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Transat Jacques Vabre

Sanso & Dumont prennent la quatrième place des monocoques

Encore deux jours de mer pour les premiers 50 pieds

mardi 20 novembre 2001Information Transat Jacques Vabre

Ce mardi, les arrivées se sont poursuivies à Salvador de Bahia. Nous avons pu joindre ceux qui n’allaient pas tarder à conclure, et d’autres pour qui la course n’est pas encore terminée. Certains se battent pour revenir sur le concurrent devant ou pour préserver leur place, tandis que d’autres poursuivent leur route vers le Brésil sans d’autre pression que de ne pas casser pour rester en course.

Après SILL PLEIN FRUIT, ECOVER et CASTO-DARTY-BUT, le 4e monocoque 60 pieds open, SME NEGOCEANE, a coupé la ligne d’arrivée à 14h13’40’’ heure de Paris, ce mardi, reliant Le Havre au port brésilien en 17j1h23’40’’. A 10 milles du but, Javier Sanso et Eric Dumont, ralentis par un vent bien mou, nous ont fait part de leurs impressions de course. L’équipage franco -espagnol est heureux du parcours réalisé : " Nous sommes le premier bateau de la flotte, sans quille mobile et à ballasts ", il semble en effet que la quille mobile ait vraiment fait la preuve de plus grandes performances et d’une plus grande maniabilité sur les monocoques que les ballasts, lourds et longs à remplir et à transférer. " Nous avons pris des risques tactiques, notamment le long des côtes africaines et dans le Pot-au-Noir, et elles ont été payantes. Et surtout, nous avons été à fond tout le temps ". Eric semble avoir été très impressionné par le rythme insufflé par Javier : " C’est un espagnol, mais il a longtemps navigué sur les maxis aux Etats-Unis. Il est très rigoureux, c’est un vrai régatier (moi, je suis plus un marin), qui ne supporte pas de perdre une seconde ; il court sur le pont dans les manoeuvres, que l’on chronomètre souvent : on a même fait un empannage en 1’45’’ tout compris (jusqu’à ce que le bateau soit bien relancé). Les trois premiers jours n’ont pas été évidents, on ne se connaissait pas. Puis on s’est bien réparti les tâches, moi j’ai barré 15 heures par jour, lui a fait plus de météo. On a pas beaucoup rigolé, on était comme deux mercenaires… Aucun de nous deux ne s’est beaucoup occupé de la nourriture avant de partir. On n’avait pas un gâteau, pas un carré de chocolat, seulement du lyophilisé et on mange des rations de survie depuis deux jours ". Témoignage touchant, qui prouve et le niveau d’engagement des équipages dans la compétition, et le défi humain que cela représente de réunir deux marins, qui ont aussi deux conceptions de la course.

Derrière SME-NEGOCEANE, deux bateaux se sont livrés un joli duel ces dernières heures, semblable à celui des britanniques : VOILA.FR et FILA. Le monocoque italien, qui souffre de l’absence d’un grand spi, s’est fait doubler peu avant l’arrivée par le bateau des Montpelliérains qui, au portant, a retrouvé toute sa puissance : " Dans notre analyse de la course ", commente Bruno Laurent (FILA), " on pense qu’il nous a manqué 50 000 F pour pouvoir envisager de récupérer un spi neuf aux Canaries, nous n’en avons plus qu’un petit. Le parcours est vraiment sympa, mais on se rend compte que l’on pousse de plus en plus les bateaux. En double, nous l’avons mené autant à fond qu’en équipage l’été dernier sur l’EDS " (transat aller-retour entre Europe et Etats-Unis).

Sur VOILA.FR (arrivé à 16h13’20’’) Bernard Gallay et Kito de Pavant sont heureux de leur course, même s’ils ont souffert, au près dans l’alizé, de l’absence de solent. " On a prouvé que le bateau (vainqueur du Vendée Globe 1997) avait encore du potentiel et que les deux skippers avaient de beaux restes ", plaisante Kito. " Aujourd’hui, nous naviguons dans des conditions extraordinaires, un temps radieux, nous avons été accompagnés par de petits dauphins brésiliens ce matin… Les dernières 24h se sont très bien passées : nous avons tiré un bord à terre, qui nous a permis de passer FILA ".

