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VOLVO OCEAN RACE

Record de vitesse sous alerte rouge

Tyco arrive à Port Elisabeth

lundi 19 novembre 2001Information Volvo Ocean Race

Depuis que Tyco a quitté la flotte jeudi soir pour rentrer en Afrique du Sud réparer son safran endommagé, le rythme de la tête de flotte s’est emballé dans les 50e Hurlants. A l’approche des Kerguélen, sous des latitudes glaciales et tourmentées, les cheveux se sont dressés sur les têtes, le cœur des hommes s’est emballé et les chiffres du speedo se sont envolés.

En embuscade derrière Tyco, jeudi soir, Assa Abloy avait naturellement pris le commandement de la flotte vite harcelé par Djuice qui donnait alors un grand coup d’accélérateur.

Gonflé à bloc, l’équipage de Frostad, assoiffé de revanche après une première étape ratée, s’emparait vendredi du premier record de vitesse en 24h au-dessus de la barre des 400 milles de cette édition 2001-2002. 403 milles exactement qui permettaient aux Norvégiens de prendre le commandement.

Placé en embuscade au sud de la flotte, flirtant avec le 50e parallèle depuis plusieurs jours, News Corp voyait de son côté son option musclée enfin payer. L’équipage se hissait à nouveau en haut du classement, jusqu’à ravir quelques heures dimanche soir, à coups de records de vitesse, la première place à Djuice qui navigue 10 milles plus au nord.

Premier record pour le bateau battant pavillon australien dimanche après-midi : 447.4 milles en 24h. Juste 1.7 mille en dessous du record absolu de cette épreuve détenu par le Silk Cut de Laurie Smith en 97-98.

Quelques heures plus tard, le record de Smith tombe. Le skipper de News Corp, Jez Fanstone qui était à bord de Silk Cut s’empare avec ses hommes du record absolu de vitesse sur VO 60 avec 450.13 couverts en 24h à 18.754 nœuds de moyenne. « Nous volons sous et sur l’eau, écrit Ross Field, navigateur à bord de News Corp. Nous venons de couvrir 120 milles en 6 heures et si nous pouvons maintenir la cadence nous pourrions passer la barre des 460 milles en 24h… Tout a été déplacé à l’arrière du bateau, brosses à dent comprises pour maintenir l’avant du bateau hors de l’eau. Nous avons en ce moment 30 à 40 nœuds de vent de nord ouest et des vagues énormes sur lesquelles nous surfons sous spi à 28 nœuds dans une eau à 2°C. Notre seul job est de ne pas déraper. Croyez moi, nous sommes dans un état de stress maximum en ce moment.. » Stressés sans doute les garçons, congelés très probablement, manquant de sommeil logiquement, gavés d’adrénaline sûrement…

Avec plus de 50 milles d’avance sur le troisième Assa Abloy, Djuice et News Corp se livrent à un mano a mano périlleux au fin fond des mers du sud. Un duel sous alerte rouge, mené pour l’instant par les barreurs de chaque bord qui doivent, quart après quart, mettre tout leur talent sur la table afin d’éviter la sortie de route tout en maintenant la pression sur l’adversaire, en évitant les icebergs.

A ce jeu d’une roulette russe sous contrôle, où Djuice a affiché des pointes à 34.4 noeuds, illbruck et Seb ont pris un peu de distance. En effet, SEB, le plus au nord de la flotte depuis le départ et illbruck sont les seuls, avec Assa Abloy, à ne pas avoir franchi le 50e parallèle.

« Il reste encore plus de 4 000 milles à couvrir, souligne Kostecki, le skipper de illbruck, vainqueur de la première étape. Même si nous sommes pour l’instant à plus de 60 milles du leader, je reste convaincu que nous aurons une fin de course très serrée. Nous allons en effet très probablement rencontrer un système de haute pression qui va comprimer la flotte au passage de l’Ile Eclipse à l’ouest de l’Australie. Nous somme encore à une semaine de ce cas de figure et il y a beaucoup de changements en perspective d’ici là. »

La négociation Nord ou Sud du passage des îles Kerguélen qui marque le retour aux affaires des navigateurs-tacticiens pourrait apporter l’un des bouleversements annoncés par Kostecki… Réponse dans les prochains jours.

Ces îles polaires françaises s’étalent sur près de 70 milles du nord au sud, barrant la route vers l’Australie, dans une mer glaciale et déchaînée par la présence de hauts fonds. Le glacier Cook qui culmine à plus de 1 800 m sur l’île la plus importante contribue largement à l’accélération des vents, tout particulièrement au sud de l’archipel où naviguent de nombreux blocs de glace. De quoi effectivement faire dresser les cheveux sur la tête des marins qui croisent dans ces parages désolés et inhospitaliers.

De son côté, Tyco qui est arrivé à Port Elizabeth (Afrique du Sud) hier soir met les bouchés doubles pour réparer son avarie de safran et être au départ de la troisième étape, le 26 décembre prochain.

Anne Massot


- Positions lundi 19 novembre – 5 h 30 (heure française)

- 1 ; djuice ; 51 09.44S ; 070 00.68E ; reste à couvrir : 4067 ; cap 87 ; vitesse 17.2 ; ETA à Sidney : 3 DEC 01 06:55
- 2 ; News Corporation ; 51 20.04S ; 069 58.64E, à 3 milles ; cap 78 ; vitesse 16.7 ; 3 DEC 01 07:04
- 3 ; ASSA ABLOY ; 48 26.40S ; 068 22.40E ; à 53 milles ; cap 78 ; vitesse 15.8 ; 3 DEC 01 11:14
- 4 ; SEB ; 48 11.52S ; 068 10.04E ; à 61 milles ; cap 77 ; vitesse 16.6 ; 3 DEC 01 11:58
- 5 ; illbruck ; 48 41.80S ; 068 09.16E ; à 62 milles ; cap 77 ; vitesse 17.3 ; 3 DEC 01 12:02
- 6 ; Amer Sports One ; 50 49.24S ; 067 22.04E ; à 98 milles ; cap 88 ; vitesse 14.4 ; 3 DEC 01 15:06
- 7 ; Amer Sports Too ; 50 10.12S ; 061 42.92E ; à 313 milles ; cap 74 ; vitesse 10.3 ; 4 DEC 01 08:58

- Tyco ; abandon pour l’étape 2 – arrive à Port Elisabeth


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