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Portrait

Tripon Armel : Le vainqueur de la Mini fait son entrée sur le circuit Figaro

« Je monte en première division dans des conditions idéales »

jeudi 11 mars 2004Redaction SSS [Source RP]

Avec ses bouclettes à la Bibi Fricotin qu’on dirait empruntées au scalp de Francis Joyon, son sourire malicieux, son gabarit modeste et son drôle de nom qui fait rigoler les enfants, Armel Tripon aurait pu être héros de bande dessinée. Il est navigateur.

Armel Tripon et "ses bouclettes à la Bibi Fricotin qu’on dirait empruntées au scalp de Francis Joyon"
Photo DéfiMer

Il est navigateur depuis qu’un beau jour, voilà dix ans seulement, des copains du lycée l’ont embarqué pour une navigation sur un Muscadet. Révélation. « Je ne savais même pas faire un nœud de chaise, mais je me suis dit que j’avais envie de faire de la voile toute ma vie ». Et Armel le fait : il s’attaque au cursus du monitorat fédéral à la célèbre école des Glénans, puis au Brevet d’Etat aux Antilles et à l’Ecole Nationale de voile de Quiberon où il apprend la régate sur FirstClass8.

Le jeune nantais prouve immédiatement qu’il a de la suite dans les idées. Très vite, il avale les milles comme on enfile des perles, devient skipper d’un voilier de croisière, travaille sur des chantiers, intègre le milieu Figaro en 1999 en tant que... préparateur de Damien Grimont, le vainqueur de la Mini Transat 1991, avec qui il préparera le bateau de cette même Mini Transat en 2003. C’est donc logiquement qu’il prend dans quelques semaines le départ de la Transat ag2r Transat AG2R #TALM 2004. Sur les pontons, on connaît encore à peine ce préparateur discret et souriant qui réclame la presse au petit-déjeuner, qui aime se ménager un peu de temps pour lire un récit de voyage, avaler deux ou trois longueurs à la piscine ou surfer quelques belles vagues...

Des rencontres déterminantes

« C’est une époque où j’ai fait beaucoup de rencontres déterminantes avec des gens qui comptent maintenant : Jérémie Beyou, Alberto Spina ou Loïc Bauduin de l’agence DEFIMER » Il y aura aussi cet amateur de Pornichet qui lui prêtera son Figaro première génération, les régates qui s’enchaînent avec son coéquipier favori, Erwan Leroux. Et Armel sent qu’il est loin d’être ridicule, même si comme tout le monde il « prend des bâches », comme au Tour de Bretagne 1999. Alors, entre deux convoyage, entre deux chantiers, il se lance dans le projet Mini 6,50, la voie à la fois la plus dure et la plus classique, sorte de championnat du monde des coques de noix qui fait traverser l’Atlantique à des voiliers à peine plus grands que des engins de plage. Michel Desjoyeaux, Yves Parlier, les frères Peyron, Isabelle Autissier l’ont bien fait avant lui.

En 2001, reprenant le concept « votre nom autour du monde » de Bertrand de Broc, Armel Tripon trouve un sympathique moyen de financer sa première Transat 6.50 : contre un don de 200 francs, il fait imprimer sur la coque de son bateau les photos de ses bienfaiteurs. L’opération « Votre sourire sur l’Atlantique » lui permet de prendre le départ à La Rochelle mais il est trahi par son pilote automatique et abandonne lors de la deuxième étape. « Cette fois l’océan ne voulait pas de moi mais je me suis juré de revenir et c’est dans l’échec que l’on construit les victoires de demain »

« Je dois faire mes preuves »

Suit l’extraordinaire période 2002-2003 et ce palmarès de rêve. Avec l’aide de Damien Grimont, il achète son Mini Déphémérid’eux et réussit le hold-up parfait pour sa première course, le Challenge Mini : « avec Corentin Douguet, on se retrouve dans la pétole lors du convoyage vers Lorient Lorient L’actualité du port de Lorient et de sa région. et on n’arrive que 10 minutes avant le départ sur la ligne.. on fonce et on met toute la flotte hors temps... on gagne haut la main ! » Dans toutes les épreuves suivantes, la plus mauvaise place d’Armel sera celle de deuxième à l’Odyssée d’Ulysse. En 2003 il gagne absolument tout : Course des Lions, Transgascogne et bien sur la Mini Transat dont il bat le record Record #sailingrecord quelques dizaines d’heures après avoir failli perdre son bateau contre un cargo lors de « la minute la plus longue » de sa vie. Il faut aussi une bonne étoile pour être un grand navigateur...

Aujourd’hui Armel Tripon est un jeune homme pressé, conscient de sa chance d’avoir trouvé un partenaire idéal avec Gedimat qui lui permet de s’engager dans une saison complète en Figaro, de se frotter avec les grands noms de la série au célèbre centre d’entraînement de Port la Forêt, d’enchaîner les milles sur le Figaro qu’il vient d’acquérir... tout en s’occupant au mieux de son premier bébé, Léo. L’histoire Histoire #histoire ne dit pas si le bambin a dans son berceau un ours en peluche du modèle de ceux de Moulin Roty, la mascotte vendue à plusieurs milliers d’exemplaires qui avait permis à Armel de financer une partie de son projet pour la Mini Transat 2003 et lui avait attiré un extraordinaire capital sympathie. Elle ne dit pas non plus si Léo fera des dessins qu’Armel accrochera au dessus de la table à cartes de son 60 pieds quand il prendra le départ du Vendée Globe, en 2008 par exemple. On sait juste que son papa a bien l’intention de lui raconter un jour la houle du Grand Sud. Sans brûler les étapes. « J’ai désormais la chance grâce à GEDIMAT de pouvoir me consacrer exclusivement à mon métier de marin », sourit Armel. Pour l’instant je dois faire mes preuves en première division où je viens juste de monter dans des conditions idéales ». Chaque chose en son temps.

Information DéfiMer


Voir en ligne : Plus d’info sur Armel : www.armeltripon.com


• Palmarès

Course en Mini 6.50 Année Rang
Transat 6,50 Charente Maritime Bahia 2003 1er
Transgascogne 2003 1er
Course des Lions 2003 1er
Odyssée d’Ulysse 2003 2e
Challenge Mini 2002 1er


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