Même bonheur d’être en mer et même volonté d’en profiter jusqu’au bout sur TEMENOS, qui n’a plus de place à jouer au classement : " Petit navigation tranquille ces derniers jours. Poissons volants et petit train train sous spi le long des côtes du Brésil ", décrit Dominique Wavre. " Il n’y a plus rien à faire, alors on en profite ". L’heure du bilan aussi sur TEMENOS qui arrive en 7e position : " Il n’y a pas de hasard : les trois premiers ont participé à l’EDS l’été dernier et connaissent parfaitement leur bateau ".

Un bon budget et une bonne préparation du bateau et de l’équipage, il n’y a effectivement pas de secret. Joé Seeten et Eric Drouglazet (SOLLAC ATLANTIQUE) en témoignent encore, qui ont récupéré l’ancien bateau de Marc Thiercelin au mois de septembre et ne le connaissaient pas encore très bien : " On n’avait pas de routeur à terre et pas de cartes météo depuis le départ (on a bien essayé de bricolé, mais ça n’a pas marché), du coup, on n’a pas pu faire marcher la matière grise ". Vainqueur de la Solitaire du Figaro Solitaire du Figaro #LaSolitaire 2001, Eric découvrait ces monocoques qui courent le Vendée Globe et ne cache pas sa surprise : " On s’aperçoit que ça s’est beaucoup professionnalisé, qu’on ne peut pas partir sans routeur et qu’il faut bien connaître son bateau ".

Les premiers 50 pieds open ont encore deux jours de mer avant de rejoindre Salvador de Bahia. Le duel pour la victoire se poursuit. Pour l’heure, les deux leaders naviguent encore au près, ce qui donne encore un avantage à ONE DREAM ONE MISSION qui a creusé l’écart : 52 milles le séparent de SAVING. " C’est un peu galère ", confie Renaud Le Youdec sur SAVING. " Le vent ne tourne toujours pas et on navigue contre le vent. On a d’ailleurs du mal à trouver le bon réglage au près. On en profite cependant pour dormir ". L’alizé semble en effet plus est que les prévisions qui le donnent un peu nord-est. Cette rotation du vent devrait intervenir prochainement et permettre à SAVING de débrider un peu. Mais on peut aussi compter sur l’équipage australo-anglais pour continuer à pousser encore à fond leur machine jusqu’au bout et marquer leurs deux poursuivants. Cette fin de course s’annonce réellement passionnante entre les deux coques jaunes.

Nous avons également pu joindre Lalou Roucayrol avant l’arrivée de BANQUE POPULAIRE qui évoque les dernières heures de course et son analyse : " Après l’Ascension, nous avons attaqué un peu furieusement avec l’espoir de revenir sur BELGACOM. On a fait 2 ou 3 ’’plantés’’ (des étraves du trimaran dans les vagues), dont un assez violent, où il a fallu tout choquer (lâcher les voiles) en grand. On a fini par casser l’émerillon du gennaker (qui permet d’enrouler cette grande voile d’avant), comme BELGACOM et FUJICOLOR. Mais le gennaker (récupéré aux îles du Cap Vert) est passé à l’eau, sous la dérive et s’est déchiré. C’était la fin de la journée et nous avons attendu le lendemain matin pour monter en tête de mât récupérer la drisse et renvoyer le petit gennaker… Ensuite, on a un peu tricoter à l’envers dans les options météo… GROUPAMA a fait une belle course, mais bénéficie de la casse de tangon de FONCIA et ils ont eu la chance de traverser vite le Pot-au-Noir. Pour moi, la vraie performance est celle de FONCIA, qui a mené cette course de bout en bout… Ce nouveau parcours est vraiment superbe, pour nous il a manqué un peu de vent, ce qui privilégie certains bateaux. Sur BANQUE POPULAIRE, nous devons travailler le portant dans un vent medium "… Un Lalou heureux d’avoir partagé ces deux semaines de navigation avec son copain Yves Parlier : " Cela a vraiment été un plaisir de naviguer avec lui "…

