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POURQUOI PAS L’ANTARCTIQUE (2003/2005)

Isabelle Autissier et André " Yul " Bronner lançent le projet " Pourquoi Pas L’Antarctique " 

vendredi 31 mai 2002

En octobre dernier, Isabelle Autissier et André " Yul " Bronner lançaient le projet " Pourquoi Pas L’Antarctique " : une expédition en Antarctique en cargo échelonnée sur deux années (été 2003/2005). Depuis, le chantier a largement avancé : des partenaires institutionnels se sont engagés, Isabelle et Yul ont effectué des voyages préparatoires en Antarctique et Argentine, le site Internet " pourquoipaslantarctique.com " ouvre dès maintenant et la réalisation de nombreux programmes, notamment scientifiques et médicaux, sont à l’étude . Etat des lieux.

Une expédition en Antarctique

Entre le 6 janvier et le 6 mars, Isabelle a embarqué à bord de Ada, un voilier de 50 pieds mené exclusivement par un équipage féminin, cap sur la péninsule Antarctique. L’occasion pour la rochelaise d’un voyage préparatoire sur le futur théâtre de l’expédition Pourquoi Pas l’Antarctique. Impressions.

" Nous avons séjourné aux Shetland du Sud, une île située à proximité du continent Antarctique, et sur la côte ouest de la péninsule. Nous ne sommes pas parvenues à descendre très sud car cette année les glaces dérivantes étaient en nombre. Nous avons malgré tout pu ancrer devant ce qui fut le site d’hivernage de Charcot, là des débarquements sont possibles. C’était mon premier voyage ici et cela correspond tout à fait à ce que j’imaginais. Les conditions de navigations sont difficiles et le paysage est évidemment fort et unique. Le cadre est à la hauteur des questions qu’il suscite : la place de l’homme par rapport à l’environnement, une autre façon de voir les choses, l’obligation de s’adapter à la nature et non l’inverse. Venir ici ne peut se résumer à une belle ballade : c’est un voyage forcément interrogatif… "

Un passage par l’Argentine

Buenos-Aires tient une place à part dans l’histoire des expéditions polaires. Dernière escale d’importance avant la descente vers le Sud, la capitale argentine a vu passer les plus grands explorateurs polaires de l’Antarctique. La proximité géographique entre la Terre de Feu et le continent glacé explique aussi les liens forts existants. Le port argentin sera donc évidemment l’un des sites phares de PPA. D’où, malgré la crise que traverse ce pays, l’importance du voyage préparatoire que vient d’y effectuer André Bronner. Les nombreux contacts que " Yul " a noué dans ce pays à l’occasion de son aventure " Le Phare du bout du monde " et les " entrées " offertes par le Ministère des Affaires étrangères (cf ci-dessous) ont permis des rencontres constructives avec l’Ambassadeur de France et les services culturels et scientifiques de la Chancellerie, le Ministère des Affaires Etrangères argentin, l’institut antarctique et le service hydrographique argentin. Tous se sont montrés passionnés par le projet et notamment la volonté de PPA d’embarquer des artistes et scientifiques de ce pays.

Les projets scientifiques du programme

Grâce à l’entremise et aux contacts d’Hervé Le Goff – chercheur au CNRS en disponibilité, ce membre fondateur de PPA a effectué de nombreuses expéditions et croisières sur le continent glacé – et à l’appui du CNRS, de nombreux laboratoires scientifiques ont déjà exprimé leur intérêt pour PPA. Mieux que de longs discours, la diversité et la richesse de ces projets confortent les initiateurs de PPA dans leur volonté de faire œuvre utile. Présentation succinte et non exhaustive des projets les plus avancés.

- Glaciologie : carottages sur des glaciers de montagne en Péninsule Antarctique, par les chercheurs du Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (LGGE-CNRS, Grenoble). Le but : mieux connaître les climats passés de la Terre.

- Océanographie : mouillage dans le passage Drake, entre la Terre de Feu et l’Antarctique, d’une dizaine de courantomètres pour mesurer pendant un an les masses d’eau qui transitent du Pacifique vers l’Atlantique par une équipe du Laboratoire d’Océanographie Dynamique et de Climatologie (LODYC-CNRS-Paris VI).

Installation à bord du navire d’un appareil de mesure en continu du taux de CO2 dans les eaux de surface, qui fonctionnera pendant toute la durée de l’expédition. L’équipe de l’Unité d’Océanographie Chimique (Université de Liège) veut ainsi mieux comprendre le cycle du CO2, un gaz à effet de serre majeur, dans notre biosphère.

- Programme Relâché d’oiseaux : Par quelle stratégie les oiseaux de la zone australe retrouvent-ils leur nid après s’en être éloignés à grande distance pour aller se nourrir en mer ? Pour tenter de répondre à cette question, des chercheurs du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE-CNRS, Montpellier) vont suivre par balise Argos le trajet d’oiseaux qu’ils auront préalablement capturés au nid, équipés puis relâchés au large.

- Programme Pollution littorale : prélévements de matières organiques par un microbiologiste du Laboratoire Arago (CNRS, Banyuls sur Mer) à chaque débarquement sur le littoral de Péninsule,. Le but est d’identifier le type de micro-organismes présents dans la flore littorale et d’en préciser la source (endogène ou exogène). L’accent sera mis sur les pollutions hydrocarbures , malheureusement fréquentes, et leur spécificité en eaux froides, donc la mise au point de traitements adaptés.

- Un programme Médecine, porté par le médecin de l’expédition, Arianne Richasse, est également très avancé : Les 8 hivernants vont être isolés du reste du monde pendant environ 6 mois, ils vivront dans un environnement confiné et à l’occasion des raids et activités extérieures, ils pourront être soumis à des conditions climatiques extrêmes .Ce contexte est propice à des recherches médicales sur le rythme veille-sommeil, la diététique, l’adaptation au froid et à la vie sociale en milieu confiné. Une collaboration avec les SAMU est également amorcée sur un programme de télé médecine mettant à profit les moyens de communication par satellite.

Information Carré Mer



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