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3 Questions Net A :

Pierre Rolland : “Des prototypes existent et c’est leur vocation d’innover”

L’architecte des Pogo répond sur les bout-dehors et les mâts en carbone

mardi 11 décembre 2001Christophe Guigueno

image 300 x 158Photo : Ch.Guigueno
Pierre Rolland, architecte du Pogo et de nombreux prototypes 650, répond à son tour, par mail, sur la question des mâts en carbone. Il répond aussi sur les bout-dehors dont il est plus probable que la commission de jauge autorise cette modification chez les Séries.

Avant de lire les réponses de Pierre Rolland, Pierre-Yves Lautrou de la Classe Mini apporte une précision sur ces deux modifications : “Les modifications de la jauge mini sont du ressort du conseil d’administration de la classe (lire les statuts sur le site de la Classe Mini), mais l’autorisation d’un bout-dehors pivotant étant une modification très importante, le CA a décidé de consulter en AG les membres de la classe et plus précisément de leur demander un avis consultatif. Ceux-ci se sont majoritairement prononcés en faveur du changement (ndr : le samedi 8 décembre 2001). Le CA de la classe s’est engagé à donner une réponse très rapidement (dans le Guide Mini 2002) après avoir consulté architectes et constructeurs des bateaux de série.

1. Quel est l’intérêt principal d’autoriser les prototypes d’utiliser un mât en carbone plutôt qu’un mât en aluminium ?
- L’intérêt est de gagner du poids. Cela peut aussi permettre d’explorer d’autre voie (mât aile). Cela va donc dans l’esprit de la Mini qui permet de tester des innovations, quoique là, on va plutôt reprendre des concepts déjà développés ailleurs.

2. Quel surcoût cela va occasionner par rapport à un espar en aluminium classique ?
- Le prix, c’est à dire une augmentation du budget qui est déjà bien trop important par rapport à l’autre aspect de l’esprit (petit bateau, petit budget), mais au stade où on en est de toute façon... Ce prix sera très variable suivant les budgets, faire cher n’est jamais un problème, on peut même fabriquer des petits mâts très chers.

3. Est-il possible pour un skipper de fabriquer lui-même son propre mât en carbone ?
- Bien sûr, on peut faire un mât carbone dans son garage comme on peut faire un mini carbone dans son garage. T’en connais beaucoup qui l’on fait ?

Enfin, Pierre répond aussi sur les bout-dehors et la modification éventuelle de la jauge série :
- L’esprit de la série c’est de faire des bateaux qui sont aussi des bateaux de croisière, donc simples et économiques.

Je pense qu’il y a là une certaine dérive. Des prototypes existent et c’est leur vocation d’innover. Ceux qui adhèrent à cet esprit y trouvent une liberté de création et cela est bien.

Le bout dehors articulé fait partie des innovations dues aux prototypes. Il en est de même pour les dérives asymétriques et les quilles pivotantes. Aujourd’hui, alors que se pose la question du mât carbone pour les protos, faut-il commencer par compliquer les bateaux de série et augmenter leur coût ? Demain ce sera peut être aussi un mât carbone...

Si les protos sont détenteurs d’une partie de l’esprit mini (l’imagination et la construction individuelle), les bateaux de série ont la responsabilité de l’autre partie de l’esprit (simplicité et économie). S’ils ne jouent plus ce rôle alors autant ne faire que des prototypes.



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