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America’s Cup

Finale • J5 : Alinghi emporte la Coupe de l’America en Europe

Victoire Suisse par 5 à 0 face à Team New Zealand

dimanche 2 mars 2003Information Louis Vuitton Cup

La cinquième régate a mis fin aux derniers espoirs de Team New Zealand de conserver le trophée. En battant les Néo-zélandais par un score écrasant de 5-0, Alinghi devient le premier challenger européen à remporter la Coupe de l’America. C’est aussi la troisième victoire consécutive pour Russell Coutts. Le skipper d’Alinghi détient aujourd’hui le record Record #sailingrecord du nombre de régates gagnées dans la Coupe de l’America avec 14 victoires, dépassant celui de Dennis Conner (13 victoires).

Photo : K.Soehata / Louis Vuitton Cup
Photo : K.Soehata / Louis Vuitton Cup

Les conditions météo, avec un vent établi nord-est autour de 13-15 nœuds, ont permis de disputer la cinquième et dernière régate.

Encore une fois, ce fut un parcours sans faute pour l’équipe suisse qui a su parfaitement maîtrisé son adversaire. Les Néo-zélandais n’ont rien pu faire et ont dû rendre les armes en ce dimanche 2 mars 2003, le jour même où, voici trois ans, le 2 mars 2000, ils avaient triomphé.

Le départ annonçait déjà l’issue fatale de ce match. Une fois encore, Alinghi coupe la ligne de départ exactement au coup de canon et prend immédiatement un avantage d’une longueur. Même si, une fois encore, les deux bateaux semblent avoir une vitesse Vitesse #speedsailing similaire, Alinghi contrôle son adversaire. Au deux tiers du premier près, 70 mètres séparent les deux bateaux. La seule option pour Team New Zealand à l’approche de la première bouée est alors de rester au contact pour attaquer Alinghi au portant. L’écart à la première bouée est de 21 secondes.

Dans le premier bord de portant, les deux bateaux optent pour un spinnaker symétrique. Team New Zealand est trop loin pour attaquer. Alinghi conserve un écart suffisant de 80 mètres jusqu’au passage de la troisième bouée (18 secondes).

Une légère bascule vers la gauche profite à Team New Zealand au début du deuxième bord de près. L’écart à la bouée suivante se resserre de deux petites secondes (16 secondes).

A deux minutes de la fin du deuxième bord de portant, Team New Zealand casse son tangon. C’est la fin des derniers espoirs néo-zélandais. C’est l’une des rares pièces qui n’avait pas encore cassé !

La Nouvelle Zélande a perdu son trophée chéri - ultime héritage de Peter Blake. Le grand marin si soucieux de la fiabilité, a certainement manqué au jeune équipage néo-zélandais qui n’a cessé de casser du matériel.

On imagine aussi que Dean Barker, si talentueux, mais élève de Coutts depuis plus de 10 ans, n’a pas voulu « tuer » son professeur et na jamais été vraiment lui-même. On ne l’a jamais vu agressif.

On pense enfin que Team New Zealand, annoncé comme un épouvantail et que tout le monde, tout un pays croyaient plus rapide, a passé plus de temps dans un hangar aux mains des ingénieurs qui cherchaient à « grappiller » quelques dixièmes de secondes par-ci par-là, que sur l’eau au main de son équipage qui finalement a cruellement manqué de compétition.

A l’inverse, le parcours d’Alinghi, qui a dû se battre contre les meilleurs équipages du monde entier dans la Louis Vuitton Cup, a bénéficié de cette longue et difficile préparation. Il est arrivé en finale de la Coupe de l’America avec un tempérament de survivant.

A la conférence de presse, Ernesto Bertarelli a fait part de sa surprise. Il y a deux ans, quand il a mis en place cette machine infernale, il ne s’attendait pas à gagner à sa première tentative.

Il est vrai que c’est une extraordinaire performance - et un sacré pied de nez ! - de hisser le trophée le plus précieux du monde marin au sommet du Cervin. Selon Bertarelli, c’est la preuve que dans ce nouveau monde sans réelles frontières, tout est possible si on a la détermination et la volonté d’arriver.

Les Néo-zélandais, déçus et vexés, ont annoncé leur volonté de revenir comme challenger lors de la prochaine Coupe. Le pays ne peut rester sur un échec aussi cuisant après avoir dominé la voile mondiale pendant tant d’années.

Alinghi dévoilera ses intentions concernant la nouvelle Coupe de l’America mardi mais ce n’est que dans quelques mois que l’on connaîtra la date de l’épreuve et surtout le port en Europe où elle aura lieu.

C’est le défi américain Oracle BMW Racing qui est nommé Challenger of Record Record #sailingrecord . Il aura pour mission de défendre les intérêts des challengers potentiels pour la prochaine Coupe de l’America.

Louis Vuitton, fil conducteur et gardien de la Coupe depuis 20 ans, a déjà annoncé son souhait de rester associé à l’événement.

C’est samedi prochain que l’avion affrété par Alinghi atterrira à Genève, avant que l’équipage participe à une parade triomphale en ville en fin de journée.



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