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Solitaire du Figaro

Les Figaro glissent à toute petite vitesse vers l’île de Wight

Un groupe tente un coup sous l’île de Wight

lundi 5 août 2002Information Solitaire du Figaro

image 300 x 158Erwan Tabarly a rejointle groupe de tête. Photo : Ch.Guigueno
2,2 nœuds, 2,5 nœuds… La flotte lambine le long des côtes anglaises. La faute à une dorsale anticyclonique qui barre la route des 38 solitaires. Trouver des trésors d’ingéniosité tactique et manœuvrer sous le soleil au zénith, les concurrents sont à la peine et progressent à toute petite vitesse vers l’île de Wight. Eric Drouglazet (David Olivier), très proche de la route directe, mène toujours son monde. Seul un petit groupe de dissidents tente de s’échapper par la côte…

Après un petit regain de vigueur en fin de nuit, le vent a de nouveau mis les bouts au large des côtes anglaises. Pas de gradient et des bouffées d’air asthmatique pour gonfler les spis. Pas réjouissant ! Pas facile pour les skippers qui après 24 heures de course doivent jouer de finesse pour tirer toute la quintessence du très faible flux de nord-est qui les a accompagnés depuis le début de la matinée, basculant souvent tous azimuts.

Sur l’eau, silence radio. Un calme pesant révélateur de la tension qui escorte les solitaires, mesurant que la première étape promet de traîner en longueur. Dans ces conditions, le gros des troupes joue de prudence. Il a choisit la route directe comme fil d’Ariane. Faire de la route et ne pas prendre de risques dans la pétole ambiante, tel semble être le credo des bords. Les derniers relevés de positions accordent d’ailleurs la palme de la trace la plus proche de la ligne droite à Gildas Morvan (Cercle Vert), toujours en embuscade en deuxième position dans le tableau arrière du chef de file Eric Drouglazet. Il montre aussi qu’au sein de la flotte le conservatisme l’emporte avec un écart de 4 milles entre ceux qui font route au nord et ceux qui préfèrent tricoter en dessous.

Tous progressent groupés à la recherche du vent perdu et face au courant qui s’inversera lundi vers 22 heures. Tous, sauf quelques uns ! Ils sont quatre solitaires – une poignée – à jouer de dissidence dans les airs légers. Ils ont choisi de tenter leur chance au nord au plus près des côtes. Ronan Guérin (Saint Nazaire-Escal’ Atlantic), Benoît Petit (Top’Ocean), Laurent Pellecuer (Languedoc Mutualité Hyppocratus.com) et Laurent Nabart (Ajaccio Corse du Sud) pointent 7 milles par le travers de la route directe. Ces quatre gaillards ont visiblement touché des brises thermiques et ont affiché en milieu d’après midi une vitesse à faire pâlir les premiers : 6 – 6,2 nœuds quand les autres progressaient à la vitesse d’une bande d’escargots. Ce petit groupe est bien évidemment parvenu à grappiller quelques 2,5 précieux milles. Mais la route est encore longue. Les dernières prévisions annoncent le décalage de la dorsale vers l’est puis une bascule au nord-ouest du vent se renforçant légèrement. Après le portant léger, place en fin d’après-midi au près « light », alors que les premiers tendent de rapprocher difficilement leur étrave de l’île de Wight, distante à 15 milles… Toujours laborieux !

- Sébastien Josse (Créaline) : « Je suis dans un paquet avec les deux Thales, Gilles Chiorri, Jérémie Beyou. On est environ 7, 8 bateaux, on ne se lâche plus. On se passe devant, le dernier repasse premier et vice-versa. Le vent redistribue les cartes toutes les 2-3 heures. Il a viré à 180 degrés en 10 minutes.. A chaque fois que le vent mollit tu passes ton temps à faire le ménage, tu vires de bord et tu sors toutes tes écoutes : ça fait un joli paquet dans le cockpit. Après tu passes un quart d’heure à tout ranger. La nuit dernière s’est bien passée, on avançait sous spi. On avait du vent de nord, on avançait à 5 nœuds. J’ai essayé de dormir un peu cette nuit sous pilote, mais depuis ce matin je n’arrive pas et je n’ai pas lâché la barre et mes petits camarades visiblement non plus. Je suis descendu seulement deux fois dans le cockpit pour récupérer une barquette et sortir trois cartes météo. Pour l’instant, on ne discute pas les conditions ne sont pas stables. J’essaye de ne pas prendre de risque. »

Laure Faÿ


Positions balises Argos à 15h00
- Cl N° Skipper Bateau Lat. Long. Dist. de l’arrivée Date Cap Vit.

- 1 1 DROUGLAZET Eric David Olivier 50°37,2N 00°42,5W 340,00nm le 05/08à 15h00 256 2,2Nd
- 2 4 MORVAN Gildas Cercle Vert 50°35,9N 00°39,6W à 1,60nm le 05/08à 15h00 262 3,5Nd
- 3 5 CAUDRELIER BENAC Charles Bostik Findley 50°35,3N 00°37,7W à 2,60nm le 05/08à 15h00 265 4,1Nd
- 4 7 TABARLY Erwan Thales - Armor Lux 50°35,3N 00°37,3W à 2,90nm le 05/08à 15h01 264 4,0Nd
- 5 10 KOCH Antoine Saunier Duval 50°35,3N 00°37,1W à 3,00nm le 05/08à 15h01 267 4,1Nd
- 6 2 JOSSE Sébastien Créaline 50°35,3N 00°37,0W à 3,10nm le 05/08à 15h00 265 4,0Nd
- 7 44 VICARIOT Philippe Thales 50°35,5N 00°36,5W à 3,40nm le 05/08à 15h00 265 4,0Nd
- 8 3 BEYOU Jérémie Delta Dore 50°35,0N 00°36,3W à 3,50nm le 05/08à 15h00 264 4,1Nd
- 9 136 TROUSSEL Nicolas Galinette 50°34,1N 00°35,5W à 3,80nm le 05/08à 15h00 258 4,1Nd
- 9 8 DE PAVANT Christophe Malice 50°34,3N 00°35,5W à 3,80nm le 05/08à 15h00 259 4,3Nd


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