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VOLVO OCEAN RACE

Rumeurs à Sydney : Dalton incertain de prendre le départ le 26 décembre, Cayard pourrait revenir aux affaires

réclamations rejetées pour Djuice et Amer Sports Too, mais aussi l’arrivée des filles et de Tyco à Sydney

jeudi 13 décembre 2001Information Volvo Ocean Race

Grant Dalton doit maudire la rafale de 45 nœuds qui a couché Amer Sports One la veille de son arrivée à Sydney. Projeté à l’intérieur du bateau dans une chute magistrale, alors qu’il était entrain de cuisiner (fait exceptionnel), Dalton souffre de deux côtes cassées ainsi que de plusieurs fractures aux vertèbres qui pourraient l’empêcher de prendre le départ de son étape de prédilection, sur la mer de Tasmanie.

Les médecins se montrent en effet toujours peu enthousiastes à l’idée de savoir le skipper Néo-Zélandais reprendre la mer dans une dizaine de jours. Mais Dalton, qui n’en est pas à son premier avatar médical puisqu’il a disputé une étape et demie avec une clavicule cassée lors de la dernière Whitbread 97-98, n’a toujours pas pris sa décision, même si l’on sait que des négociations « top secrètes » avec un skipper remplaçant sont en cours. Vainqueur à Auckland dans les deux dernières éditions de la Whitbread, Grant aimerait bien l’emporter « à domicile » une troisième fois, pour rendre hommage à son compatriote, Peter Blake, récemment assassiné par des pirates dans le delta de l’Amazone alors qu’il dirigeait une expédition scientifique sur l’ancien voilier polaire de Jean Louis Etienne.

Autre rumeur persistante sur les pontons de Sydney, le retour aux affaires de Paul Cayard, 42 ans, vainqueur sur Ef Language de l’édition précédente et évincé début novembre du syndicat américain Oracle, engagé dans la Coupe de l’America. Bien que tous les regards se tournent vers Assa Abloy qui a débarqué son skipper en titre, Roy Heiner, à Cape Town, Paul Cayard, évoquant sa venue éminente sur cette Volvo Ocean Race 2001-2002 ne s’est pas clairement prononcé sur le nom du bateau sur lequel il pourrait embarquer. « Assa Abloy est le seul bateau à pouvoir détrôner illbruck… C’est mon équipe favorite depuis le début. C’est un très bon bateau et ils ont de très bons navigateurs à bord, * …mais il faut qu’ils soient aidés par une nouvelle compétence complémentaire. ( ?) ». Cayard connaît également bien l’équipe dirigeante du syndicat Assa Abloy, puisque que c’est la même qui avait géré de main de maître les deux bateaux du Team EF, en 97-98.

* dont trois Français : Sidney Gavignet, Hervé Jan et Jules Mazard et deux anciens de EF Language : Magnus Olsson et Mark Rudiger.

D’un autre côté, Cayard porte un jugement beaucoup moins clément sur les autres teams : « Seb a fait de superbes coups, malheureusement ternis par des erreurs, ce qui ne peut être efficace sur le long terme. Même chose pour Djuice qui est vraisemblablement un bon bateau. Quant à Amer Sports One, ce n’est visiblement pas le plus rapide, tandis que News Corp manque d’éléments talentueux…Tyco, qui était pourtant un concurrent sérieux au départ aura, lui, du mal a revenir dans le haut du classement ». Ces avis peu enthousiastes donnent donc une forte indication sur l’issue finale des négociations autour du skipper franco-américain qui a dit au retour de son premier tour du monde que c’était « l’expérience la plus extrême, mais la meilleure expérience de voile » qu’il avait vécue.

