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Solitaire du Figaro

Cascades d’arrivées serrées derrière Antoine Koch à Crosshaven

jeudi 8 août 2002Information Solitaire du Figaro

Et le jeune Antoine Koch (Saunier Duval) a ricoché en tête. Fin du préambule. Palpitante entrée en matière. Les artistes sont en piste et ils sont une bonne quinzaine à se tenir dans de très faibles écarts. Sur la ligne d’arrivée irlandaise, ils étaient déjà trop nombreux à se bousculer. Forcément, ils jurent de se voler la vedette sur la suite du parcours jusqu’à Cherbourg. En Irlande, La première étape touche à sa fin. Mais les coups de canon très rapprochés du Comité de Course pour départager les concurrents sonnent aussi un nouveau début de La Solitaire du Figaro 2002.

« Une des plus belles », d’après Ronan Guérin (Saint-Nazaire – Escal’Atlantic). « Difficile, voire très dure » selon Gildas Morvan (Cercle Vert). « Classique, très rude et rugueuse », dixit Jean-Paul Mouren (M@rseille Entreprises). Les solitaires n’ont pas fini de revenir sur les 437 milles de la première étape qu’ils viennent de disputer. En mer, mais pas amers pour deux sous de retour sur terre. « On s’est vraiment régalé. On a régaté tout le temps, au contact les uns des autres en permanence. On a très peu dormi - peut-être quatre heures au total - mais je n’ai pas vu le temps passer », confie Charles Caudrelier-Benac (Bostik Findley). Pointé premier il y a 48 heures à peine, il termine solide quatrième. Les yeux sur-iodés par plus 91 heures de régate et de course poursuite, la mine soulagée cachant mal le plaisir d’en avoir enfin fini avec le dur boulot de navigateur solitaire. Sur les pontons de Crosshaven, il y a un beau et bien jeune gagnant, mais trop peu de perdants. Tous savourent la fin de ce qui n’est que le début. Ils n’ont surtout pas à rougir de leur prestation. Temps mort.

A l’aube, Antoine Koch (Saunier Duval), vainqueur « belle surprise » annonce deux heures de grande affluence sur la ligne d’arrivée. Il faut dire qu’aux trousses du jeune skipper, parti en tête au large de Land’s End, les prétendants au premier rôle n’ont pas manqué de répliquer. A coups de bords à tirer et de changements d’amures entre la pointe sud-ouest de l’Angleterre et Crosshaven. Après 290 milles de régate côtière pure et dure, ils ont connu le pire le temps d’un dernier sprint, au près, de 150 milles. Mais voilà, le premier tronçon du parcours le long des reliefs anglais n’avait pas réussi à les départager et c’était le prix à payer pour éviter de fatals écarts. De quoi peut-être réconcilier Eric Drouglazet (David Olivier) avec le classement au temps. Longtemps chef de file, il termine dixième mais à 34 petites minutes du premier. « Une demi-heure, rien n’est fait. J’essaye de rester positif », souligne le tenant en titre sur la course. Morale de l’étape : « J’ai ramé, ramé pour monter dans le groupe de tête. Mais finalement, ça finit plutôt bien pour moi avec 40 minutes de retard au compteur », souligne Yann Eliès (Groupe Generali Assurances).

Dans le haut du classement, on a vu en effet pas moins de cinq skippers se voler la vedette : Gildas Morvan (Cercle Vert) en échappée dans la Manche, Eric Drouglazet (David Olivier) en champion toute catégorie de la régate côtière, Kito de Pavant (Malice) bien futé et affûté, Charles Caudrelier Benac (Bostik Findley) en solide prétendant, et surtout Antoine Koch (Saunier Duval), tout en finesse et robustesse. Du haut de ses 24 ans, Antoine porte à lui tout seul les efforts de la nouvelle vague de skippers : tous ceux qui en quelques années à peine ont assimilé toutes les ficelles de la monotypie en solitaire. Il est la preuve navigante et criante de l’homogénéisation du niveau par le haut.

« C’est fou, on constate qu’il n’y a plus cinq favoris, mais trois fois plus ». Les commentaires vont bon train pour raconter de long en large une première étape qui a tenu son public en haleine. Et dire que cela ne fait que commencer…

Echos de pontons

Une étape, quatre groupes. Après 437 milles de régate intensive et de course au contact, les chiffres sont là et parlent d’eux-mêmes. Les trois premiers, Antoine Koch, Kito de Pavant et Jérémie Beyou se sont succédés sur la ligne en 12min 05 sec.

La revue des écarts révèle par ailleurs que seize skippers ont eu besoin de quelques minutes, si ce n’est d’une petite seconde, pour se départager. Après 437 milles, ils se tiennent les uns les autres en 50 min et 17 sec et sont encore bien dans la course !

Vient ensuite un petit groupe de six skippers confirmés, qui écopent d’un temps de retard plus conséquent. La suite sera dure – et il leur faudra jouer d’options météo – pour combler les 1h 13min qui les séparent du premier.

Il y a les autres aussi, les retardataires. Bizuths ou amateurs, ils ont payé cher le rythme infernal imposé par les maestros du Figaro et affichent des retards de plus de 4 heures sur le vainqueur de l’étape.

