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Le Défi Français

Le groupe Areva apporte 15 millions d’Euros au Défi

Le nucléaire civil français en route pour... Auckland

vendredi 11 janvier 2002Christophe Guigueno

image 300 x 158Le Dir Com du Groupe Areva présente son entreprise lors de la conférence de presse. Photo : Ch.Guigueno
Vraie fausse nouvelle puisque les pourparlers avaient été dévoilés le mois dernier, c’est bien le groupe Areva que est le partenaire principal du défi français pour la Coupe de l’America 2003. Un Défi qui devient par la même occasion Le Défi Areva.

Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce matin à Paris, Xavier de Lesquen, Luc Gélusseau et Pierre Mas, les directeurs du Défi, ont présenté Areva comme leur principal partenaire. En apportant 15 millions d’Euros, le groupe nucléaire apporte la bouffée d’oxygène qui manquait aux membres du Défi qui comblent ainsi 80 % de leur budget global. Ils peuvent maintenant voir leur avenir avec sérénité puisque la participation du bateau français à la Louis Vuitton Cup, les régates des challengers qui débutent le 1er octobre prochain, est assurée.

“La France est présente sur la Coupe de l’America depuis 1970 et notre équipe est présente depuis 1999” a précisé immédiatement Xavier de Lesquen. “Avec Bouygues Telecom comme parrain de la première heure et Monster arrivé en juillet, nous avons pu naviguer avec deux bateaux à Lorient. L’équipe qui représente un total de 69 personnes aujourd’hui a reçu le soutien d’un grand groupe français avec Areva !”

Le Groupe Areva, pôle nuclaire et connectique

Le directeur général du Défi passe alors la parole à Jaques-Emmanuel Saulnier, le directeur de la communication du groupe Areva qui en dit plus sur son entreprise et leur motivation. “Areva est un groupe récent basé sur ses activités qui ont une assise mondiale et se répartit sur deux pôle majeurs : d’une part la fusion entre deux sociétés, la Cogema et Framatome, pour le pôle nucléaire du groupe, et d’autre part le pôle connectique électronique. L’activité nucléaire du groupe Areva consiste en l’extraction d’uranium et la fabrication de réacteurs. Cela représente 50 000 personnes dans le monde pour un chiffre d’affaire de dix milliards d’Euros.”

“Ce Défi est en adéquation avec l’entreprise puisque le Groupe Areva est un pôle de haute technologie entre le nucléaire, la fabrication d’éolienne et la connectique. Le Défi Français sera jugé sur les performances technologiques de son bateau lui aussi. Il défendra les couleurs et le savoir faire français dans une compétition internationale. Le groupe Areva a donc décidé de les soutenir à hauteur de 15 millions d’Euros d’ici fin 2003 et de devenir le partenaire titre du Défi.”

Plus tard en fin de conférence, J-E Saulnier va même plus loin en annonçant que le groupe Areva “ne vient pas avec l’à priori de faire un ‘one shot’ ! Mais plutôt dans l’esprit d’un partenariat qui durera le plus longtemps possible…” Les gens du Défi Français pour la Coupe de l’America auraient donc trouvé le soutient à la hauteur de leurs ambitions ?

L’image du nucléaire français en Nouvelle Zélande en question

Seule ombre au tableau, l’image du nucléaire peu compatible avec l’image écologique de la voile et du passé du nucléaire français en Nouvelle Zélande et à Auckland en particulier, lieu du déroulement des épreuves de la Louis Vuitton Cup et de l’America’s Cup.

Interrogé à ce sujet, le réponse du directeur de communication du groupe nucléaire est cinglante mais peu développée : “A propos du nucléaire dans le Pacifique et de son accueil, le groupe Areva ne se sent pas comptable de ce qui s’est passé il y a vingt ans !”

Il y a vingt ans, c’était l’affaire des époux Turange, venus dynamiter le Rainbow Warrior, mouillé dans la baie d’Auckland. Un membre de l’équipage avait été tué et il en avait suivi une forte animosité des habitants du Pacifique sud à l’encontre de la France. L’affaire serait en effet bénigne aujourd’hui si en 1995, l’image du nucléaire français n’avait encore été relancée dans ces eaux à la suite de la reprise des essais nucléaires à Mururoa.

“Areva n’a rien à voir et ne peut se sentir comptable !” insiste encore Jacques-Emmanuel Saulnier. “Il y a parmi nos clients des Australiens. Si sensibilité il y a, le groupe Areva est totalement étranger à tout cela.”

Finalement le mot de la fin revient à Xavier de Lesquen qui a lié le groupe Areva au Défi par le biais de l’action du groupe Havas Advertising : “On a prévu d’expliquer à nos amis Néo Zélandais notre démarche. Nous avons eu des premiers contacts pour montrer que le nucléaire civile français n’a rien à voir avec le nucléaire militaire. Il y a bien un souci d’expliquer mais l’accueil des organisateurs néo-zélandais pour le Défi Français reste bon d’autant qu’ils sont contents de nous voir revenir.”


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