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Solitaire du Figaro

Après la baston, les réparations…

vendredi 16 août 2002Information Solitaire du Figaro

Des départs au tas en veux tu en voilà, des vracs en vrac… Lors de la deuxième étape de La Solitaire du Figaro entre Crosshaven et Les Sables d’Olonne, les skippers ont reçu leur dose d’émotions fortes à la barre. Mais les excès de vitesse en Mer Celtique se soldent aussi par un joli lot d’avaries. De quoi surtout donner du travail et poser quelques questions aux voileries face au florilège de voiles déchirées.

24 spis déchirés ou explosés ! Les voiles des Figaro Bénéteau ont trinqué dans des surfs mal contrôlés sous les latitudes celtes. Après la baston qui a offert aux skippers du portant en rafales, l’heure est venue de panser les toiles déchirées. Le jeu de la régate au couteau a intimé l’ordre aux skippers de tenir bon le spi hissé haut… « Sous spi dans la brise, c’était à la limite du raisonnable. Mais il fallait pousser pour gagner quelques mètres », raconte volontiers Philippe Vicariot (Thales) toujours dans le groupe de tête dans le vent musclé de nord-ouest qui a cueilli la flotte au saut du départ, à la sortie de la baie de Cork.

« Je m’attendais à ça des Figaristes. Néanmoins, je n’ai vu que deux pointes de vent à 30 nœuds. Je pense qu’on a eu plus de 25-27 nœuds établi et ça fait une énorme différence. On savait aussi que ça allait mollir rapidement et qu’on n’aurait pas à tenir trop longtemps », raconte Jeanne Grégoire (Département de l’Aisne). « Mais je suis étonnée qu’il y ait eu autant d’avaries. A la pointe de Bretagne, on entendait à la VHF le premier bilan des skippers. C’était fou : des tangons cassés, des hale-bas pétés, des poulies de renvoi de spi explosées, des spis déchirés en pagaille… » La « skippette » a , elle, joué de finesse à la barre et n’a aucun pépin technique à déplorer.

Si devant, les experts de la brise ont débordé de talent pour insister et débouler dans la houle toute toile dehors, d’autres ont plus volontiers mis la pédale de frein. « J’ai affalé le spi très vite, je ne voulais pas prendre le risque de forcer sur le mât », confie Amaïur Alfaro (Le journal du Pays Basque), qui a connu des mésaventures lors d’une collision avec un bateau de pêche à quelques milles de l’arrivée en Irlande. Idem pour les skippers amateurs, qui avant même de partir, annonçaient qu’ils ne tenteraient pas le diable de l’avarie. « Je ne me fais pas d’illusion et j’espère que je n’aurai pas à tenir le spi dans 25-30 nœuds. Mais si le vent est fort, j’affalerai tout de suite », déclarait sur les pontons irlandais Alain Ferec (Hôtel Vauban – Camaret sur Mer).

Au chapitre des avaries, la palme revient sans conteste à Vincent Graveleau (Bati 85 Qualeader) et Gilles Chiorri (32 01 de Météo Consult). Spi max, spi mini et génois déchirés pour le premier, un trou dans la grand voile et un spi en berne pour le second… la deuxième étape s’annonçait perdue pour les éclopés de la Mer Celtique. Mais on connaît la suite : des skippers qui débordent d’ingéniosité et la météo qui rajoute du sien pour multiplier les regroupements de la flotte. « Je suis assez épatée de voir que la plupart des concurrents ont continué à attaquer malgré les avaries techniques. Ils ont bricolé des réparations de fortune. C’est là, qu’on voit qu’ils sont très forts », poursuit Jeanne.

Pour l’heure, après les efforts, on dort et on répare aux Sables d’Olonne. Le commando des 33 préparateurs, qui épaulent les solitaires à terre, est entré en action. Grand ménage et petits bricolages, la liste des avaries n’est pas si spectaculaire et beaucoup ont d’ores et déjà fini leur travail. Pour les voiliers, en revanche, ce n’est pas la même histoire et on devine que les voiles déchirées s’entassent sur les planchers avant le coup d’envoi de la troisième étape dimanche.

De son côté, le règlement est clair : il y aura des contrôles après les réparations et tout changement de voile pourra être « réprimandé » par une pénalité en temps à l’issue de la délibération du jury. Il peut donc y avoir en encore quelques rebondissements dans le classement général, où les skippers ont pris des places provisoires instables, avec souvent une poignée de minutes et de secondes pour les départager. Affaire à suivre…

Laure Faÿ


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