filiales, il savoure 10 ans de croissance

mardi 24 octobre 2006Christophe Guigueno

La semaine dernière, le groupe Bénéteau a présenté, sous la direction de Bruno Cathelinais, l’évolution du groupe et de son environnement Environnement . Le numéro un de la plaisance Plaisance #Plaisance mondiale en a profité pour mettre en avant son nouvel étendard, le Hamilton II, un monocoque de 35 mètres construit par la filiale CNB.

Ce n’est pas l’image grand public du groupe Bénéteau dont on connaît plutôt les voiliers de course-croisière ou de charter vendus sous les deux grandes marques de la maison vendéenne, Jeanneau et Bénéteau. Hamilton II est pourtant tout autant un Bénéteau qu’un First ou un Océanis. En tout cas, la bête est impressionnante : 35,70 mètres de long, 31,50 à la flottaison, 8,07 de large et 42,25 de tirant d’air… Sa quille qui porte un lest de 30 tonnes peut remonter de 5 mètres à 3,50 pour se « garer » dans un port à hauteur d’eau raisonnable. Côté propulsion, il porte 455 m2 au près et peut envoyer un spinnaker asymétrique de 800 m2. Construit en carbone, balsa et vinylester, ce nouveau voilier a été dessiné par Philippe Briand appelé récemment auprès du groupe pour concevoir ce géant. Le client, le prince Aga Khan voulait faire le tour du monde à bord… Il sera décédé avant la construction, mais demeure désormais ce « rêve absolu » comme le décrit Dieter K.Gust.

CNB est ainsi la porte d’entrée du groupe sur le marché des grands yachts à voile. Cela représente 30 à 40 unités en construction par an. Depuis 2000, le composite a connu une forte augmentation à l’instar du Hamilton II « tout en carbone » alors que l’aluminium reste une valeur sûre. Le chantier qui fêtera ses 20 ans en 2007, annonce un nouveau « projet phare sur Bordeaux » avec le Chrisco 100 dont l’appel d’offre a été remporté face à Wally, Baltic et Nautor… Le groupe Bénéteau se sent donc bien dans ce domaine de la haute couture d’où justement est issu Gust, membre du directoire et responsable de ces gammes. Des gammes qui comprennent aussi les catamarans Lagoon et les voiliers Wauquiez.

Nouveau cru de « Bordeaux » entre les gros et les petits

Il s’agit là de « deux secteurs à fort potentiel pour des bateaux à vivre » explique Gust. Chez Wauquiez, on lance un nouveau projet de 55 pieds après le succès des 41’ et 47’ présentés comme des « monospaces de la mer ». Côté catamarans, « un marché à plus forte croissance que celui (global) de la voile », Lagoon reste le leader mondial avec plus de 800 unités par an. Et fort de ce succès, Bénéteau pousse le bouchon encore plus loin en poursuivant le développement de sa gamme « Hybrid », version Fifty-fifty pour terrains de tennis flottants. « On a eu plus de 80 commandes au lancement des bateaux » ajoute Gust. C’est donc pris pour « un signe » encourageant. Enfin, le groupe industriel lancera en 2007 ce qu’il appelle « un trait d’union parfait » entre le petit des gros, le CNB 105, et le gros des petits, le First 50. Il s’agit d’une nouvelle gramme nommée « Bordeaux » étalée de 60 à 80 pieds dont le premier de cordée sortira en mars.

Le First 50 est de son côté le nouveau fer de lance de la gamme Bénéteau. Dessiné comme le géant par Philipe Briand, il a bénéficié d’une décoration intérieure signée Veerle Battiau. Côté course, il y a les First, côté croisière, il y a les Océanis dont la 4e génération monte elle-aussi à 50 pieds. Chez Jeanneau, premier concurrent de Bénéteau, on se repose sur la gamme Odyssey et ses versions DS et i « comme injection ». Ce n’est pas là de moteur dont on parle, mais de méthode de construction avec un pont complet en injection… La concurrence entre les deux marques se poursuit d’ailleurs sur le moteur avec Bénéteau qui relance une marque oubliée, Monte Carlo. Une vedette open de 37 pieds sera une des grandes nouveautés du salon Salon #Salonnautique nautique de Paris en décembre, ceci afin d’afficher « une ambition plus grande de Bénéteau dans le domaine du moteur » comme le souligne Jean-François de Prémorel. Le chantier présente aussi un Trawler de 42 pieds sur plans de Michel Joubert. Il en faut pour tous les goûts.

Un chiffre d’affaires multiplié par plus de 8 en 10 ans

Dix ans après le rapprochement de Jeanneau et Bénéteau, en cette année de rapprochement entre les numéros 1 et 2 de la location « Moorings et Sunsail, gros clients du groupe, Bénéteau peut être fier de son bilan et de ses 4000 emplois créés en dix ans dont 80% en France. Parallèlement, le chiffre d’affaires du groupe s’est multiplié par plus de 8 pour atteindre près de 860 millions d’Euros en 2006. Avec un métier principal basé sur l’industrie du bateau, le groupe réalise 12% de son CA par d’autres activités comme la filiale de quadricycles légers de Jeanneau et Ohara, « l’hôtellerie de plein air » de Bénéteau. Le taux de croissance du groupe est ainsi de 5,1% sur la décade, poussé par les 9,6% de la voile. Ce fut « une décade généreuse avec un marché en croissance » a souligné Bruno Cathelinais. Et « la voile va continuer de connaître des croissances supérieures à celles du moteur. C’est une tendance pour les 10 à 20 ans qui viennent. » Cela s’explique par « la hausse du pouvoir d’achat d’habitants de la planète » et par « la civilisation de loisir qui se développe avec de plus en plus d’attraits pour la mer ».

Cathelinais explique aussi ces bons résultats par l’industrialisation du groupe. « Les process ont été rationalisés ce qui a impliqué une baisse constante des prix depuis les années 90. Cela est dû aussi à l’imagination puisque nous proposons 15 à 20 nouveautés par an. Il y a une accélération des collections pour faire une analogie avec l’industrie textile. Enfin, il y a une augmentation du spectre de clientèle. Les premiers acquéreurs sont plus jeunes et, avec une espérance de vie de plus en plus longue, les propriétaires naviguent plus longtemps. » En plus, de nouveaux marchés s’ouvrent à cette industrie. « Nous sommes dans un monde qui bouge beaucoup plus vite que nous. Les zones de l’Europe de l’Est et de l’Europe méridionale n’ont pas atteint leur maximum de développement. L’Amérique du Sud représente de plus en plus de clients potentiels. Ensuite, il y a les marchés de l’Inde et de la Chine avec des gens qui vont découvrir les loisirs et donc les loisirs nautiques… » Et donc découvrir les produits Bénéteau…


Voir en ligne : Plus d’infos sur www.beneteau-group.com



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