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Transat Anglaise

Anne Caseneuve brigue la victoire en 50’

"Nous sommes que 3 trimarans de 50’ au départ sur les 40 concurrents"

mercredi 27 avril 2005Redaction SSS [Source RP]

A 40 ans et avec près de 30 traversées de l’Atlantique à son actif, Anne Caseneuve, skipper du trimaran Acanthe Ingénierie, vise la victoire sur la Transat Anglaise, épreuve de légende qui s’élancera de Plymouth (GB) le 29 mai prochain. Navigatrice tenace mais discrète, Anne possède un palmarès bien étoffé et poursuit sa carrière sans faire de vagues... A un mois du départ de l’Ostar, rencontre avec Anne Caseneuve.

Cela fait plus de 20 ans que vous naviguez sans relâche... Comment vous est venue cette passion ?
- J’ai passé les 16 premières années de ma vie en Afrique, où mon père avait un bateau, alors naturellement, c’est parti très vite ! Ensuite, de retour en France, comme tout bon breton je suis devenue moniteur de voile à 16 ans, et j’ai passé les divers diplômes et brevets qui me permettaient d’exercer un métier dans cette branche.

Lorsque vous n’êtes pas en course, vous partagez votre temps entre l’école de voile que vous dirigez dans le Golfe du Morbihan, et les convoyages vers les Antilles. Une vie trop sédentaire, très peu pour vous ?
- Après la mer, mon autre passion est la montagne... Et comme dénominateurs communs, il y a bien sûr les grands espaces, le voyage, l’aventure. Ce sont des dimensions fondamentales pour moi.

Et comment expliquer votre goût pour le solitaire ?
- J’aime beaucoup les courses en équipage également, mais en solo, ce que j’aime avant tout c’est le fait d’être totalement autonome, et totalement responsable. Si les choses ne marchent pas comme elles devraient, je ne peux m’en prendre qu’à moi, et à l’inverse, lorsque la route est bonne, que le bateau marche bien, c’est une satisfaction de me dire que je fais correctement mon travail ! Le solitaire, c’est un dépassement de soi, c’est extrêmement dur et donc les joies que cela apporte sont proportionnelles à la difficulté de l’exercice.

Quel rythme adoptez-vous en course ?
- En réalité, même à terre j’ai tendance à conserver le fonctionnement que j’ai en mer. A bord, je dors par tranches de 20 minutes, un total de 4 heures pas jour environ, et cela ne m’est pas pénible. Je n’ai pas besoin d’un klaxon de camion pour me réveiller, c’est un rythme qui m’est assez naturel.

Parlons un peu de votre premier grand rendez-vous cette saison, l’Ostar...
- C’est une épreuve dont je rêve depuis longtemps, c’est LA vraie Transat Anglaise (ndlr : lire plus bas), celle de Tabarly... Je n’y ai jamais participé, mais je connais bien le parcours, car j’ai fait cette traversée 6 fois ! Au niveau de la météo, entre Plymouth en Angleterre et Newport aux Etats-Unis, ce n’est qu’une longue succession de difficultés ! Il y a la Manche, toujours délicate, les dépressions de l’Atlantique Nord, et théoriquement trois jours au portant à l’arrivée. Mais c’est très éprouvant et tactiquement exigeant .

Sur cette épreuve, vous visez clairement la victoire...
- Oui, nous sommes que trois trimarans de 50 pieds au départ sur les 40 concurrents, et nous sommes les plus grands bateaux inscrits dans la course. Au niveau de la régate, c’est très intéressant car cela permettra d’arriver, pour une fois, dans les premiers en temps réels.
- Sur ce parcours, Hervé Cléris avait mis 16 jours en 2000, et je vais naturellement tâcher de battre ce temps de référence. Mon trimaran est très performant, et je n’ai cessé de naviguer à son bord depuis son lancement à l’hiver 2001 : je pense arriver au départ avec des atouts, tant au niveau du potentiel de vitesse de la plate-forme qu’en ce qui concerne le degré de préparation.

Info Agence Mer & Média - Fabrice Thomazeau


L’OSTAR, course de légende

Le Royal Western Yacht Club de Plymouth, organisateur historique de l’Ostar (première édition en 1960), revient cette année aux origines de cette course mythique, après avoir cédé à Offshore Challenges le versant « professionnel » de l’affaire (cet événement est aujourd’hui baptisé « The Transat ») - car comme l’explique son nouveau propriétaire, « le club commençait à être dépassé par l’ampleur de l’événement, et les attentes de ses différents acteurs, sponsors ou skippers ». Certes, mais le RWYC n’avait pas pour autant décidé de tourner le dos aux nombreux « amateurs » toujours désireux de s’élancer seuls sur l’Atlantique, aussi a-t-il relancé la course. Réservée aux monocoques et multicoques de 30 à 50 pieds, la « vraie » Ostar partira de Plymouth le 29 mai, destination Newport (côte est des Etats-Unis), comme le veut la tradition. Malicieusement, le RWYC a trouvé une nouvelle signification à l’acronyme Ostar, dont le développement premier était Observer Single Handed Transatlantic Race : aujourd’hui on parle de « Original Single Handed Transatlantic Race », pour bien marquer le retour aux sources.

Inscrits 2005
- 30 monocoques
- 10 multicoques (dont trois 50 pieds)

Le trimaran Groupe Acanthe Ingéniérie

Assemblé à partir d’éléments disparates, ce trimaran « descend » de plusieurs illustres coursiers des mers : sa coque centrale provient en effet de l’ex-Fujicolor, premier du nom, skippé par Mike Birch et repris par la suite par Bertrand de Broc. Ses flotteurs sont pour leur part issus des moules du célèbre 60’ Primagaz, et ont donc naturellement été raccourcis pour s’adapter à la structure. Les bras de liaison sont par contre des pièces originales dessinées par Jack Michal, avec qui Christophe Houdet a finalement assemblé ce « bateau puzzle ». Le résultat est une plate-forme particulièrement homogène et fiable (construction en carbone haut module, cuit sous vide), dont le potentiel de vitesse a été visible dès sa mise à l’eau. Il dispose, depuis l’hiver 2003, d’un mât et d’une bôme en carbone, ainsi que d’un gréement dormant en fibres, ce qui lui confère un surplus de puissance découlant de la réduction de poids.

- Lors de la Route du Rhum 2002, très musclée, le tri a établi la plus grande distance parcourue en 24h (catégorie multi 50’open en solo)
- Il détient aussi le record de vitesse sur 24h en équipage (448 milles parcourus, 17,3 nœuds de moyenne)
- Depuis le 28 mars dernier, le trimaran Acanthe Ingénierie détient le record du tour de la Guadeloupe en équipage, officialisé par la FFV et la ligue de Guadeloupe, en 11 heures 10 minutes et 18 secondes. Ce record était détenu depuis 1998 par les frères Thellier en 12 heures 40 minutes et 58 secondes.



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