Catherine Chabaud


- CLASSEMENT 20/11/01 17:00:00 GMT

- MULTICOQUES : 60’ Open
- Rang Nom du Bateau Latitude Longitude Vit Cap Date - Heure Dist. Arrivée Dist. du 1er
- 1 Groupama 12 58.12’ S 38 31.72’ W 14.4 261 18/11/01 20:54:00 0 0
- 2 Foncia 12 58.16’ S 38 31.44’ W 14.2 316 19/11/01 00:26:00 0 0
- 3 Fujifilm 12 58.23’ S 38 31.70’ W 4.7 314 19/11/01 10:01:00 0 0
- 4 Bonduelle 12 58.23’ S 38 31.70’ W 13.2 293 19/11/01 21:21:00 0 0
- 5 Belgacom 12 58.36’ S 38 30.92’ W 0.1 100 20/11/01 14:14:00 0 0
- 6 Banque Populaire 12 58.23’ S 38 31.70’ W 10.5 282 20/11/01 14:11:00 0 0
- 7 Fila 13 28.88’ S 34 25.00’ W 17.2 306 20/11/01 16:46:00 245.1 0.0
- 8 Nautica 10 25.20’ S 24 59.96’ W 8.9 253 20/11/01 16:46:00 813.2 568.1
- 9 Pindar Systems 7 06.92’ S 16 44.80’ W 10.3 073 20/11/01 16:44:00 1618.7 1373.6

- MONOCOQUES : 60’ Open
- Rang Nom du Bateau Latitude Longitude Vit Cap Date - Heure Dist. Arrivée Dist. du 1er
- 1 Sill Plein Fruit 12 58.16’ S 38 31.64’ W 7.1 356 20/11/01 01:14:00 0 0
- 2 Ecover 12 58.32’ S 38 30.96’ W 0.1 270 20/11/01 16:14:00 0 0
- 3 Casto - Darty - But 12 57.84’ S 38 31.48’ W 3.3 005 20/11/01 08:14:00 0 0
- 4 Sme Negoceane 12 58.23’ S 38 31.70’ W 5.2 316 20/11/01 13:13:00 0 0
- 5 Voilà.fr 12 58.23’ S 38 31.70’ W 6.7 292 20/11/01 15:13:00 0 0
- 6 Fila 12 58.23’ S 38 31.70’ W 5.2 313 20/11/01 16:02:00 0 0
- 7 Temenos 13 02.36’ S 38 29.40’ W 9.7 292 20/11/01 16:44:00 5.6 0.0
- 8 Bobst Group Armor Lux 11 58.04’ S 37 04.72’ W 11.3 225 20/11/01 16:46:00 110.2 104.6
- 9 Un Univers de Services 9 57.68’ S 35 24.88’ W 10.0 208 20/11/01 16:42:00 263.6 258.0
- 10 Sollac Atlantique 9 32.68’ S 35 15.68’ W 11.4 211 20/11/01 16:46:00 288.9 283.3
- 11 This Time 9 15.12’ S 34 54.88’ W 10.6 226 20/11/01 16:14:00 310.0 304.4

- MONOCOQUES : 50’ Open
- Rang Nom du Bateau Latitude Longitude Vit Cap Date - Heure Dist. Arrivée Dist. du 1er
- 1 One Dream : One Mission 8 56.72’ S 34 30.52’ W 10.3 213 20/11/01 16:46:00 345.4 0.0
- 2 Saving 7 42.00’ S 34 07.86’ W 11.0 207 20/11/01 15:00:00 398.0 52.6
- 3 Setrabio 0 03.80’ S 30 44.40’ W 8.7 196 20/11/01 16:16:00 913.1 567.7
- 4 Tredici 2 58.12’ N 30 28.64’ W 6.5 219 20/11/01 16:44:00 1091.0 745.5
- 5 BranecIII 4 32.40’ N 28 46.48’ W 4.5 251 20/11/01 16:44:00 1217.3 871.9
- 6 Olympian Challenger 9 09.04’ N 27 34.52’ W 8.0 251 20/11/01 16:46:00 1499.7 1154.3



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