Chez les autres syndicats, des changements moins spectaculaires pour raisons de santé, personnelles ou de compétences sont en cours. Deux nouveaux équipiers à bord de SEB qui retrouve cependant son navigateur Marcel van Triest, parti rejoindre sa famille endeuillée, au cours de la seconde étape. Un remplaçant pour l’équipier de Amer Sports One, Kilpatrick, qui avait été également débarqué en urgence au large de l’île Eclipse pour raison de santé, ses médecins lui ayant vivement conseillé de ne pas reprendre la mer avant d’être totalement remis de ses problèmes intestinaux. Outre l’éventuelle présence de Paul Cayard sur Assa Abloy, Mark Rudiger, le navigateur du bord souhaiterait embarquer un nouveau tacticien afin de sortir le syndicat suédois de la spirale d’échecs dans laquelle il est depuis le départ de la course.

Côté réclamations, l’escale de Sydney a eu droit à son lot d’agitation sémantique autour du tapis vert. Premier acte, le Comité de course a dû retirer les « protests » qu’il avait déposés à l’encontre de Djuice et Amer Sports Too pour non respect des zones de séparation de trafic maritime au sortir du port de Cape Town. Après de plus amples investigations, la zone concernée ne tombait en effet pas sous la réglementation internationale visant à éviter les routes de collision en mer.

Sans doute contrarié de voir ses adversaires s’en tirer à si bon compte, Dalton a déposé une demande de réparation arguant que s’il avait fait pareil, il aurait gagner quelques points précieux, le Comité de Course, lors du briefing de départ, ayant effectivement explicitement demandé aux bateaux de ne pas aller dans la zone de séparation de trafic. Le demande de réparation de Dalton a été rejetée dimanche « pour avoir été déposée au delà du temps limite imparti ». D’autre part, la zone incriminée, sur laquelle ont mordu Djuice et Amer Sports Too, n’était qu’une zone de sécurité définie par le gouvernement d’Afrique du Sud et qui ne concernait pas les voiliers de plaisance et de course….. Le Comité de course a cru sans doute bon d’en rester là avec cette histoire.

Coté Course, c’est finalement le vendredi 7 décembre, soit 3 jours et demi après le vainqueur illbruck, que les filles de Amer Sports Too mettaient un terme à cette seconde manche de la Volvo Ocean Race, se classant 7e de l’étape. Un résultat décevant pour l’équipage de Lisa McDonald qui s’est pourtant battu avec détermination sur ce parcours musclé entre Cape Town et Sydney , où la force physique est un facteur aussi déterminant que la parfaite connaissance des limites du bateau. Il semble que ce valeureux équipage féminin soit condamné à courir après le temps depuis son engagement en juin dernier. A peine deux mois de préparation pour s’aligner au départ l’épreuve (alors que illbruck peaufine son projet depuis quatre ans) et une escale éclair à Cape Town d’où elles sont reparties, au bout d’une semaine, à peine reposées d’une première étape qui, faute de vent, a traîné en longueur.

Tyco, le dernier VO 60 attendu à Sydney, arrive aujourd’hui par cargo. L’équipage de Kevin Shoebridge qui avait dû abandonner dans cette manche quatre jours après le départ pour rupture de safran avait regagné Port Elizabeth en Afrique du Sud, où le bateau a été chargé sur un cargo en route vers l’Australie. Tyco, équipé d’un nouveau système de gouvernail sera remis à l’eau demain et reprendra l’entraînement lundi prochain, soit dix jours avant le départ de la troisième étape.

Le 26 décembre, les huit VO 60 se joindront aux 70 concurrents qui vont disputer la célèbre Sydney – Hobart. Après un stop de 3 heures en Tasmanie, les concurrents de la Volvo Ocean Race continueront leur route vers Auckland terme de la troisième étape.

Anne Massot


Classement officiel général de l’épreuve après deux étapes novembre 2001 :
- 1 – Illbruck : 16 points
- 2 – News Corp : 12 points
- 3 – Amer Sports One : 11 points
- 4 – SEB : 10 points
- 5 – Djuice : 7 points
- 6 – Assa Abloy : 7 points
- 7 – Tyco : 6 points
- 8 – Amer Sports Too : 3 points

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