Dur, dur d’être bizuth. Les honneurs du classement des premières participations reviennent finalement à Arnaud Boissières (Delta Dore & Partenaires). Une belle performance qui le classe 1er des 10 bizuths et lui permet de prendre les devants face à Gwénaël Riou (Espoir Crédit Agricole), qui fêtait pourtant son quart de siècle le jour des arrivées. « Premier bizuth, c’est bien. Les autres sont juste derrière, on s’est bien battu. Mais, au classement général, ce n’est pas terrible. La première nuit a été très dure et j’ai très mal commencé. Après, j’ai réussi à gagner quelques places, mais les autres sont loin devant. C’est impressionnant à quel point ils vont vite et à quel point dans les moments de transition, ils savent quoi faire », déclare Arnaud mi-content, mi-déçu.

437 milles… hallucinants ! Près de 5 jours de régate acharnée, avec de trop courtes pauses de 10 ou 20 minutes dans les bras de Morphée, ça use les esprits. A chacun son « hallu ». Kito de Pavant (Malice) a vu sous l’effet d’une vague le feu de position sur son étrave déclarer un incendie à bord. Philippe Vicariot (Thales), épuisé aurait bien affalé les voiles, mais a continué sa course au point de confondre les lumières d’une plate-forme avec des casinos. Sébastien Audigane (Sports sans Frontières) a, lui, vu et entendu un couple assis sur sa bôme et discuter de vive voix. Quant à Jeanne Grégoire (Département de l’Aisne) si elle n’a pas eu le droit à son lot d’hallucinations, elle raconte tous ses réveils violents qui sont autant de preuves qu’elle a vidé son crédit de fatigue réglementaire.

Purée ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que le team composé des deux bateaux Créaline est resté soudé. Solitaires, mais solidaires jusque sur la ligne, les deux skippers ! Sébastien Josse a en effet pointé son étrave juste avant celle d’Armel Le Cléac’h et les deux lascars finissent respectivement huitième et neuvième. Mieux encore, Armel s’est battu comme un beau diable pour pointer son étrave dans le sillage de son compagnon de team et devance finalement Eric Drouglazet d’une minuscule seconde à l’arrivée. Bien joué !

Laure Faÿ


Etape 1 : Boulogne sur Mer/Crosshaven

- 1 KOCH Antoine 10 Saunier Duval arrivé le 08/08/02 à 07h13’05’’ en 91h13’05’’
-  2 DE PAVANT Christophe 8 Malice à 4’38’’
- 3 BEYOU Jérémie 3 Delta Dore à 12’05’’
- 4 CAUDRELIER Charles 5 Bostik Findley à 18’06’’
- 5 VICARIOT Philippe 44 Thales à 20’39’’
- 6 CHIORRI Gilles 24 32 01 de Météo Consult à 22’20’’
- 7 MORVAN Gildas 4 Cercle Vert à 26’09’’
- 8 JOSSE Sébastien 2 Créaline à 28’29’’
- 9 LE CLEAC’H Armel 6 Créaline à 33’35’’
- 10 DROUGLAZET Eric 1 David Olivier à 33’36’’
- 11 TABARLY Erwan 7 Thales - Armor Lux à 34’56’’
- 12 AUDIGANE Sébastien 46 Sport Sans Frontières à 37’17’’
- 13 RIOU Vincent 85 PRB Produits de Revêtement du Bâtiment à 37’51’’
- 14 PETIT Benoit 201 Top’Océan à 40’34’’
- 15 ELIES Yann 9 Groupe Générali Assurances à 41’03’’
- 16 GUERIN Ronan 150 Saint-Nazaire / Escal’Atlantic à 50’17’’
- 17 ATTANASIO Romain 51 Port Trebeurden à 1h13’21’’
- 18 TROUSSEL Nicolas 136 Galinette à 1h25’37’’
- 19 CHABAGNY Thierry 147 Petit Navire Le Bon Goût du Large à 1h47’02’’
- 20 PELLECUER Laurent 110 Languedoc Mutualité Hippocratus.com à 1h49’07’’
- 21 TOULORGE Alexandre 35 Cherbourg - Crédit Mutuel à 1h58’40’’
- 22 MOUREN Jean-Paul 97 M@rseille Entreprises à 2h22’15’’
- 23 MARSSET Bertrand 22 Passion à 4h17’38’’
- 24 € BOISSIERES Arnaud 30 Delta Dore & Partenaires à 4h18’04’’
- 25 NABART Laurent 27 Ajaccio Corse du sud à 4h22’13’’
- 26 € RIOU Gwénaël 42 Espoir Crédit Agricole à 4h50’40’’
- 27 € GREGOIRE Jeanne 18 Département de l’Aisne à 5h00’30’’
- 28 BALOGH François 14 Générale d’Emballage - FIGA à 6h58’56’’
- 29 € FEREC Alain 94 Hotel Vauban - Camaret sur Mer à 7h55’26’’
- 30 € MARTINAGE Yvan 11 Société Générale - CAB - Boulogne/mer à 8h02’49’’
- 31 € TINCELIN Dominique 214 Dragonfly à 8h09’39’’
- 32 € PEYRET Jean-Marie 21 Dubus SA, la Bourse Universelle à 9h35’20’’
- 33 € BULOT Jean-François 142 Crédit Mutuel à 10h10’03’’

Toujours en mer (positions à 16h00, heure française)
- COATNOAN Christophe (Gruope Partouche) à 5 milles de l’arrivée
- GRAVELEAU Vincent (Bati 85 Qualeader) à 5 milles de l’arrivée
- ALFARO Amaiur (Le Journal du Pays Basque) à 5,30 milles de l’arrivée
- GREGOIRE Yann (Sailfast.Biz Gestion Projet Voile) à 20,30 milles de l’arrivée
- ROBEIN Louis (Le Souffle de la Mer) à 28,30 milles de l’arrivée


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